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7 (très) bonnes raisons de privilégier le Green Friday au Black Friday

Faire Par Ronan Autret 07 janvier 2019

7 (très) bonnes raisons de privilégier le Green Friday au Black Friday

« A vos marques, prêts, consommez ! »

Before It’s News
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On a tous vu ces images incroyables de centre commerciaux dévalisés par des hordes d’Américains en transe qui s’arrachent des cartons remplis de télés écran plat ou de consoles de jeu. Chaque lendemain de Thanksgiving, le « Black Friday », la plus grande opération consumériste au monde, donne le coup d’envoi des achats de Noël à coup de super rabais et de bonnes affaires à shopper.

Importée des Etats-Unis, cette journée intense de promos a ringardisé les soldes et fait de plus en plus d’adeptes aux quatre coins de la planète : une caricature de notre consommation compulsive et une véritable catastrophe écologique. Et si on se convertissait d’urgence au « vendredi vert », le « Green Friday » ?

Chaque année, l’hystérie grandit. En 2016, 970 produits par minute étaient achetés sur Amazon durant le « Black Friday ». Un an plus tard, c’était 1 400 articles qui s’écoulaient chaque minute sur la plateforme américaine, gonflant de 2 milliards de dollars le compte en banque de Jeff Bezos, son patron, en 24h chrono… Un record ! Et la France n’échappe pas au phénomène, lancé en 2014 dans notre pays. En 2018, 65% de nos compatriotes étaient dans les starting-blocks pour participer à cette grande fête consumériste contre seulement 21% deux ans plus tôt. Cette année, nous dépenserons 845 millions d’euros en ligne et 4,5 milliards d’euros dans les magasins lors de cette opération folle, du jamais vu.

Comment résister à cette incroyable frénésie d’achats dopée par notre boulimie de produits technologiques et de fringues ? Comment sensibiliser l’opinion aux conséquences sociétales et environnementales de cette consommation à outrance ? Comment consommer sans gaspiller ? Face à la déferlante « Black Friday » et ses petits frères « Cyber Monday » ou « Crazy Week », la résistance s’organise et les initiatives se multiplient pour réveiller les consciences : « Climate Friday », « Blue Friday », « Make something week », « No buy », « Giving Tuesday », etc. 

En 2017, ENVIE, un réseau de recyclage et de reconditionnement, lance lui-aussi le signal de la rébellion en créant le « Green Friday », une journée anti-consumériste qui nous fait du bien. Objectif de cette opération : s’opposer aux excès de ces soldes infernales et nous sensibiliser à la consommation responsable. Désormais structuré en association et soutenu par la mairie de Paris, le mouvement se renforce et multiplie les initiatives : sites en ligne fermés le « vendredi noir », chiffre d’affaires reversé, ateliers et marchés de Noël solidaires… 7x7 encourage ces initiatives et vous explique pourquoi « green is the new black » en 7 points c’est tout !

1 Non au Black Friday : Un impact sociétal et environnemental dramatique

7 (très) bonnes raisons de privilégier le Green Friday au Black Friday

« Black Friday » : la planète en solde ?

isustainableearth/com

Au hit-parade des achats du « Black Friday », on retrouve sans surprise la mode et la high-tech. Et c’est une véritable catastrophe pour la planète car cette boulimie textile et numérique entraîne une surproduction vorace en ressources polluantes ou non renouvelables. 

En effet, l’industrie du vêtement est au deuxième rang mondial des secteurs les plus polluants juste derrière l’industrie pétrolière. En moyenne, elle utilise 200 tonnes d’eau pour une tonne de production. Savez-vous par exemple que la fabrication d’un tee-shirt nécessite à elle seule 2 500 litres d’eau et celle d’un jean presque 11 000 litres, soit l’équivalent de 140 douches ? Que la consommation mondiale de vêtements devrait croître de 63% d’ici à 2030 alors que nous ne portons que 30% des habits que nous achetons ? Que pour la seule Europe, 5 millions de tonnes de textiles sont mises sur le marché chaque année et 4 millions de tonnes sont jetées ?

