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7 listes de 7 chefs d'oeuvres dylaniens

Savoir Par Hervé Resse 15 octobre 2016

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Bob, 75 ans, un seul coiffeur

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Un Nobel, ça s’arrose, non ? Pour ceux qui ne sauraient pas « quoi » télécharger (légalement, ça va sans dire), ou acheter en ligne, voici 7 genres de chefs d’œuvres du Zim, qui sauront vous accompagner longtemps.

7 fois 7, cela fait chez nous comme ailleurs, 49. Et donc, je vous propose 7 déclinaisons possibles du mot "masterpiece", en français "chef d'oeuvre", pour célébrer ce Prix Nobel chevelu, crasseux, méchant comme une teigne, le plus insolent que l'Académie ait jamais récompensé. N'en déplaise aux écrivains avec "E" majuscule, qui pestent depuis deux jours contre cet Incongru, ce qui ne fait qu'accroître notre sentiment d'euphorie...

1 7 chefs d’œuvre « inévitables »

Aux portes du Paradis, mais le plus tard possible!

Ici, sont quelques évidences... Les "must".  Ceux que même votre vieille mère a entendus une fois dans sa vie. Si seulement elle s'en souvenait encore, hein...?

 1.1 Like a Rolling Stone : « la » chanson qui a révolutionné la pop music. Ou plutôt qui l'a inventée. Frank Zappa disait, « la première fois que je l’ai entendue, je me suis dit qu’il fallait peut-être penser à faire autre chose que du rock ». Une des rares chansons à laquelle un livre entier a été consacré… (sur Google, demandez Greil Marcus).

1.2 Knockin On Heaven’s door : musique du film Pat Garrett & Billy The Kid, sans doute une de ses chansons les plus adaptées par d’autres artistes... Pour le meilleur? Citons Warren Zevon, qui l'enregistra juste avant de mourir pour de bon. Le pire? Disons Guns’N’Roses, qui réussirent l’exploit de faire pire qu’une popounette Avril Lavigne prépubère, ou peu s'en fallait... (en vidéo la version de l'album Unplugged)

1.3 Blowin in the Wind : Il en existe des versions live, à la pelle, en plus de celle en studio. La version de Stevie Wonder, au soir du concert pour les 30 ans de carrière du Zim, me fait pleurer chaque fois des larmes de sang. Sinon, celle de Peter Paul & Mary est très recommandable.

1. 4 The Times They are a Changin’ : titre du 3eme album du jeune Bob.  La chanson qui pour l'éternité a catalogué son auteur "porte-parole de sa génération". Ce dont il a toujours tenté de se défaire, mais on ne lutte pas contre une destinée, probablement.

1.5 Shelter from the storm : si d'aventure on en vient à se lasser de la version mille fois entendue, un des authentiques joyaux de l'album Blood On The Tracks, on peut toujours se rapprocher de la version public de 1976, funky, tendue comme un arc sioux, qui figure sur l'album Hard Rain.

1. 6 Subterranean Homesick blues : Pour de nombreuses oreilles avisées, Dylan sur ce titre "invente le phrasé rap", en 1965, soit plus de 12 ans avant Rapper's delight. C'est une thèse amusante. Du moins tant qu'on n'a pas écouté Louis Armstrong dans ses années 40. En revanche, le clip demeure un acte réellement fondateur...

1.7 Mr. Tambourine Man : On a le droit de préférer la version studio à celle, parfaitement déjantée, par nous déjà publiée. Dans les deux cas, le titre annonce la poésie psychédélique, il ouvre à cent groupes et auteurs les voix d'une parole libérée.

Ajoutons une alternative pour ne pas froisser les fans, souvent prompts dans une liste à dénicher "l'absent":  It's Allright Ma...

2 ​7 chefs d’œuvre en mode blues​

Englué dans le Bleu

Il serait aisé de trouver 7 chefs d'oeuvre en "mode folk". Mais l'inspiration de Dylan remonte à bien plus loin que son père spirituel Woody Guthrie... 

