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7 anecdotes révélatrices sur Steve Jobs

Savoir Par Daniel Ichbiah 20 décembre 2016

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Il y a 20 ans, c’était son come-back. Le 20 décembre 1996, après plus de 10 ans d’exil, Steve Jobs est rappelé par Apple… 

A cette époque, MacOS 9, le système vieillissant des Mac s’enlise. Les ordinateurs maison n’ont plus la flamboyance d’antan. Les parts de marché s’écroulent.

En quelques années, Steve Jobs va redresser la barre et peu à peu faire d’Apple le n°1, allant jusqu’à dépasser Microsoft, qui avait longtemps semblé inexpugnable.

Une performance pas si étonnante  quand on connaît ce personnage hors du commun. Et on le connaît encore mieux après avoir picoré ces 7 extraits du livre ‘Les 4 vies de Steve Jobs’ dont une nouvelle édition vient de sortir en 2016...

1 Le coup monté de Steve pour sa remise de diplôme tombe à l’eau

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Steve Jobs à 18 ans : il n'a pas l'air de douter de lui...

Le jeune Jobs n’était pas un étudiant modèle loin de là. N’a-t-il pas eu pour fait de gloire d’avoir lâché des serpents dans une classe ? Tant bien que mal, il a tout de même réussi à décrocher l’équivalent américain du Bac. Il a voulu accompagner la cérémonie d’une farce qui va manquer son coup à cause de sa vantardise !...

Pour sa fin de lycée, en juin 1972, Steve Jobs doit recevoir son diplôme. Pour l’occasion, ses potes Steve Wozniak et Allen Baum, un autre surdoué,   ont décidé de mettre en scène la cérémonie avec emphase. En premier lieu, ils peignent un doigt sur un immense drap, avec de chaque côté la mention ‘Bonne chance’.

Durant 4 nuits, les trois compères, œuvrent sur le toit du bâtiment de deux étages. Ils élaborent une installation complexe : deux roller-skates vont descendre lentement sur deux rails installés sur la façade. En avançant ainsi, les patins à roulettes vont déployer le drap.

En attendant le début de la cérémonie, des chaussures de tennis ont été installées afin de caler le drap enroulé, et une grosse ligne de pêche maintient les roller-skates au sommet des deux rails – elle descend jusqu’en bas du du bâtiment. Chaque élément a été noué avec précaution afin d’éviter qu’il ne puisse heurter qui que ce soit en chutant. Il est prévu de déclencher la descente du drap une fois que Steve Jobs aura été appelé lors de la cérémonie et qu’il se retirera de l’estrade centrale.

Au matin, stupeur, les intrigants découvrent que la ligne à pêche a été tranchée et que le drap a déjà été déroulé ! Que s’est-il passé au juste ? Steve Wozniak va le découvrir l’année suivante, alors qu’il effectue ses études à Berkeley. C’est Jobs, trop fier de son coup, qui n’a pas pu s’empêcher de vendre la mèche à d’autres élèves de terminale – il leur a même montré où se trouvait la ligne de pêche ! Et l’un de ces élèves n’a pas trouvé mieux que de faire sa propre blague en tranchant la ligne.

2 En Inde : une recherche du nirvana toute particulière...

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Le voyage en Inde de Dan Kottke (Liks Haas)  et Steve Jobs (Ashton Kutcher) vu par Hollywood  dans le film Jobs

Open Road Films

A l’Université, Steve Jobs et son ami Dan Kottke ont été fascinés par les histoires qu’a raconté un dénommé Friedland qui revenait d’Inde. Ils se sont mis à lire des livres de philosophie orientale, puis en 1974, ont entrepris d’aller eux-mêmes en Inde en quête d’un hypothétique nirvana…

Les préoccupations spirituelles de Jobs contrastent parfois avec des comportements plus terrestres. Il ne peut s’empêcher de marchander sauvagement les prix dès lors qu’il se retrouve dans un marché. De façon plus étonnante, il va jusqu’à déshabiller le haut d’une femme hindoue en affirmant qu’il veut faire couler son lait.

Jobs et Kottke visitent plusieurs ashrams, espérant notamment rencontrer un homme de légende du nom de Harrekan Baba. Censé avoir plus de cent ans, ce sage se serait réincarné plusieurs fois. Un jour, après une marche épuisante, ils parviennent à destination et découvrent, à proximité d’une rivière, un homme de 30 ans qui se présente comme Harrekan Baba. Étrangement, l’intéressé apparaît comme un homme très efféminé dont l’intérêt principal semble être de porter des vêtements féminins et colorés qu’il change plusieurs fois par jour.

« Nous l’avons trouvé comique mais avant tout ridicule ! », s’amuse Kottke.

3 Zaltair : la grosse farce de Steve Wozniak au lancement de l'Apple 2.

Wozniak raconte sa blague dans cette vidéo (en anglais) 

En prévision du premier salon auquel Apple va participer Steve Wozniak a voulu jouer un tour à ses collègues. Il a créé une fausse publicité pour un ordinateur imaginaire nommé le Zaltair. Le descriptif est élogieux à l’excès et certaines déclarations sont grossièrement humoristiques : « Imaginez un ordinateur qui pourrait résoudre tous les problèmes du monde ! Imaginez une automobile qui aurait cinq roues ! » Dans le plus grand secret, Wozniak a fait imprimer 8 000 prospectus...