Du côté des objets électroniques, dont la consommation représente à elle seule 25% des ventes du « Black Friday », les chiffres sont également très alarmants. Ainsi, 88% des Français changent de téléphone alors qu’il fonctionne encore et que seuls 15% des smartphones sont recyclés. En moyenne, chaque foyer hexagonal possède près d’une centaine d’équipements électriques et électroniques, soit 200 kg par habitant, et produit 20 kg de déchets électriques qu’il faut bien jeter quelque part.

Mais ce n’est pas tout. La production frénétique des smartphones a dopé l’exploitation d’une quarantaine de matériaux, entraînant à la fois l’appauvrissement des sols, la pollution des écosystèmes et la mise en danger des hommes travaillant sur ces gisements. Par exemple, le traitement du néodyme qui compose les aimants de nos chers portables et dont la production est localisée à 97% à Baotou, en Chine, est en train de décimer les villages de la région. L’eau et les récoltes ne sont désormais plus comestibles et la majorité des habitants qui vivent dans cette zone meurt avant 40 ans.

Notre soif de consommation jamais assouvie a donc un coût énorme pour la planète : extinction de la biodiversité, épuisement des ressources naturelles, surproduction de déchets, pollution, dérèglement climatique… Mais nos achats compulsifs entraînent également une course au moins-disant social et des économies faites au prix des droits de l’homme : travail des enfants, exploitation des ouvriers par des chefs de guerre peu scrupuleux dans les zones de conflits, conditions de sécurité inexistantes, cadences de travail infernales… En décrivant en 2016 les dessous des « minerais de sang » au Congo, le magazine « Cash Investigation » a notamment révélé comment l’exploitation des composants de nos appareils électroniques nourrissaient le conflit armé le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale.

Ainsi, derrière les soldes monstres du « Black Friday » se cache une réalité beaucoup moins alléchante faite d’exploitation à outrance des hommes et des matières premières… N’oublions jamais : le vrai coût des prix bas est avant tout social et écologique. Mais que pèsent aujourd’hui les enjeux environnementaux, les ressources menacées et les conditions de travail des ouvriers d’Asie ou d’Afrique face à notre frénésie de consommation sur fond de crise et de récession ? Le vendredi noir porte décidément bien son nom…

2 Non au Black Friday : Beaucoup de produits jetés sont réparables

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Consommation de masse = gaspillage de masse

Science Society Picture Librar

Symbole de notre hyper-consommation avec son lot d’achats impulsifs, de retours et d’invendus, la fièvre acheteuse du « Black Friday » représente une source de gaspillage record. Peut-être parce que ce consumérisme effréné est moins un amour de l’objet que l’amour de l’achat : le produit n’existe plus en soi, mais uniquement par le vide qu’il comble sur le moment.

Aujourd’hui, les adeptes du « Vendredi noir » dépensent en moyenne 200 Euros, essentiellement pour des articles de mode. Une aubaine pour les marques du secteur dopé à la « fast fashion » et aux promos monstres. De fait, nous achetons 60% d’habits en plus qu’il y a 15 ans alors que chaque pièce achetée est gardée deux fois moins longtemps. Les vêtements sont aujourd’hui considérés comme des produits jetables, voire à usage unique : un énorme gâchis. Citant une étude du cabinet de conseil McKinsey, l’association Greenpeace rappelle par exemple que 85% des textiles que nous achetons finissent à la déchetterie et que beaucoup de ces vêtements ne seront portés que 7 à 10 fois seulement. Autre chiffre qui devrait nous faire réfléchir, chaque Français jette chaque année 80 nouveaux articles en moyenne, un chiffre 4 fois plus élevé qu’il y a 20 ans… Vêtements brûlés ou découpés pour ne pas être récupérés, explosion des invendus : les scandales à répétition impliquant des grandes enseignes comme le mastodonte suédois H&M mais aussi des marques de toutes catégories nous rappellent que la surchauffe de la confection mondiale et le gaspillage vestimentaire entraîne des pertes colossales de fringues.