2.1 Blind Willie McTell : étrangement, ce morceau, merveilleux hommage au bluesman éponyme, fut écarté de la liste finale des morceaux prévus pour un album par ailleurs très "moyen" (Infidels). On ne le découvrit ensuite, "que" grâce au premier coffret des Bootleg Series...  Or de l'avis général, c'est une pure merveille de dépouillement, avec Dylan au piano. Il existe une version très "brut" par Tom Morello (Rage Against The Machine).

2.2 High Water (for Charley Patton) : Dédié à un autre grand nom du blues révéré par Bobby D.. Un incontournable de ses set-lists, durant ces trois dernières années de la fameuse "tournée sans fin"...

2.3 Watch the river flow : Ce titre paru en 1971 ne figure sur aucun album officiel. Entre blues et boogie, il a le grand avantage d'accueillir au piano l'immense Leon Russell, ce barbu au visage de diable qui accompagne Joe Cocker durant la légendaire tournée Mad Dogs & Englishmen. Le livre "Dylan la Totale", crédite un Don Preston à la guitare, mais avec un "?" qui n'apaise pas ma conviction : j'ai toujours considéré comme acquis que le solo de slide est signé George Harrison. Ce qui n'aurait rien de surprenant, les deux amis enregistraient à cette époque un album jamais paru officiellement, et furent aussi les deux héros de l'opération Concert for Bangla Desh.

2.4 Tangled up in blue : Une des grandes chansons de cet album grandiose qu'est Blood On The Tracks. A mon humble avis, son meilleur. Nicolas Rainaud, grand spécialiste de l'oeuvre dylanienne, fait un judicieux parallèle entre le blues comme sentiment de tristesse, et la couleur dominante chez un artiste peintre. Dylan en pleine rupture, "Englué dans le bleu". Bien belle traduction de Nicolas... 

2.5 Mississipi : Si vous aimez cette chanson, figurant sur l'album Love & Theft, sachez qu'il en existe trois versions différentes sur l'album de la série Bootlegs, Tell tale signs. Et je suis bien incapable de vous dire laquelle il conviendrait de préférer... 

2. 6 Just like Tom Thumb’s Blues : Je n'ai jamais été "objectif" avec ce titre. Disons encore moins pour celui-là que pour tous les autres. Car il est LE premier morceau de Dylan que j'ai acheté. MON premier 45 Tours. Je n'en dirai pas plus. Merveille de tension. Et la face "B"!.. Lire plus loin...

2.7. Talkin John Birch Paranoid Blues : Grinçant. A ses débuts, Dylan chérissait ce style dit du "blues parlé". Le titre sur John Birch faisait beaucoup rire mais fut aussi censuré. On en trouve toutefois des versions différentes, sur différents albums, notamment dans la série Bootlegs. L'histoire est celle d'un anti communiste parano qui s'inscrit à la John Birch Society. Contient la fameuse phrase : "Hitler a tué six millions de juifs, mais au moins c'était pas un communiste!"...

L'alternative? : Buckets of Rain...toujours extrait de l'album Blood on The Tracks. Quelle mine!

3 7 chefs d'oeuvre "Uppercut"

La mort solitaire narrée par un jeune homme

Ici se retrouve le Dylan acéré, vindicatif,  dénonciateur. Celui qui se mouille, s'engage (pas si souvent que ce que l'on a dit). Ca cogne... Et d'ailleurs, il y est plusieurs fois questions de boxe.

3. 1 The lonesome death of Hattie Carroll : Peut aussi figurer dans la catégorie 1. La force du texte est insensée. Détermination du jeune Bob, racontant comment Hattie Carroll, serveuse noire sans histoire, s'est faite tabasser à mort par son "patron", qui écopera pour cela de six mois de prison. L'histoire était vraie. C'est probablement sa chanson la plus engagée, la plus poignante. Celle d'un jeune homme maitrisant comme peu d'hommes accomplis la rhétorique, et le poids des mots. Chef d'oeuvre absolu.

