7x Anticiper 7x Décoder 7x Savoir 7x Faire 7x Découvrir 7x S'évader 7x S'étonner

4 La colère des "gens"

« Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï». La litanie de la lettre vitriolique de François Ruffin à Emmanuel Macon entre les deux tours, pour excessive qu’elle fût, avait au moins le mérite de pointer un véritable point faible du nouveau président. Il incarne une image qui a conduit une grande partie de son électorat naturel de gauche à se détourner de lui. Au delà des postures militantes et des ambiguïtés mélenchoniennes, et aussi à cause d’elles, il y a chez « les gens » comme dit JLM, une véritable répulsion pour Macron et tout ce qu’il représente : la banque, le libéralisme, les patrons, la loi El Khomri.

Pour avoir discuté avec des employés de gauche qui se sont abstenus dimanche, j’ai pu ressentir un sentiment longtemps inimaginable : une présidente fascistoïde mais qui exercerait un pouvoir lointain révulse bien moins qu’un patron intrusif qu’on se coltine tous les jours.

Dans une étude édifiante publiée par le Monde la veille du second tour, un collectif d’universitaires a montré que près de 70 % des électeurs éprouvaient de la peur et 67 % de la colère vis-à-vis de la situation politique. Et ils n’étaient que 26 % et 34 % à faire preuve d’espoir et d’enthousiasme. Pas la peine de faire un dessin pour voir où vont les préférences électorales des deux premières émotions.

Macron incarne l’espoir mais il doit faire face un peuple très majoritairement en colère. Et si pour l’instant, il parvient à les contenir, il ne sait pas encore leur parler.

Machiavel qui estimait qu’un Prince devait être craint plutôt qu’aimé n’est alors plus d’un grand secours dans une démocratie…

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