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Les 7 meilleurs épisodes de la série d'anticipation Black Mirror

Recommander Par Enguerran Cottarel 08 avril 2018

Les 7 meilleurs épisodes de la série d'anticipation Black Mirror

Série d'anticipation Black Mirror

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La série Black Mirror analyse et décrit les dérives de notre société gouvernée par la technologie. Découvrez les 7 épisodes préférés de la rédaction de 7x7 ! Attention Big Brother is watching you ...

Depuis sa création, la série Black Mirror ne cesse de fasciner tant elle est capable d’anticiper les dérives des nouvelles technologies et de nos addictions, toujours plus fortes, au numérique. Déjà trois saisons que la série de Charlie Brooker nous embarque dans une monde dystopique, soit un total de 19 épisodes presque tous incontournables. Mais s’il ne fallait ne retenir que 7 épisodes, quels seraient-ils ?

1 San Junipero (épisode 4 saison 3)

San Junipero - Episode 11 - Black Mirror

Netflix

Sous des atours plutôt flatteurs (esthétique 80’s oblige) l’épisode est pourtant l’une des histoires d’amour les plus sombres de la série. Deux jeunes femmes, Kelly et Yorkie, se rencontrent à différentes époques, essentiellement les années 80, mais aussi les années 90 et 2000. Elles tombent amoureuses très rapidement l’une de l’autre mais se quittent inlassablement quand sonne minuit. Et pour cause, elles évoluent en réalité dans un univers virtuel, sorte de paradis artificiel auquel accèdent les gens en fin de vie. Dans le monde tel que nous le connaissons, ou presque, Kelly vit dans une maison de repos et Yorkie est plongée dans le coma depuis la fin de son adolescence. Après une tentative de coming out auprès de ses parents elle emprunte leur voiture, provoque un accident et se retrouve plongée dans un coma dont elle ne sortira jamais. Aujourd’hui une vieille femme, elle n’aspire qu’à se reposer éternellement à San Junipero. Ce qui implique une euthanasie que sa famille lui refuse.  Acte d’amour immense, Kelly décide de l’épouser pour lui offrir le repos éternel que seul un membre direct de sa famille peut lui autoriser.

Cet épisode a marqué les esprits pour sa capacité à recycler tous les codes visuels, vestimentaires et musicaux des années 80 jusqu’à en devenir l’une de ses incarnations les plus remarquées. En témoigne par exemple le dernier clip de Janelle Monae, « Make me Feel »  dont on ne sait plus s’il est un clin d’œil aux eigthies ou un clin d’œil à San Junipero tant bon nombre de scènes rappellent l’épisode de Black Mirror. Ce qui prouve qu’il est devenu lui-même un objet culte de la pop culture.

2 Nosedive (épisode 1 saison 3)

Nosedive - Black Mirror

NEtflix

Pour son esthétique à la Bienvenu à Gattaca (en plus pop et plus acidulé), pour l’interprétation de Bryce Dallas Howard, pour sa capacité à prédire les dérives de l’usage des réseaux sociaux, cet épisode mérite de figurer au panthéon des meilleurs épisodes de Black Mirror. Ici, nous sommes tous des chauffeurs Uber, constamment notés selon la qualité de nos interactions avec les autres. Sauf que cette note ne conditionne pas seulement nos vies professionnelles mais aussi l’accès à un toit et beaucoup d’autres premières nécessités. Et en cas de dégradation de la note, la facture peut être salée. La jeune héroïne de l’épisode, qui pète progressivement les plombs, va voir sa note chuter dramatiquement jusqu’à l’entrainer vers la case prison.

Depuis plusieurs années, nous nous sommes mis à tout noter, les restaurants, les hôtels, les taxis et autres services…Une appli, Credo, propose même de noter la crédibilité des gens. Difficile de savoir si l’application s’est inspirée de Black Mirror ou si Black Mirror est définitivement la plus visionnaire des séries mais une chose est sûre, il est indispensable de voir ou revoir cet épisode.

3 The Entire Story of You (épisode 3 saison 1)

The Entire Story of You - Black Mirror

Netflix

Dans l’univers dystopique de cet épisode, tout le monde est doté d’une puce enregistrant et stockant chaque souvenir. À tout moment il est possible de revoir une scène vécue, de zoomer, de lire sur les lèvres, de décrypter ce qu’il se dit, même à distance. La tentation de revoir à l’envie certains moments de sa vie est grande et peut vite tourner à l’obsession. Jesse, jeune avocat entre deux boulots, va d’ailleurs en faire les frais.

