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7 pays où une CRISE politique LATENTES pourrait éclater en 2026

Anticiper Par Mickael Maksim 08 mars 2026

7 pays où une CRISE politique LATENTES pourrait éclater en 2026
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Si une crise politique éclate rarement sans prévenir, une accumulation silencieuse se met presque toujours en place avant le fracas. Tensions ignorées trop longtemps, institutions fragilisées, promesses non tenues, frustrations sociales laissées sans réponse, ces signaux faibles, souvent relégués en bas de page dans les médias internationaux, finissent par déclencher les séismes politiques les plus déstabilisateurs.

2025 a été, sous ce rapport, une année révélatrice avec plusieurs régions du monde qui ont vu leurs équilibres politiques se fissurer sans que la rupture soit encore consommée. Ce qui rend 2026 particulièrement sensible, c'est la conjonction de plusieurs facteurs aggravants à l'échelle mondiale. La recomposition de l'ordre géopolitique international, accélérée par les conflits en cours et les tensions entre grandes puissances, réduit les marges de manœuvre des États fragiles. Les institutions multilatérales, souvent sollicitées comme filets de sécurité en période de crise, traversent elles-mêmes une crise de légitimité et d'efficacité.

Voici donc 7 situations politiques qui méritent d'être suivies de près en 2026. Bien évidemment, leur issue n’est pas encore écrite, mais les conditions d'une explosion y sont déjà réunies. C'est précisément cette incertitude qui justifie de les observer avant qu'elles ne s'imposent aux actualités.

1 Soudan : Un conflit interne amplifié par l'ingérence régionale

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Depuis avril 2023, le Soudan est ravagé par une guerre ouverte entre l'armée régulière du général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide (RSF) de Hemetti. Ce qui était une rivalité entre grandes figures de l'État s'est transformé en un désastre humanitaire : des dizaines de milliers de morts et plus de 10 millions de déplacés. Selon l’ONU, il s’agit du plus grand mouvement de population interne au monde, avec Khartoum, la capitale partiellement transformée en territoire de combat. L'État soudanais ne s'effondre pas seulement militairement. Les infrastructures médicales et alimentaires ont été délibérément ciblées. Par ailleurs, la famine progresse dans plusieurs régions et le Darfour replonge dans des cycles de violences intercommunautaires.

Il faut aussi savoir que ce conflit est une guerre par procuration. Les Émirats Arabes Unis soutiennent logistiquement les RSF, la Russie entretient des liens avec les deux camps via Africa Corps, tandis que l'Égypte et l'Arabie saoudite appuient l'armée régulière. Cette internationalisation réduit les chances d'une médiation efficace puisque chaque puissance préfère préserver ses intérêts plutôt que d'accélérer une paix qui lui serait moins favorable. Le fait est que sans percée diplomatique, le Soudan risque une fragmentation territoriale durable aux conséquences régionales graves pour 2026.

2 Sahel : L'effritement de l'autorité étatique face à des insurgences multiples

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Entre 2020 et 2023, le Mali, le Burkina Faso et le Niger qui partagent plus qu'une frontière ont tous connu des coups d'État militaires. Ils ont également rompu leurs partenariats avec la France et formé l'Alliance des États du Sahel pour s'affranchir de la CEDEAO. Le fait est que derrière ces repositionenments politiques, la situation sécuritaire sur le terrain s'est aggravée.

Au Burkina Faso, environ 60 % du territoire échappe au contrôle effectif du gouvernement, selon plusieurs ONG. Au Mali, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, administre, taxe et recrute dans des zones rurales abandonnées par l'État depuis des décennies. La présence d'Africa Corps, ancien groupe Wagner, n'a pas inversé cette dynamique puisque les violences contre les civils ont augmenté depuis ce remplacement.

Conséquences : les financements internationaux dédiés au développement se tarissent et laissent les populations jeunes et sans perspective devenir des cibles de recrutement privilégiées pour les groupes armés. En 2026, soit ces États reconstituent une autorité crédible, soit l'espace abandonné continuera d'être comblé par des acteurs armés dont l'ambition dépasse largement les frontières nationales.

3 Ukraine : Une guerre prolongée aux conséquences incertaines

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Trois ans après l'invasion russe, la guerre en Ukraine n'a trouvé ni vainqueur ni solution politique. Le front s'étire sur environ 1 000 kilomètres, avec des gains territoriaux limités de part et d'autre, mais surtout des pertes humaines considérables. L'économie ukrainienne survit sous perfusion internationale. L'UE, les États-Unis et le FMI financent une partie substantielle du budget de l'État tandis que les destructions répétées des infrastructures énergétiques pèsent lourdement sur le quotidien des civils. La Russie, de son côté, a converti son économie en économie de guerre : les dépenses militaires dépassent désormais 30 % du budget fédéral russe.

Si Donald Trump a clairement signalé sa volonté de réduire le soutien militaire à Kiev et de pousser vers des négociations, même au prix de concessions territoriales ukrainiennes, plusieurs gouvernements en Europe subissent des pressions internes croissantes sur le coût économique de la solidarité. Si ce soutien se fragmente, l'Ukraine perdra progressivement sa capacité à tenir ses positions. Une paix négociée reste possible, mais ses contours flous rappellent que les conflits gelés peuvent rester explosifs pendant des décennies.