Pour les produits high tech, deuxième poste de dépense du « Black Friday », le constat n’est guère plus reluisant. Nous changeons de smartphone tous les 18 mois en moyenne au profit des nouveaux modèles. Chaque année, ce sont un peu plus de 15 millions de téléphones, pour la plupart en parfait état de marche, qui sont ainsi abandonnés par leur propriétaire. 30% d’entre-eux finissent, oubliés, au fond d’un tiroir, 30% sont réemployés et les autres seront parfois recyclés ou, plus sûrement, finiront avec d’autres déchets électroniques au fond d’une décharge sauvage chinoise.

Par ailleurs, le choix du commerce en ligne de faciliter le retour gratuit des colis génère des montagnes d’invendus qui finissent parfois à la broyeuse. « Plus on commande, plus on renvoie. Chaque paquet a un impact sur le climat » rappelle Greenpeace, décidément très en pointe sur ces questions. Un quart des colis commandés par les Allemands de moins de 30 ans, par exemple, sont renvoyés à leur expéditeur. Problème : chez certains distributeurs, comme le géant Amazon, le reconditionnement ou la vérification de l’état des articles retournés sont parfois jugés plus coûteux que leur destruction pure et simple. Une enquête réalisée par la chaîne de télévision ZDF a montré que 30% des produits neufs réexpédiés par les clients mécontents d’Amazon Allemagne finissent à la poubelle. Et chaque jour, des équipes spécialisées de la même société sont affectées à la destruction de meubles, téléphones, matelas, ordinateurs ou machines à laver neuves. En France, le magazine Capital sur M6 a révélé que pas moins de 3 millions de produits neufs seraient chaque année mis au rebut par Amazon. Une hérésie et un immense gâchis…

Dans ce contexte, le « Green Friday » appelle à privilégier la réparation, le recyclage ou encore le « fait à la maison » anti-gaspi. Le réseau ENVIE, qui a lancé l’opération, mobilise ses 45 magasins pour proposer des ateliers de réparation et d’entretien. L’idée est d’apprendre à ne pas gaspiller et à sortir du tout jetable. Chaque année, ENVIE rénove et remet sur le marché 100 000 produits à des prix défiant toute concurrence, entre -50% et -75% de leur valeur neuve. Encore plus fort que les promos du « Black Friday » !

3 Non au Black Friday : C'est la foire aux fausses bonnes affaires

7 (très) bonnes raisons de privilégier le Green Friday au Black Friday

Plus c’est gros, plus c’est faux.

Metro News

Et si le « Black Friday » n’était qu’une illusion, un écran de fumée, une arnaque marketing pour nous faire dépenser plus ? Ce n’est pas moi qui le dit mais l’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir. Celle-ci a jeté un joli pavé dans la mare en 2016 : selon ses enquêtes, la majorité des promotions affichées de -50% ou -60% ne seraient pas du tout réelles ! Et les rabais seraient très loin d’être aussi intéressants que le proclament les publicités tapageuses des sites de e-commerce ou des boutiques qui participent à l’opération : -2% en moyenne (oui oui vous avez bien lu), -10 à 20% dans le meilleur des cas ! Des rabais au rabais en quelque sorte…

Ainsi, les tablettes tactiles ne se vendraient en réalité qu’à -2,2% de leur prix habituel, les écrans plats dernier cri à -2%, les ordinateurs portables à -1,8%, les appareils photo numériques à -1%, les smartphones à -0,8% et les lave-linges à -0,3%... Des promos à ce niveau-là, tout de suite ça fait moins rêver non ?

Plus généralement, selon l’association, les promesses de grosses réductions seraient en réalité rarement tenues. En cause, le vide juridique qui entoure le « Black Friday » et dont profitent distributeurs en ligne et commerçants. En effet, le prix de base d’un produit, à partir duquel est calculée la réduction, est défini par… le commerçant lui-même ! Ce prix se doit être « loyal » et le vendeur doit être capable de le justifier selon la DGCCRF, La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Oui mais voilà, le constat d’UFC-Que Choisir est implacable : les prix de départ seraient artificiellement gonflés dans les 15 jours qui précèdent le jour J pour donner l’impression de proposer des offres exceptionnelles. Augmenter les prix à l’avance ? Il fallait y penser… Ce tour de passe passe ressemble à de la tromperie pour le consommateur et pourtant il est parfaitement légal. Les tarifs sont libres en France : dès lors, un revendeur peut très bien gonfler temporairement le prix de ses produits pour mieux les baisser ensuite à partir du moment où il ne vend pas à perte.

