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7 personnalités DIFFICILES à gérer au TRAVAIL

Savoir Par Hervé Resse 17 avril 2019

7 personnalités DIFFICILES à gérer au TRAVAIL

Dark Vador de la saga Star Wars

Pixabay / VIVIANE MONCONDUIT
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Dans un monde du travail exigeant, où la pression sur les individus peut être constante, maximale, les relations humaines peuvent s’en trouver perturbées. Comment se faire une petite idée sur les personnalités « compliquées » ?

Dès les premières pages de son ouvrage, Roland Guinchard reprend cette idée souvent entendue selon laquelle « nous sommes tous des névrosés ». Si elle lui parait un peu rapide, il explique que nous avons tous un inconscient (ce sera d’ailleurs l’objet d’un prochain article). Et la névrose est, dit-il, une « relation dynamique, conflictuelle, compliquée, mystérieuse, avec son inconscient ». Donc tout le monde, oui, peut être concerné. 

Ensuite, ce qui pose éventuellement problème dans la névrose, c’est lorsqu’elle envahit la personne, qu’elle n’en contrôle plus, ou très mal, les excès. On parle alors de « névrose décompensée ». En gros, c’est la crise… Elle peut être plus ou moins forte, récurrente, douloureuse parfois. Mais le principe de la névrose est que la personne demeure globalement consciente de son état, même si elle ne sait pas forcément des raisons qui la poussent vers la décompensation. D’où l’intérêt des psychothérapies, où il est question d’aller vers l’apaisement des troubles rencontrés.

C’est en cela que le névrosé décompensé se différence des personnalités relevant de « psychoses socialisées », que sont la perversion et la paranoïa : ces deux types de personnes ne sont pas seulement difficiles, elles peuvent être « dangereuses », d’autant plus qu’elles n’ont jamais conscience de leur problème : ce sont les autres qui ne vont pas ; lui va très bien… Il est donc bien difficile de faire entendre raison à un paranoïaque, ou de faire renoncer un pervers à ce qui lui procure sa jouissance, qui est sa raison d’être…

1 Personnalité difficile : L’hystérique

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Précisons d’entrée une chose : même si le mot « hystérique » vient du grec « ὑστέρα », l’utérus ou la matrice, il y a des lustres qu’on ne limite plus l’usage du mot aux seules femmes. Même si aux premières heures de la psychanalyse, le terme leur était destiné. 

Dans notre état de « névrose normale », l’hystérie est le langage principal. Et nous dit Guinchard, ce langage comprend deux dialectes que son l’obsession et la phobie. Chacun de nous est les trois à la fois. Chez un individu, ce qui relève de l’hystérie est son rapport à son entourage : le besoin (plus ou moins affirmé) de plaire, de séduire, de convaincre. Il n’y a là rien que de très naturel, mais on conviendra que tout le monde n’est pas également porté vers cette affirmation de soi à l’extérieur. C’est d’ailleurs ce qui, depuis Carl Gustav Jung, distingue les introvertis et les extravertis. 

En revanche, la décompensation hystérique est la situation où ce besoin d’exister, de paraitre, de parler, prend toute la place chez la personne. Qu’elle ne peut plus le contrôler. C’est l’excès d’hystérie qui rend la personnalité difficile ou pénible : le besoin permanent d’être le centre de la discussion. Souvent un besoin de se rassurer en est la cause.

L’histrionique est un hystérique qui aime à se mettre en scène, à jouer un rôle. Chacun de nous peut céder de temps en temps à cette tentation. Les acteurs, les avocats, le sont souvent volontiers, et cela fait partie de leur art. En revanche, dans la vie de tous les genres, une personnalité histrionique peut devenir insupportable, ou ridicule.

Dans leur ouvrage sur les personnalités difficiles, Lelord et André insistent sur le fait que la moquerie ne sera jamais la bonne solution pour faire revenir l’hystérique ou l’histrion à un comportement compatible avec le travail. Il faut aussi prendre garde à ne pas se laisser attendrir ou séduire. Il faut lui laisser une place pour l’expression de sa tendance, en lui faisant comprendre (tact, diplomatie), qu’il faut savoir « jusqu’où ne pas aller trop loin ».