4 République Démocratique du Congo : Violences armées et fragmentation territoriale

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Selon le Baromètre sécuritaire du Kivu, plus de 120 groupes armés se disputent terres, ressources et populations dans l'est du pays, et ce, depuis plus de trente ans. Parmi eux, le M23 qui est soutenu militairement par le Rwanda et a repris les armes en 2022. Il a fini par s’emparer de Goma, capitale provinciale stratégique du Nord-Kivu en janvier 2025. En quelques semaines, plus de 700 000 personnes ont fui la ville et ses environs.

Le sous-sol congolais concentre à lui seul environ 70 % de la production mondiale de cobalt, indispensable aux batteries électriques des ressources essentielles à l'économie mondiale. Le fait est que le contrôle de ces minerais constitue un moteur puissant de la violence armée et attire des intérêts extérieurs qui n'ont aucun avantage à voir un État fort rétablir son autorité.

Sans accord politique entre Kinshasa et Kigali, dont les relations diplomatiques sont rompues et sans refonte de la stratégie sécuritaire dans l'est, la désintégration progressive du territoire risque de s'accélérer pour 2026.

5 Yémen : une guerre aux ramifications régionales

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Une décennie de conflit au Yémen a produit l'une des crises humanitaires les plus sévères du monde : plus de 21 millions de personnes sur 33 millions dépendent d'une aide extérieure pour survivre, selon l'ONU. Le pays importe 90 % de sa nourriture dans un contexte où ports, routes et infrastructures ont été massivement détruits.

Le conflit oppose principalement les Houthis, un mouvement armé chiite contrôlant le nord du pays et la capitale Sanaa depuis 2014 au gouvernement internationalement reconnu et soutenu par une coalition menée par l'Arabie Saoudite. Fin 2023, les Houthis ont lancé des attaques répétées contre des navires commerciaux en mer Rouge, perturbant l'une des routes maritimes les plus fréquentées au monde et déclenchant des frappes américaines et britanniques en représailles. Ces attaques ont rappelé que le Yémen est devenu un front dans la rivalité régionale entre Téhéran et ses adversaires. En 2026, la paix reste un objectif que tous affichent, mais qu'aucun acteur ne semble prêt à payer au prix d'un véritable désarmement.

6 Israel : Le risque d'un embrasement frontalier durable avec le Hezbollah

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Un accord de cessez-le-feu conclu fin 2024 a mis un terme temporaire aux échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah le long de la frontière libanaise. Mais cet accord reste précaire. Des violations ont, en effet, été signalées dès les premières semaines et des dizaines de milliers de civils des deux côtés n'ont pas encore pu regagner leurs foyers dans les zones frontalières. Le Hezbollah a subi des pertes importantes durant le conflit de 2024, dont l'élimination de son secrétaire général Hassan Nasrallah. Toutefois, l'organisation reste structurellement intacte et conserve des capacités militaires significatives malgré les frappes israéliennes. Sa reconstruction préoccupe profondément Tel-Aviv qui considère toute menace armée à sa frontière nord comme une ligne rouge.

Le problème est que le Liban n'a pas les moyens d'arbitrer. Sorti de deux ans sans président et d'une crise financière dévastatrice depuis 2019, l'État libanais n'a ni l'autorité ni la capacité de contrôler les agissements du Hezbollah sur son propre territoire. L'équilibre repose donc sur une dissuasion mutuelle fragile. Israël ne veut pas d'un Hezbollah réarmé et le Hezbollah ne renoncera pas à sa capacité de nuisance. Le fait est qu’un seul incident mal géré pourrait suffire à tout rouvrir.

7 Chine : Une rivalité maritime sous haute tension avec les Philippines en mer de Chine méridionale

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La mer de Chine méridionale concentre environ un tiers du commerce maritime mondial, soit des milliers de milliards de dollars de marchandises par an. La Chine en revendique la quasi-totalité au nom de sa « ligne en neuf traits », déclarée sans fondement juridique en 2016.

Depuis 2023, les tensions se cristallisent autour du Second Thomas Shoal, un récif que les Philippines utilisent comme point d'appui militaire en y maintenant délibérément échoué un vieux navire de guerre. Chaque tentative de le ravitailler donne lieu à des interceptions chinoises : canons à eau, manœuvres dangereuses, confiscation de matériel. Les incidents ont été documentés et rendus publics par Manille qui a choisi la transparence comme arme diplomatique. Les Philippines ont également élargi leur coopération militaire avec les États-Unis via l'accord EDCA, ouvrant quatre nouvelles bases à Washington, dont deux positionnées face à Taïwan. Pékin y voit une tentative d'encerclement et renforce sa présence maritime en conséquence.

Dans un contexte de rivalité globale entre Washington et Pékin, la mer de Chine méridionale reste l'un des rares endroits où une escalade militaire directe entre grandes puissances demeure une hypothèse crédible.

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