À un moment donné, Wozniak, Wigginton et le lycéen Adam se rendent à leur hôtel et rapportent une boîte pleine de prospectus vantant le Zaltair (un ordinateur fictif pour lequel ils ont conçu une fausse publicité.) Ils les placent sur une table réservée aux communiqués de diverses sociétés. Un peu plus tard, alors qu’ils rient encore de leur bonne blague, ils apprennent que tous les prospectus sont partis. Ils vont chercher une autre boîte à l’hôtel.

Apple II brille par son design, mais c’est tout de même au niveau des performances qu’il est attendu. Or, les spécialistes de la micro-informatique sont ébahis par la conception de l’ordinateur de Wozniak. Il comporte deux fois moins de puces que les machines comparables et, pourtant, il est capable de prouesses largement supérieures !

À la fin du salon West Coast Computer Faire, alors que les employés d’Apple rangent leur matériel dans les voitures, Mike Markkula a un cri du cœur : « Nous sommes partis pour gagner 500 millions de dollars d’ici cinq ans ! »

Le jour suivant, chez Apple, alors que les cadres évoquent la West Coast Computer Faire, Wozniak extrait un prospectus du Zaltair de sa poche et demande à Jobs :

¾ Est-ce que tu as vu ça ?

Jobs se met à lire le texte décrivant le Zaltair mais il est rapidement interrompu par Rod Holt qui affirme que cet ordinateur n’existe pas vraiment. Steve Jobs réplique qu’il n’en est rien : le prospectus du Zaltair comporte des mentions telles que « marque déposée » et un logo d’entreprise. Wozniak fait son possible pour se retenir de rire.

Soudain, Jobs s’écrie :

¾ Hé ! Nous nous en sortons plutôt bien !

Il fait référence au tableau de comparaison qui se trouve au bas du prospectus et dans lequel l’Apple II apparaît en deuxième position en termes de performances. Incapables de se retenir d’exploser de rire, Wozniak et Wigginton trouvent une excuse pour quitter la pièce au plus vite.

Lorsqu’ils reviennent en réunion, Jobs leur dit qu’il a appelé MITS, la société censée produire le Zaltair. Ils lui ont déclaré qu’il s’agissait d’un canular.

Six ans plus tard, Wozniak offrira à Jobs le prospectus du Zaltair encadré, en cadeau d’anniversaire. En découvrant que son compère avait été l’auteur de cette farce, Jobs sera lui-même pris d’un fou rire.

4 Le champ de distorsion de la réalité

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Non, ce n'est pas Régis Laspalès mais Steve Wozniak (au fond) et Andy Hertzfeld avec son geek style so cool

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Le mercredi 25 février 1981, le PDG d’Apple, Mike Scott a procédé au licenciement de quarante employés. Cet événement qui est resté dans les mémoires comme le Mercredi Noir, a traumatisé de nombreux ingénieurs qui ont alors envisagé d’eux-même de quitter Apple. Parmi eux, l’un des plus géniaux d’entre eux, Andy Hertzfeld...

À la suite du Mercredi Noir, l’un des ingénieurs les plus brillants de l’équipe Apple II, Andy Hertzfeld, fait part à un cadre d’Apple qu’il envisage de quitter la société. Le lendemain matin, un message de la secrétaire de Scott l’attend, expliquant que le patron désire le voir au plus vite. Mike Scott tient à ce que Hertzfeld demeure dans l’entreprise et demande ce qui pourrait le motiver. Hertzfeld répond qu’il apprécierait de travailler sur le projet Macintosh.

Aussitôt dit, aussitôt fait : Hertzfeld est reçu par Steve Jobs. D’emblée, ce dernier joue la carte de la provocation : « Est-ce que tu es vraiment assez bon pour travailler dans l’équipe du Mac ? »

Hertzfeld fait valoir les réalisations qu’il a accomplies et exprime sa motivation.

Dans l’après-midi, Andy Hertzfeld voit soudain Steve Jobs débarquer dans son bureau. Le fondateur d’Apple lâche : « Bonne nouvelle ! Je t’annonce que tu fais partie de l’équipe de création du Macintosh. »

Hertzfeld réplique :

- Super ! Mais je dois d’abord terminer un projet pour l’Apple II. J’en ai pour une journée ou deux.

Jobs paraît horrifié et rétorque :

- Qu’est-ce qui est plus important que le Macintosh ? Tu perds ton temps avec ça. L’Apple II sera mort dans quelques années. Le Mac est le futur et tu démarres maintenant !

Joignant le geste à la parole, Jobs débranche purement et simplement l’ordinateur de Hertzfeld, occasionnant la perte de tout le travail effectué ce jour-là. Il empile les éléments et quitte la pièce en emportant l’Apple II de Hertzfeld sous le bras, tout en disant :

- Viens avec moi, je t’emmène à ton nouveau bureau !