2 Personnalité difficile : L’obsessionnel

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Nous avons tous en nous une part obsessionnelle. Plus ou moins marquée. C’est celle où nous exprimons notre sens de la perfection, du détail, où nous démontrons notre obstination, ainsi que nos valeurs morales (droiture, rigueur). Guinchard dit que 70% d’une personnalité névrosée « standard » s’exprime dans le registre de l’hystérie, et la dimension obsessionnelle pour 20%. Mais on peut l’être en proportions différentes, une grande part de la psychologie repose sur la réalité des « différences inter-individuelles ».  

On peut imaginer que les collectionneurs sont des obsessionnels. Mais s’ils deviennent insatiables et totalement incapables de maîtriser leur compulsion, c’est ici encore, dans l’excès et la permanence que le tempérament devient problématique. On connaît les personnes affublées de TOC (troubles obsessionnels compulsifs) comme se laver les mains toutes les dix minutes, ou vérifier dix fois qu’on n’a pas oublié ses clés. Ces troubles peuvent devenir handicapants pour la personne elle-même.

Au travail, l’obsessionnel peut être votre patron ou votre chef. Dans ce cas, vérifiez votre orthographe avant de lui adresser un mail, conseillent André et Lelord. Évitez, là encore, la moquerie, l’ironie, même si l’obsessionnel est souvent conscient de ses travers. Ne vous laissez pas entraîner sur les pentes où il pourrait vous conduire. Son besoin d’anticiper, celui de contrôler, peuvent être salués comme des qualités enviables. Mais quand ce besoin tourne au délire, il peut être utile de le ramener sur terre, et lui faire envisager qu’on peut « aussi » savoir se détendre…

3 Personnalité difficile : Le phobique

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La phobie est le troisième registre de la névrose, elle occupe globalement 10% de notre personnalité. On sait que des personnes peuvent voir leur quotidien rongé, miné, gâché, par une répugnance incontrôlable pour un animal (araignée, serpent, rat, papillon, ou tout autre), où même la simple évocation du nom peut déclencher malaise ou panique. D’autres seront totalement rétifs aux voyages en avion, on peut imaginer toutes sortes de phobies. Lelord et André ne consacrent même pas un chapitre à la personnalité phobique, en revanche Guinchard l’évoque. La phobie est une peur, incontrôlable, déraisonnée. Contrairement à ce que peuvent laisser entendre la multiplication des mots « en phobe » (homophobe, islamophobe, grossophobe), il s’agit moins de haine ou de mépris, que de crainte et de peur. On pourrait donc discuter sur la pertinence de ces dénominations, déclinées au départ de « xénophobe », peur ou haine de l’étranger. Au travail, le phobique est celui que le travail angoisse. Qui pense que cela va « mal se passer ». Qui doute de tout et surtout de lui-même. Qui redoute les mauvaises nouvelles et les attend en ruinant l’ambiance à lui seul.

On peut raisonner le pessimisme du phobique en lui apportant des exemples indiquant qu’il se fait du souci pour rien, et que tout « ira bien ».

Lelord et André évoquent des personnalités voisines du phobique, que sont « la personnalité évitante », celle qui fuit toute situation qui pourrait lui sembler périlleuse ou même incertaine, ce qu’on pourrait rapprocher à un tempérament inhibé. La mésestime de soi, le manque de confiance, sont d’autres traits marquants de ce type de personnalité.