Autres petites manipulations très utilisées pendant le « Black Friday » et repérées par l’association de consommateurs : proposer des rabais importants sur des articles peu populaires pour donner l’illusion que tous les produits sont concernés par les promos ou encore ne pratiquer des ristournes importantes que sur une toute petite partie des produits…

Il n’est malheureusement pas toujours facile de repérer ces « bonnes affaires » trop belles pour être tout-à-fait honnêtes. Chaque année, UFC-Que Choisir nous invite à faire preuve de la plus grande prudence face aux offres les plus spectaculaires. Et d’affirmer qu’au-delà de 10 ou 20% de remise, les promotions sont rarement véridiques. Ne croyons pas ces spams et ces publicités dont nous sommes bombardés à l’occasion du « Black Friday » pour nous inciter à craquer pour des baisses de prix exceptionnelles : les consommateurs les plus avertis savent bien depuis longtemps que les campagnes de promotions servent plus à nous inciter à acheter qu’à nous faire réaliser de véritables économies…

4 Non au Black Friday : Testez la consommation responsable

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Le « pouvoir de l’achat » plutôt que le pouvoir d’achat ?

envie.org / greenfriday.fr

Halte à la surconsommation ! D’accord mais comment on fait ? Pour avoir mis en garde les Français, et en particulier les plus modestes d’entre-eux, contre ce qu’elle appelait la « double arnaque » du « Black Friday », Brune Poirson, la secrétaire d’Etat à la Transition écologique, a été sévèrement attaquée sur les réseaux sociaux. Juste avant l’explosion de colère des gilets jaunes, sa dénonciation des effets négatifs de ces soldes massives pour notre planète et notre porte-monnaie a été vécue comme une nouvelle manifestation du mépris de classe qui dénierait aux « humbles gens » le droit de consommer autant que les plus aisés… 

Il faut dire qu’il est plutôt rare, par les temps qui courent, d’entendre les politiques s’élever contre les ravages de l’hyper-consumérisme. La plupart d’entre-eux, au contraire, ont plutôt l’habitude d’inciter à la consommation dans la mesure où celle-ci est essentielle pour soutenir la croissance. Promouvoir une consommation plus respectueuse de l’environnement et des êtres humains apparaît dès lors comme une remise en cause difficilement audible du modèle de consommation dominant à une époque où « la fin du mois » prime sur « la fin du monde ». Dans le contexte de crise du pouvoir d’achat que nous traversons, est-il encore possible de résister aux sirènes des sollicitations commerciales sans passer pour un bobo privilégié déconnecté de la réalité ?

Loin d’apparaître comme des apôtres de la décroissance, de promouvoir le retour à l’âge de pierre ou de culpabiliser les consommateurs, les promoteurs du « Green Friday » plaident en faveur d’une consommation choisie, aux conséquences assumées. Il s’agirait ainsi de préférer le « pouvoir de l’achat » au pouvoir d’achat. En clair, de responsabiliser notre consommation en profitant d’un large éventail d’alternatives : réparer ou réemployer au lieu de jeter, préférer les produits biologiques, locaux ou issus du commerce équitable ou encore mieux cerner nos besoins pour éviter les achats inutiles et compulsifs. En consommant moins et mieux, chacun peut ainsi, à son échelle, tendre vers un modèle de société plus durable. « En 15 ans, on s’est mis à consommer 60% de produits textiles de plus. On ne se promenait pas sans vêtements il y a 15 ans. On n’est pas forcément obligés de courir derrière toutes les promotions » explique ainsi Anémone Bérès, la présidente du réseau ENVIE à l’origine du « Green Friday ».