3.2 Masters of War : si on a souvent en tête l'image d'un Dylan engagé contre la guerre, cette chanson y est pour beaucoup. Mais elle dénonce davantage, selon son auteur, ce qu'on appelle aujourd'hui les complexes militaro industriels, qu'un conflit particulier, notamment celui du Viet-Nam, contre lequel, malgré la légende, il ne s'est jamais réellement exprimé.

3.3 A hard rain’s gonna fall : en revanche, Dylan a beaucoup parlé de la terreur nucléaire, d'une 3eme guerre mondiale. La pluie noire qui va tomber, est pour beaucoup d'analystes, la métaphore d'une apocalypse nucléaire, et des visions d'horreur qu'elle offre au survivant. Mais Dylan (qui adore brouiller les pistes) a parfois contredit cette hypothèse, qui continue tout de même de convaincre. Implacable description d'un cauchemar. Saint Jean n'est pas loin...

3.4 Maggie’s Farm: "J'ai plus de boulot à la ferme de Maggie". Le génie Dylanien c'est aussi d'écrire des chansons qui feront sens dix ans après leur parution. Ce titre des années 60 servit de cri de ralliement à toutes les stars punk ska et new wave anglais, qui s'en prenaient à la mère Thatcher et sa politique ultra libérale. Plus de boulot dans la ferme à Maggie, belle métaphore de l'Angleterre exsangue de ces années-là.

3.5 Who Killed Davey More ? : Sorti en "45 tours". Qui donc a tué ce boxeur? Son manager, l'arbitre, l'adversaire, les médias, le public? Tout le monde se défile, personne n'est coupable. Reste la question lancée jusqu'à l'épuisement par le jeune Bob: qui a tué Davey Moore? Une adaptation en français, par le cher Graeme Allright, était une absolue réussite.

3.6 Hurricane :  Rubin "Hurricane" Carter, boxeur accusé de meurtres, fut défendu par Dylan qui voyait en lui un innocent inculpé à cause de sa couleur de peau, mais "qui aurait pu devenir Champion du Monde". Le titre fut aussi porté par le violon très présent à cette période de Scarlet Rivera, musicienne que Bob avait rencontré par hasard dans la rue. Il y a des gens qui ont de la chance dans leurs rencontres!

3. 7 License to kill : Rien à voir avec le film de James Bond du même nom. Ce permis de tuer, c'est celui de cette femme, qui se tient seule dans la rue, mystérieuse, et se demande "si on va le lui retirer". Pour les analystes, cette chanson est une métaphore écologiste. Mais certes pas un plaidoyer, genre où Dylan se risque assez peu. Notons donc que même au creux de sa vague (1983) Bob  a su sortir des titres puissants. Les fans de guitares noteront qu'elles sont tenues à cette époque par Mark Knopfler (Dire Straits) et Mick Taylor (ex Rolling Stones). Une version public, excellente, existe également. 

Alternative: Positively 4th Street, violent règlement de comptes dirigé contre on ne sait trop qui, mais qui "bashe", si l'on peut dire, sans bavures...

4 7 chefs d'oeuvre "Série B"

Même dans ses années de disette, des titres sortent du lot

Rien n'est déjà plus subjectif qu'une notion de "chef d'oeuvre". Alors... de "Série B"... Qu'entendez vous par "Série B", pourrait me demander l'avocat général, le Torquemada de la Rectitude Dylanienne, à l'heure du jugement?

 Je veux simplement dire, " chansons abouties, construites, toujours réécoutées avec plaisir" auxquelles manque juste (peut-être) la petite étincelle qui trahit son génie sur tant d'autres titres. 

Subjectif, donc. Indubitablement!!

4.1 The foot of the Pride:  à la version studio, on peut aussi préférer l'hommage hypertendu de Lou Reed, durant le concert hommage pour Les 30 Ans de carrière. C'est Dylan transcendé par un homme qui ne fut jamais connu pour ses excès de sympathie à l'égard de ses camarades...

4.2  I and I: "Combien de temps t'as mis pour écrire Hallelujah?" demandait Dylan à Cohen. "Trois ans", répondit celui-ci, qui enchaîna, "et toi, combien de temps t'as mis pour "I and I"? "Un quart d'heure". Chacun en tirera la conclusion qu'il voudra.