Il fait la connaissance, lors d’un dîner chez de vieux amis de sa femme, d’un homme dont elle semble proche et qu’il n’a pourtant jamais rencontré auparavant. Et pour cause, sa femme lui avoue avoir eu une brève aventure avec lui. Obsédé par cette histoire, Jesse cherche à obtenir des aveux complets. Il  va progressivement découvrir que la relation n’a pas duré que quelques semaines mais plusieurs mois et que les deux amants se sont même revus en cachette lors d’un déplacement de Jesse. A mesure que les révélations se font plus violentes, il sombre dans l’alcool et la violence. Jusqu’à ce qu’il comprenne que leur fille n’est peut-être finalement pas la sienne, une blessure qui signera la fin du couple.  

Cet épisode est certainement l’un des plus paranoïaques de la série car les souvenirs du quotidien, de chaque instant vécu, peuvent se révéler source de grande souffrance et pousser à la folie.

4 Be right back (épisode 1 saison 2)

Be right back - Black Mirror

Netflix

L’addiction au smartphone peut coûter cher, voire tout simplement coûter la vie. C’est en tout cas l’expérience tragique que fait le jeune couple dans cet épisode. Dès la scène d’introduction, l’usage immodéré du portable est un sujet de discorde entre Ash et Martha. En voiture comme à la maison, Ash ne le quitte jamais des yeux. Il ne le quitte pas non plus des yeux le jour de l’accident de voiture dans lequel il perd la vie.

Anéantie par la disparition d’Ash, Martha fait rapidement la découverte d’un service pour le moins morbide. Grace aux données personnelles laissées par le défunt sur son téléphone et les réseaux sociaux, elle peut continuer de converser avec lui. D’abord sur un genre de chatbot puis par téléphone. Sa voix, ses mots sont tellement proches de ceux d’Ash que Martha devient très vite accro. Et l’annonce de sa grossesse n’arrange pas les choses. Elle passe alors à l’étape suivante et commande un clone du défunt, qu’elle se fait livrer chez elle. Mais si la ressemblance physique est parfaite, Martha va très vite s’apercevoir que le clone n’a rien d’humain et ne peut pas remplacer une relation en chair et en os, faite d’imprévus, d’engueulades et de réconciliations sous la couette.

Cet épisode explore avec beaucoup de délicatesse la question du deuil. Comment continuer sa vie quand on peut remplacer l’être cher par un ersatz en tout point fidèle au défunt? Il y est aussi question de l’utilisation des données personnelles puisque le service se nourrit des nombreuses data du défunt pour créer sa copie conforme. Photos, vidéos, conversations, couleur de la voix,  à l’heure du scandale Cambridge Analytica, cet épisode apparait plus que jamais en phase avec les sujets de l’époque.

5 Metalhead (épisode 5 saison 4)

Metalhead - Black Mirror

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Voici un épisode en totale rupture avec les précédents. Son aspect minimaliste, l’économie des dialogues et l’extrême violence de la situation en font un objet singulier voire ultra radical. 

Le scénario est d’ailleurs beaucoup plus ténu que d’habitude. Une femme, Bella, accompagnée de deux hommes, tente de pénétrer dans un entrepôt pour y trouver un carton dont le contenu est censé atténuer les souffrances de son neveu. Mais l’expédition ne se déroule pas comme prévu et leurs mouvements activent un robot particulièrement menaçant. Sorte de terminator canin, il va se lancer dans une chasse sans merci jusqu’aux dernières secondes de l’épisode. Monstre froid, dépourvu de toute humanité, il traque sans relâche Bella qui, on s’en doute, ne lui échappera pas longtemps…

Ce qui frappe ici c’est à la fois la beauté du noir et blanc (première épisode de la série qui n’est pas en couleurs), mais aussi l’aspect clinique et violent d’un monde post-apocalyptique qui semble avoir été débarrassé de tout être humain. Les robots, implacables, règnent en maître et traquent inlassablement toute forme de vie humaine encore existante, jusqu’à son extinction totale.