4 Personnalité difficile : Le narcissique

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Cette personnalité-là, sans être de nature perverse (psychotique) est manipulatrice et capable d’exploiter autrui pour parvenir à ses fins. Celles-là sont très élevées puisqu’elle a pour elle-même la plus haute considération. Elle ne peut d’ailleurs pas envisager que tout le monde ne partage pas son enthousiasme pour ses qualités. En conséquence, elle espère et attend des privilèges, des avantages dus à ses mérites, qui ne l’engageront en aucune manière à devoir « renvoyer l’ascenseur ». Et elle considérera comme invraisemblable que ces avantages lui soient contestés ou refusés. S’il est important pour chacun d’avoir une « estime de soi » convenable, le narcissique n’y met aucun frein, pas de limite. On conçoit aisément que les narcissiques soient nombreux dans les domaines des arts et des médias, qui reposent sur l’admiration d’autrui. On se souvient que Narcisse voulant trop admirer le reflet dans l’onde de son visage, se pencha tellement qu’il finit par tomber et se noyer. De même voit-on des narcissiques tellement amoureux de leur image qu’ils vont finir par l’endommager, en cédant aux addictions (alcools, drogues).

N’attendez pas du narcissique qu’il vous rende la pareille, vous attendrez en vain. Ne le complimentez que lorsque vous êtes sincère, et ne l’étourdissez pas sous les compliments, il n’en aura jamais assez.  Restez discret sur vos propres succès, il vous les jalouserait, ferait tout pour les obtenir aussi. 

Le narcissique confond « estime de soi » et « idolâtrie de soi ». Il nous viendrait bien des exemples de gens connus en tête… Cherchez, vous ne mettrez pas longtemps à trouver, il y a beaucoup de champions des deux sexes en matière de « Moi Je… »

5 Personnalité difficile : Le « Type A »

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Celle-ci est moins souvent citée que les autres. Le Type « A » est un impatient jusqu’à l’extrême, un éternel compétiteur jusqu’à devenir « compétitueur », une sorte d’hystérique défoulant dans l’action, l’hyperactivité, son besoin d’exister. Il est énergique, efficace, combatif, ce peut être un authentique « meneur d’hommes ». Mais ses défauts le rendent assez souvent insupportables : le Type A sans être paranoïaque aime les conflits, qui lui permettent d’affirmer son autoritarisme, et son niveau d’exigence. 

Il décourage facilement puisque personne ne peut répondre totalement à ses attentes. Là aussi, cela le rapproche du paranoïaque, sauf que le Type A est conscient de ses travers. Il est prêt à sacrifier sa vie de famille, ses amis, et même sa santé : son addiction au travail peut favoriser le stress et les accidents physiques.

La bonne nouvelle est qu’à l’inverse du paranoïaque, le Type A peut modérer ses excès : pratiquer la relaxation ou la méditation, le fameux « lâcher prise » aussi, un peu plus d’exercice physique, seront de nature à injecter un peu de paix intérieure dans ce tempérament trop bouillonnant.

6 Personnalité difficile : Le paranoïaque

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À ce stade, nous ne sommes plus dans le registre des personnalités difficiles, nous voilà dans celui des personnalités potentiellement dangereuses, soit pour leur entourage immédiat, soit pour les organisations où elles sévissent. Nous avons consacré tout un article sur ce passionnant sujet de la personnalité paranoïaque

Et nous savons dès lors qu’il est inutile de vouloir lui faire entendre raison, puisqu’elle ne saurait en aucun cas avoir tort, céder le dernier mot à quiconque. Comment de ce simple fait, conduire une relation supportable, convenable, avec ce type de personne ? Ne vous « attaquez » jamais à sa personnalité. Vous pouvez critiquer un comportement ponctuel. Mais pas sa personne, qui nous l’avons bien expliqué, est vécue comme un territoire en danger. 