4.3    Senor (Tales of Yankee Power) : un exemple de ces titres profonds et denses qui jalonnent "même" les années moyennes de sa carrière. On trouvera toujours ce genre de morceaux qui savent sauver les albums incertains (Street Legal).  Parfait pour ceux qui aiment les cuivres un peu "mexicains", sans être vraiment "mariachis".

4.4 Million dollar bash : "Une teuf à un million de dollars". Enregistré dans les sous sols, avec The Band. Un des morceaux les plus réjouissants de toute la série Basement Tapes. Dylan joyeux, presque en mode tournez les serviettes. J'exagère un peu. Mais pas tant.

4.5 All along the watchtower : les fans d'Hendrix seront choqués de retrouver ici un de ses titres les plus emblématiques. Oui. Car la version studio de Dylan est presque anonyme, discrète. Si le texte est passionnant, ce sont les envolées de guitare d'Hendrix qui vont le magnifier. De sorte que Dylan ensuite ne la jouera jamais plus de la même façon. C'est l'exemple du texte dylanien auquel un autre donne toute sa dimension.

4.6 If not for you : Existe aussi chez George Harrison. Jolie ballade, belle orchestration. Ferait le sommet d'une carrière chez tant d'autres artistes. Pour Dylan, elle n'est qu'une parmi tant d'autres. N'empêche: on ne se lasse jamais de la réécouter.

4. 7 Sweetheart like You: Il faut croire qu'à une certaine époque, convaincus que Dylan avait perdu l'inspiration en (re) trouvant la foi, les critiques avaient décidé de ne plus écouter ses nouveautés. Et de les classer en vrac, par principe, au rayon has-been. Pourtant, après 30 années on  redécouvre des perles.  De ce titre, existe une cover magnifique par Rod Stewart; et une autre encore meilleure, chez le bluesman Guy Davis.

Alternative: tant de titres possibles! J'ai une tendresse particulière pour Drifter's Escape, aussi superbement interprété par Patti Smith...

5 7 chefs d'oeuvres "méconnus".

Mais qui donc est l'Homme au long manteau noir?

En quoi celles-ci diffèrent elles des 7 précédentes? Elles sont toutes d'une intensité inégalée (sauf par d'autres du même auteur), mais n'ont pas accédé à la notoriété "grand public" qu'elles méritaient. Les 7 de "Série B" sont des quasi chefs d'oeuvre... Les 7 qui viennent méritent toutes de figurer dans toutes les play-lists.

5.1 Every grain of sand : De la période chrétienne, nombre de fans de Dylan s'entêtent à tout balancer en vrac à la benne. Elle couvre globalement trois albums, on peut l'appeler aussi "période Gospel". On y trouve quelques titres vraiment pauvres, un album complètement raté (Saved), mais aussi quelques morceaux somptueux, dont celui-ci. Il n'est pas ici question de "religion", mais de "spiritualité", ou de "transcendance".  Eblouissant.

5.2 Man in the long black coat:  Sur l'album Oh Mercy! présenté par Dylan lui-même comme un album de "résurrection", figurent plusieurs morceaux somptueux. Celui-ci nous enveloppe de mystère, on ne sait qui est cet homme au long manteau noir, la musique et le texte, à l'unisson, entrainent vers un ailleurs nocturne, à la rencontre d'un personnage mystérieux qui pourrait être... celui que vous rêvez de rencontrer, Dieu, le Diable, vous-même? Ou Johnny Cash... qui sait?

5.3 Roll on John: Il existe deux chansons portant ce titre dans le répertoire du Zim. Celle dont je parle figure sur l'album Tempest, un des chefs d'oeuvre dylaniens du XXIème siècle. Emouvante déclaration d'amitié à John Lennon, les allusions à la période Beatles sont nombreuses dans le texte. "Tu brules si brillamment". Il est assez rare qu'en chanson Dylan se livre aussi clairement sur ses sentiments. 