Cette consommation choisie, aux antipodes des besoins artificiels et des réflexes d’achat pavloviens excités par les super démarques du « Black Friday », est une incitation à tourner sept fois notre carte bleue dans notre portefeuille avant de la faire chauffer. A penser avant de dépenser. A ne pas suivre les tendances trop à la lettre au profit d’une consommation freinée, plus réfléchie. A préférer, enfin, un modèle d’économie circulaire où acheter neuf n’est pas obligatoire contrairement au modèle linéaire qui est le nôtre aujourd’hui (on produit, on consomme, on jette). « Il ne s’agit pas de dire que tout le monde doit le suivre, mais simplement que chacun peut mieux faire, à son échelle » précise Anémone Bérès

Après tout, nos achats de tous les jours constituent un moyen très efficace d’avoir une influence réelle sur les modes de production et de consommation modernes. On l’oublie trop souvent : acheter peut aussi se transformer en arme politique.

5 Non au Black Friday : Les alternatives à l’achat neuf compulsif existent

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Comment dire stop à nos démons de l’achat neuf compulsif ?

Touchstone Pictures / Jerry Bruckheimer Films

Premier commandement d’une consommation responsable pour les initiateurs du « Green Fiday » : nous tenir loin du neuf ! Pour Anémone Bérès, il s’agit notamment « de retrouver les gestes de la réparation qui existaient au siècle dernier et qu’on a un peu perdu ». Et aussi de développer de nouveaux réflexes, comme par exemple apprendre à discerner le superflu dans nos habitudes de consommation, privilégier les produits d’occasion ou encore remplacer nos objets que quand on en a réellement besoin. 

Pour nous aider à résister aux démons de l’achat neuf compulsif, Julien Vidal, autre promoteur du « Green Friday » et créateur du site Ça Commence Par Moi, a imaginé la méthode Bisou. Celle-ci consiste à se poser 5 questions fondamentales pour éviter d’acheter des objets qui ne nous sont pas vraiment utiles :

1. Ai-je vraiment Besoin de cet objet ?

2. En ai-je besoin Immédiatement ?

3. Ai-je un objet Semblable chez moi ?

4. Quelle est l’Origine du produit ?

5. Ce produit est-il vraiment Utile ?

Et pour combattre l’obsolescence programmée des produits, cet autre fléau de la consommation moderne, c’est tout un écosystème favorable à la réparation, au recyclage et au « fait à la maison » qui a été mis en place par les associations et les entreprises associées au « Green Friday ». Votre vieux frigo vous a lâché, votre lave-linge n’essore plus ou votre lave-vaisselle a une fuite ? C’est le moment de leur donner une deuxième vie grâce, par exemple, aux magasins du réseau ENVIE. Ceux-ci récupèrent, réparent et revendent à des prix très attractifs des appareils électroménagers d’occasion qui pourront encore fonctionner 5 à 10 ans. Et si, après diagnostic, votre four à micro-ondes préféré s’avère irréparable ou si son coût de réparation est trop élevé, pas de panique : ENVIE vous proposera une réduction sur l’achat d’un appareil équivalent rénové et garanti. Un bon plan car non seulement vous épargnerez l’environnement par votre geste en limitant le gaspillage, mais vous ferez également une très bonne affaire. En moyenne, une machine à laver proposée dans les magasins du réseau ne vous coûtera qu’une petite centaine d’Euros, soit 50% de moins que son équivalent neuf. Ça fait réfléchir, non ?

Au sein du collectif « Green Friday », il existe désormais plus d’une centaine de lieux éco-responsables qui donnent une seconde vie à vos appareils électro-ménagers mais aussi à vos ordinateurs, vêtements, jouets, chaussures, livres, meubles et même à votre lingerie. Et pour ceux qui veulent aller encore plus loin dans le combat contre l’achat neuf compulsif, les associations et entreprises associées à l’opération ont plein d’autres initiatives. Vous pourrez ainsi confectionner vos vêtements à partir de matières 100% récup’ chez Emmaüs, apprendre à raccommoder vos textiles et réparer vos appareils électriques dans une ressourcerie ou un Repair Café, et même vous initier à la fabrication de votre propre thé chez Altermundi ou de vos cosmétiques bio grâce à EQ. Et si le futur, c’était aussi d’apprendre à fabriquer nos propres produits ?