6 Playtest (épisode 2 saison 3)

Playtest - Black Mirror

Netflix

Un jeune homme, Cooper, part faire le tour du monde et termine son périple en Angleterre. Sur le point de prendre son billet retour, il découvre qu’il s’est fait pirater sa carte et que son compte a été vidé. Il lui faut donc rapidement se refaire une santé. Par chance, une célèbre entreprise de jeu vidéo recherche un beta testeur pour un jeu d’épouvante encore en développement. Ni une ni deux, il se porte volontaire. Mais Il se retrouve plongé au cœur du jeu d’horreur le plus personnalisé de toute l’industrie, capable de découvrir les peurs les plus profondes du joueur et les utiliser contre lui.  Cette projection mentale l’entraine d’abord dans une vieille maison où tout apparait terriblement réel, y compris la douleur physique, une caractéristique qui n’était pourtant pas prévue dans la version initiale du logiciel. L’expérience vire alors au cauchemar et convoque les pires angoisses de Cooper : les relations compliquées avec sa mère, le décès récent de son père et la peur de sa  propre mort. Dans un ultime twist on découvre que ce qu’a vécu Copper n’a duré qu’une fraction de seconde et qu’il n’est finalement qu’un cobaye parmi tant d’autres, dont la vie a été ôtée le temps d’une très brève partie…

Réflexion sur les jeux vidéo comme fuite illusoire, cet épisode semble aussi nous dire que l’on n’échappe jamais à ses propres peurs et que la recherche d’adrénaline, toujours plus grisante, conduit inévitablement à une fin tragique.

7 15 Million Merits (épisode 2 saison 1)

15 Million Merits - Black Mirror

Netflix

Dans ce monde désincarné, les gens considérés comme productifs vivent dans des cellules faites d’écrans numériques. Chaque journée se déroule exactement de la même manière. Installés sur des vélos d’appartement ils sont contraints de pédaler pour gagner de l’argent, appelé « merits » en VO. Seule distraction, ces écrans qui diffusent en continu des images publicitaires, des clips musicaux ou pornographiques dont il n’est possible de se débarrasser qu’en mettant la main à la poche.

Bing, jeune homme à l’air résigné, se rend docilement retrouver son vélo et fait la connaissance d’Abi, chanteuse à ses heures perdues. Il tombe sous le charme de sa voix et la convainc de participer à un télé-crochet, Hot Shot. Cette émission phare est surtout le graal absolu puisque les lauréats sont les seuls à gagner la possibilité de ne plus jamais pédaler de leur vie.

Bing décide d’offrir à Abi ses « merits » pour lui permettre de concourir. Mais l’émission, d’une vulgarité crasse, ne va bien sûr pas se dérouler comme prévu. Malgré ses talents indéniables de chanteuse, c’est son physique avantageux que le jury retient. On lui propose alors de rejoindre la chaine pornographique, une décision qu’Abi finit par accepter sous la pression des juges et du public. De retour dans sa cellule Bing est bombardé d’images érotiques montrant Abi dans des positions lascives, sur le point de succomber aux avances d’un homme. En proie à la culpabilité, il perd pieds et fracasse les écrans qui composent sa cellule. Un morceau de verre tombe alors à ses pieds. Le lendemain et les jours suivants il redouble d’efforts pour atteindre le niveau requis de merits et se payer à son tour un billet pour Hot Shot. Finalement sélectionné pour les auditions, il entame une performance scénique plus ou moins maitrisée et sort de sa poche le morceau de verre. Face aux juges, il menace de se sectionner la carotide s’ils ne le laissent pas parler. Bing se lance alors dans une diatribe contre cette société qui pousse les gens à consommer toujours plus quitte à blesser, humilier les autres. Sa sincérité convainc le public comme le jury qui lui offre une chronique au sein du talk-show. Bing devient alors à son tour un vulgaire objet de télévision, un gimmick vidé de tout sens, de toute substance.

Parabole de la société du spectacle (http://www.telerama.fr/livre/guy-debord-un-regard-radical-sur-notre-societe,95039.php), 15 millions de mérites est une critique acerbe de la télé-réalité (et de ceux qui la regardent) qui se repait de l’humiliation et de la honte infligée aux candidats. La société de consommation n’est pas en reste puisque dans cette vie du futur acheter compulsivement, y compris des objets virtuels parfaitement inutiles, semble être l’unique source de satisfaction personnelle et collective.

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