5.4 Tomorrow is a long time : longtemps demeuré inédit, ce titre fit le bonheur de Rod Stewart sur son album solo Every picture tells a story. (Se souvenir que Rod Stewart est un des GRANDS interprètes de Dylan). Le titre, interprété en public, parut sur un Best Of des années 70 (Greatest Hits, volume 2), presque à la va vite. C'est une ballade poignante, une de ces chansons d'amour que n'importe qui rêverait d'inventer.

5.5 You’re gonna make lonesome when you go : Celle-là aussi, vaut son sac de diamants. En mode folk, ultime déclaration d'amour à celle qui va s'en aller. Sara, la mère de ses enfants. Côté obscur, il se dit que le Dylan de cette époque avait la main leste, et que madame n'était pas du genre à supporter plus longtemps les coups. Comme quoi les plus grands poètes peuvent aussi cacher un monstre en leur sein. Comment comprendre qu'un damné salopard de cogneur de femme puisse aussi lui écrire ce titre émouvant? Voilà la désolante dualité de la personne humaine. Et Bob n'y échappe pas.

5.6 Love minus Zero / No limit : Comme pour All along The Watchtower, il faut pour aimer la version Dylan, avoir goûté sa version sublimée par un autre. UNE autre, en l'occurrence. Joan Baez qui fut sa muse et un temps sa compagne, a beaucoup enregistré Dylan. Sa voix cristalline en fait parfois beaucoup trop, et on peut pour cela se lasser assez vite de ses trémolos. Rien de tel dans ce titre, tout simplement d'une solarité inouïe. L'orchestration et la voix sont à l'unisson. Du grand Art.

5.7 Ain’t Talkin : une de ses errances dont il a le secret. Avec ses 8'48', pourrait aussi figurer dans la catégorie "chefs d'oeuvre au long cours". Encore une preuve qu'au-delà de sa période chrétienne, Bob est avant tout un poète de la spiritualité, n'en déplaise à quelques athées grincheux égarés sur la planète Rock, qui estimeraient que tout cela est hors sujet.

Alternative: Not Dark Yet. "Il ne fait pas encore nuit". Un titre crépusculaire, donc, qui résume probablement la vision de Bob sur ce qui reste à vivre de sa propre vie. C'est aussi le titre qu'a choisi mon ami Nicolas Rainaud pour son analyse personnelle et cultivée de toutes les chansons de Dylan. Dans ma bibliothèque, ce beau livre tient une place de choix, aux côtés des biographies qui s'accumulent...

6 7 chefs d'oeuvre "au long cours"

Aux portes du Paradis, l'enfer n'est jamais bien loin...

Ce sont les chansons fleuves. Celles qui frôlent parfois les dix minutes... Et parfois bien plus. 

Chacune est une geste. On peut s'y pencher, s'y ennuyer parfois, y revenir. Parfois cela vous lasse et vous zappez. Parfois vous y retrouvez et vous entrez dans le labyrinthe des mots, des mélodies, des phrases de refrains toujours redites, sa marque de fabrique ultime. Chacune est un merveilleux dédale où se perdre. Au milieu d'une sombre forêt la voie droite était perdue...

6.1 Visions of Johanna (sur l'album Blonde on Blonde)

6.2 Sad-Eyed Lady of The Lowlands (pareil)

6.3 Desolation Row (sur Highway 61 Revisited)

6.4 Tempest (sur l'album du même nom)

6.5 Highlands (sur l'album Time Out of Mind)

6.6 Stuck inside of Mobile With The Memphis Blues Again (sur Blonde on Blonde)

6.7 Gates of Eden (sur Bringin' it All Back Home)

Alternative: Lily, Rosemary and The Jack of Hearts. Une énigme encore, que cette histoire où se croisent cow-boy, fille de saloon et juge un peu tordu, parabole qui n'en finit pas. Il parait que quelqu'un s'est risqué à faire une thèse sur le sujet. Qui donc figure ce valet de coeur, qui termine chacun des 13 ou 15 couplets de cette épuisante narration?