6 Non au Black Friday : De plus en plus d'entreprises rejoignent le mouvement

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Green Friday needs you !

envie.org / greenfriday.fr

« Green is the new black » affirme l’un des slogans du « Green Friday ». Peut-être… Mais que pèse réellement le mouvement face au 1,1 milliard d’Euros dépensés cette année encore par les adeptes français du « Black Friday », un chiffre en hausse de 15% par rapport à l’année précédente ? Ce combat de David contre Goliath est-il perdu d’avance ?

En 2017, l’année de la création du « Green Friday », le réseau ENVIE s’était lancé tout seul dans l’opération avec des animations portes ouvertes dans ses ateliers. Mais désormais, l’événement alternatif prend de l’ampleur. Soutenu par la mairie de Paris, il compte aujourd’hui une centaine de membres. Ce développement est à l’image du rejet croissant du consumérisme compulsif manifesté par une partie de la société. Ainsi, selon l’Institut HappyOrNot, une société spécialiste de la satisfaction, les taux de satisfaction des consommateurs américains pendant le « Black Friday » auraient chuté de 7,5% entre 2016 et 2017. On est encore loin du début de la fin pour le « vendredi noir », mais c’est un premier signe encourageant…

De fait, Emery Jacquillat, le très engagé président de la Camif, une entreprise d’ameublement à la pointe du « Green Friday », en est convaincu : « si les performances du Black Friday reculent, ce sera le point de rupture ». Et d’appeler les grosses entreprises à rejoindre le mouvement. « Le jour où un acteur de high-tech se mobilisera ça peut aller très vite et détourner les gens du modèle horrible d’Amazon » déclare-t-il ainsi dans un document intitulé « Pourquoi la Camif dit non au Black Friday » paru en novembre 2018. Avec son entreprise, le patron citoyen montre l’exemple de façon spectaculaire. Non contente de ne pas proposer d’offres spéciales à ses cyberacheteurs pendant le « vendredi noir », la Camif déconnecte son site marchand ce jour-là tout en ouvrant son siège social au grand public pour le sensibiliser à la consommation responsable et « lui ouvrir les yeux sur le pouvoir qui est le sien ».

L’entreprise de Niort n’est pas la seule enseigne à rejeter les injonctions à acheter et l’overdose de promos du « Black Friday ». Nature et Découvertes, Le Slip Français, Naturalia, Baume… D’autres grands noms du commerce profitent de l’événement pour lier leurs ventes à des actes de consommation responsable, comme des dons à des œuvres caritatives ou des associations pro-environnement. Surfant sur cette tendance, la plateforme d’autopartage Drivy propose même 50 Euros aux utilisateurs qui auront boudé le « vendredi noir ». Quant à certaines multinationales, elles inventent de leur côté leur propre journée « green » pour ne pas être en reste. C’est le cas par exemple du géant Danone qui, avec son « green day », a reversé le chiffres d’affaires France du 21 septembre 2018 à un fond de transition agricole, soit 5,4 millions d’Euros. Une jolie prime de rentrée !

Plus de 150 entreprises participent désormais activement au « Green Friday » en s’engageant à ne pas faire de réductions ce vendredi-là et à reverser 15% de leur chiffre d’affaires de la journée à une ou plusieurs associations partenaires de l’opération comme HOP, les Amis de la Terre ou encore Zéro Waste. A ce stade, ces initiatives constituent bien sûr une goutte d’eau dans l’océan des milliards dépensés le jour du « Black Friday » et elles sont encore trop récentes pour que leurs effets réels soient mesurés. Mais à l’étranger aussi, le mouvement fait tâche d’huile, y compris chez certains gros acteurs de la distribution. Le combat est encore inégal mais il ne fait que commencer…

7 Non au Black Friday : (Sur)consommer ne nous rend pas heureux

7 (très) bonnes raisons de privilégier le Green Friday au Black Friday

Le bonheur est ailleurs.