Prenez soin de ne pas vous mettre vous-même en faute, car la moindre erreur sera utilisée autant qu’il sera possible… Et surtout, surtout : face à un paranoïaque, évitez de vous-même le devenir : à force d’être sur ses gardes, d’avancer dans la méfiance ou la crainte, on pourrait sans s’en rendre compte prendre le même chemin…

7 Personnalité difficile : Le pervers

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Ah, les pervers ! Ils font depuis des années le bonheur des magazines, c’est devenu un de leur marronniers favoris, avec « le mal de dos des francs-maçons dans les villes où il fait bon vivre ». On les dit selon les cas, manipulateurs, destructeurs, narcissiques, sans parler même des pervers sexuels qu’on peut parfois trouver « aussi » au tribunal pour rendre compte de leurs délits ou crimes. Comme jadis était sortie une pièce de café-théâtre intitulée « Elle voit des nains partout », on pourrait noter que bien des gens voient désormais partout des pervers, qui n’en sont pas nécessairement. 

Pour qui n’est pas psychiatre, définir avec précision ce qui relève de l’authentique perversion, et la catégoriser avec assurance, est limite impossible. Disons qu’il y a des « sous-ensembles » d’une personnalité, le pervers, qui peut se résumer ainsi : « l’autre » n’est pas pour lui considéré comme un « sujet », une personne ; mais comme « un objet », avec lequel il est possible de jouer : pour le déstabiliser, le manœuvrer (manipulateur), le rabaisser, le dénigrer (destructeur), et se convaincre ainsi de sa propre supériorité (narcissique). Le pervers n’a pas de morale, en revanche il est très intelligent et voit clair dans le désir et la personnalité des autres. Il a donc sur eux « un avantage concurrentiel ». Son but ultime est de détruire le jouet. Ses ressorts sont nombreux, il pourra même adopter les attitudes diamétralement opposées, pour peu qu’elles servent son scénario. Le principe du pervers, c’est qu’il met son intelligence au service d’une première ambition : gagner votre confiance. Une fois celle-ci acquise, pourra commencer son travail de sape. En somme, quand on s’aperçoit qu’on est face à un pervers… il est souvent trop tard. 

Il faudrait en fait ne jamais trop donner, ni trop vite, d’éléments de connaissance de soi, à quelqu’un qui vous en dit le moins possible sur lui. Il faudrait prendre comme un message d’alerte les questions marquant un intérêt excessif sur vous-même, votre histoire, vos difficultés. Et par ailleurs, ne jamais laisser une deuxième chance après la première tentative de déstabilisation. Recadrer aussi vite que possible est probablement le meilleur moyen de ne pas se laisser happer…

8 Pour en savoir (beaucoup) plus…

Avons-nous fait ici le tour de la question ? Évidemment, non, les sujets sont complexes, et lorsqu’on pose trop vite une étiquette sur une personnalité, le risque de se tromper et de se faire de fausses idées durables sur l’individu sont posés. Par ailleurs, il est aussi permis de s’interroger : si vous rencontrez trop souvent des « personnalités difficiles », ou dangereuses, vous êtes-vous demandé si le problème ne viendrait pas de vous ? De vos exigences ? De vos attentes ou de vos doutes ?

Il peut donc être intéressant à maints égards d’approfondir cet épineux sujets. Deux ouvrages sont d’excellentes références, et c’est sur eux que nous nous sommes appuyés. Il y a d’une part, aux Éditions Odile Jacob, le livre de François Lelord & Christophe André « Comment gérer les personnalités difficiles », qui aborde également d’autres types de personnalités telles que schizoïde, borderline, bipolaire, schizotypique, anxieux, dépressive, passive-agressive, dépendante… Dans le registre de la psychose, les sociopathes ou psychopathes ne sont pas abordés dans cet ouvrage.

Le sens de tous ces mots évolue dans le temps, avec l’état des connaissances sur les comportements, les neurosciences, la psychiatrie. Les nuances peuvent aussi varier selon les auteurs. Pour Roland Guinchard, cette multiplication des sous-catégories est en soi un problème, qui peut conduire l’observateur à se perdre dans les méandres du labyrinthe de la personnalité. 

Son livre, aux éditions Elsevier Masson, dans une collection « santé psy et travail » « Les personnalités difficiles ou dangereuses au travail», distingue trois névroses (hystérie, obsession, phobie) et deux psychoses socialement compatibles mais dangereuses (paranoïa et perversion).

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