7 Mes 7 chefs d'oeuvre " à moi"

George rend hommage à l'ami

7.1 Things have changed : Définitivement "mon" titre préféré après 50 années de valses hésitations.  Je n'ai pas dit "le plus grand". En tous cas celui qui comme aucun autre m'a poursuivi des mois durant, avant que je comprenne qu'il racontait EXACTEMENT ma propre émotion sur la vie. Ce regard d'un homme de soixante ans qui regarde vers l'avenir "bien habillé" mais "attendant le dernier train"; qui se donnerait bien un dernier frisson (mais "je suis amoureux d'une femme qui ne me fait même pas d'effet"), c'est une histoire qui parle forcément à tout homme proche d'arriver à ce stade. "Je vais être très bas, mais je vais voler haut". On ne saurait mieux que cela résumer les enjeux ultimes...

7.2 Absolutely Sweet Marie : On y entend cette phrase "pour vivre en hors la loi, il faut être honnête". Brassens de son côté se décrivait de cette catégorie d'anars "qui traversent dans les clous" pour n'avoir pas à parler à des flics.  Il y a de l'anar de droite chez ces deux là.

7.3 Most Likely you’ll go your way (and I’ll go mine): 

Tu dis m'aimer Et penser à moi, Mais tu sais que tu as peut-être tort.

Tu dis m'avoir dit Que tu veux me serrer, Mais tu sais que tu n'es pas si forte.

Je ne peux refaire ce que j'ai fait, Je ne peux plus te supplier. 

Je vais te laisser passer Et je partirai en dernier.

Puis le temps dira qui est tombé Et qui est resté derrière,Quand tu iras de ton côté et moi du mien. 

Merci au magnifique site www.bobdylan-fr.com pour la qualité et la richesse de ses traductions. J'adore ce titre, une de ces chansons d'amour à double tranchant.  En tout homme un cynique sommeille...

7.4 The Man in me : La chanson resterait dans les brumes de l'anonymat, si ma mémoire n'y associait chaque fois le fracas des quilles qui s'entrechoquent, le temps du générique de mon film fétiche "The Big Lebowski". Merci aux frères Coen de cette merveilleuse idée. Cette chanson mineure ne demandait qu'à être mise en scène pour accéder à un genre d'éternité. 

7.5 Tombstone Blues : Il est permis de considérer ce titre comme un intrus. Un simple rock n roll déconnant... Mais pas du tout, j'en accumule des versions, toutes plus euphorisantes les unes que les autres. Et puis l'avantage, quand on bâtit les play-lists, c'est que sa propre subjectivité s'impose à celle d'autrui. Dans cette longue série, nombre de fans verront tous ces titres oubliés. Volontairement (Lay Lady Lay,   je l'ai toujours exécré, sirupeux) ou n'importe quel autre qui n'a pas trouvé place (Girl from The North Country, par exemple). C'est comme ça. Offrez vous l'intégrale! 

7.6 Ballad of a thin man. Quand Dylan règle des comptes, lui toujours faire ainsi. Il interpelle un personnage, ici "Mister Jones", et celui-ci s'en prend plein les gencives. Dédié à ces journalistes qui veulent à tout prix décrypter l'actu, mais ne la vivent pas vraiment... " tu sens bien qu'il se passe quelque chose, mais tu sais pas du tout ce que c'est, PAS VRAI, MISTER JONES"? Dylan a l'arrogance assassine. On la retrouve aussi dans Positively 4th Street. Souvenir de cette même période 65-66 où la star était lui-même décortiquée sous toutes les coutures par les médias. La vengeance chez Dylan se déguste à chaud, aussi.

7.7 Simple Twist of Fate : Enième citation d'un titre de Blood On The Tracks. Histoire d'une rencontre éphémère, un temps d'amour tarifé ou non, le doute subsiste. Mais un simple caprice du destin peut changer une vie, chacun de nous sait cela. Mais qui sait comme lui le mettre en scène et en mots? 

Alternative ? Nous dirons Motorpsycho Nightmare, petit clin d'oeil à Hugues Auffray, qui s'est cru nobélisé lui aussi, par rebond. Mais son "cauchemar psychomoteur" était une belle adaptation, et tout fan de Dylan lui doit un petit quelque chose, quoi qu'on dise.

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