3.bp.blogspot.com

C’est prouvé scientifiquement : la (sur)consommation, cette injonction constante au toujours plus dont le « Black Friday » est le symptôme le plus spectaculaire, n’est pas le chemin vers le bonheur. Dans son livre The High Price of Materialism, Tim Kasser, un professeur de sociologie américain, a démontré qu’une fois nos besoins de base satisfaits (manger, boire, se protéger du froid ou de la chaleur…), tout ce que l’on consomme en plus n’apporte pas de bonheur supplémentaire.

Deux mécanismes principaux expliquent ce paradoxe aux antipodes des promesses de notre société consumériste. Le premier, appelé « effet d’adaptation », nous renvoie à l’idée que le gain d’utilité ou de plaisir provoqué par un surcroît de consommation est éphémère. En clair, nous achetons des choses pour nous rendre heureux et cela fonctionne, mais seulement pendant un certain temps. Notre nouvel iPhone ou ce petit haut trop mignon nous semblent irrésistibles et très excitants au début, mais ensuite nous nous adaptons à eux... et nous finissons par nous en lasser. Alors, comme des drogués qui augmenteraient les doses et rapprocheraient les prises pour maintenir un niveau de satisfaction constant, nous voilà enclins à ne pas aimer ce que nous possédons et à désirer ce que nous n’avons pas encore, une fuite en avant perpétuelle qui contribue à nous rendre malheureux… Saint-Augustin, ce grand sage, nous avait pourtant prévenu : « le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède ».

L’autre mécanisme à la base du paradoxe du bonheur est « l’effet de comparaison ». C’est l’idée que l’utilité et la satisfaction d’un nouveau produit ou service dépendent autant du niveau absolu de cette consommation que de son niveau relatif, par rapport notamment à un groupe social de référence ou d’appartenance. En gros, nous croyons avoir besoin d’un bien parce que les gens que nous admirons ou que nous cotoyons le possèdent déjà. Or cette quête d’un statut social par une consommation ostantatoire est elle-aussi une spirale infernale qui nous aspire dans une escalade d’achats stériles…

Voilà pourquoi les soldes ne nous rendent pas plus heureux, ou alors seulement de façon limitée et éphémère. Certaines consommations, en revanche, auraient un effet plus durable sur notre bien-être. Ce sont notamment celles qui nous font vivre des émotions ou des sensations, qu’elles soient culturelles, associatives, sportives... Selon les scientifiques, elles seraient beaucoup moins sensibles au mécanisme d’adaptation, cette caractéristique des enfants gâtés que nous sommes qui se lassent à vitesse grand V de leurs nouveaux jouets. Comme le rappelle Jordi Quoidbach, un docteur en psychologie qui a étudié de près le bonheur, celui-ci « n’est certainement pas la paire de chaussures qu’on va avoir à moitié prix mais plutôt dans les expériences qu’on va pouvoir s’acheter, dans les moments, dans les cadeaux qu’on va pouvoir faire aux autres ».

L’idée n’est donc pas, évidemment, d’arrêter de consommer à tout prix mais bien de redonner à l’acte d’achat la place qu’il a perdue dans nos sociétés occidentales. Refuser les diktats de la logique consumériste du « Black Friday », c’est aussi économiser du temps et de l’argent pour investir dans d’autres activités chargées de sens. C’est mettre en œuvre cette « consommation responsable » que les résistants du « Green Friday » appellent de leurs vœux et qui ne se résume pas à la simple accumulation de biens. C’est arrêter de surconsommer, faire marcher des filières vertueuses pour l’environnement ou encore privilégier les circuits courts. Autant de pistes pour ramener du lien social et participer à une économie moins gourmande pour la planète et le porte-monnaie. Une économie positive où l’acte d’achat individuel devient vecteur de bien-être car il retrouve du sens.

Le bonheur n’est pas dans l’achat mais, grâce au « Green Friday », il peut le devenir !

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