Tandis que Jobs avance vers le parking, Hertzfeld court derrière lui en protestant. Avant qu’il ait pu comprendre, son Apple II atterrit dans le coffre de la Mercedes de Jobs. Quelques minutes plus tard, Hertzfeld se retrouve dans le bâtiment qui jouxte la station-service Texaco.

Le lendemain, Hertzfeld apprend d’un collègue que le lancement du Macintosh est prévu pour janvier 1982, soit dans moins de 11 mois, ce qui lui paraît complètement irréaliste. À cette remarque, son interlocuteur, Bud Tribble, lui répond :

« Steve insiste sur le fait que nous livrions le Mac au début de l’année 1982 et refuse d’entendre toute réponse contraire. La situation est digne de Star Trek. Il faut que tu le saches : Steve a un “champ de distorsion de la réalité”.

—  Un quoi ?

—  Un champ de distorsion de la réalité. En sa présence, la réalité devient malléable. Il peut convaincre n’importe qui de pratiquement n’importe quoi. Cela s’atténue lorsqu’il n’est pas dans les parages, mais dans le même temps, difficile d’avoir des prévisions réalistes. Il y a d’ailleurs d’autres choses que tu devrais savoir sur Steve.

—  Quoi donc ?

—  Le fait qu’il te dise qu’une chose est géniale ou affreuse ne veut pas nécessairement dire qu’il ressentira la même chose le lendemain. Il faut filtrer… Si tu lui donnes une nouvelle idée, il te dira d’emblée qu’il la trouve stupide. Une semaine plus tard, il reviendra te voir pour te proposer ton idée, comme s’il y avait pensé lui-même ! »

Au cours des semaines qui suivent, Hertzfeld va réaliser qu’il en est bel et bien ainsi.

5 La tentative de putsch de Steve Jobs

Le CEO d'Apple, John Sculley a passé le reste de sa vie à expliquer qu'il avait fait une grosse connerie en virant Steve Jobs...

En lançant le Mac en janvier 1984, Steve Jobs pensait révolutionner l’informatique et terrasser IBM. Il n’en a rien été, en partie à cause de Jobs qui a imposé des limitations inexplicables au Mac, considéré comme un objet d’art. De ce fait, si les journalistes adorent le Mac, les entreprises n’en veulent pas. Apple est même menacé de faillite. Le PDG John Sculley a repris les choses en main et a jugé préférable d’écarter Jobs du commandement d’Apple…

Steve Jobs, de son côté, prépare son putsch. Sachant que John Sculley doit partir pour la Chine à la fin du mois, il décide de réunir un nombre suffisant de ses partisans au sein du conseil d’administration chez Mike Markkula. Le coup de force doit intervenir durant le week-end et il entend faire voter la destitution de Sculley. Il informe plusieurs de ses proches mais commet l’erreur d’appeler la société d’investissement Morgan Stanley afin de les questionner : pourrait-il faire usage de sa position d’actionnaire privilégié pour révoquer un employé ? Quelques minutes plus tard, Sculley est informé.

Dès le lendemain matin, Sculley convoque une réunion extraordinaire et accuse Steve d’avoir comploté pour le faire congédier. Il somme alors Jobs de quitter Apple ! Ce dernier refuse d’abdiquer et rétorque que c’est lui, Steve Jobs, qui, en tant que président du conseil, renvoie Sculley !

Jobs, qui d’ordinaire paraît si sûr de lui, semble toutefois traverser une période de forte incertitude. Dès le lendemain, il se rend au domicile de John Sculley et propose de faire la paix. Il explique qu’il juge préférable qu’ils demeurent tous deux chez Apple, pour le bien de l’entreprise.

¾ Je n’ai que 30 ans et je veux encore avoir une chance de mener une activité créatrice. Je sais que j’ai encore en moi au moins une grande idée d’ordinateur. Et Apple ne m’accorde pas la chance de le réaliser.

¾ Nous te donnerons la chance de créer le prochain ordinateur majeur mais ce ne sera pas toi qui dirigeras les opérations. L’entreprise est dans une situation précaire et toutes nos énergies doivent être concentrées vers son sauvetage. »

La détente paraît revenue. Pourtant, alors qu’il prend congé de Sculley, Jobs se ravise. C’est plus fort que lui : il ne peut s’empêcher de caresser la perspective d’un ultime coup d’État… Il demande à rencontrer Mike Markkula en compagnie de trois de ses fidèles chez Apple. Durant l’entrevue, tous évoquent à Markkula un plan alternatif de reprise en main d’Apple.

Le 28 mai 1985 au matin, Sculley vient voir Jobs pour déplorer qu’il ait tenté une fois de plus de le renverser. Atterré, il se résout, la mort dans l’âme, à envisager ce qui aurait semblé impensable : écarter une fois pour toutes Jobs de toute responsabilité directoriale !

Le conseil d’administration se range comme un seul homme derrière John Sculley.

Désavoué, rejeté, traité à la manière d’un paria… Steve Jobs encaisse tant bien que mal le choc. Au sein d’Apple, sa voix n’a plus le moindre poids. Certains de ses amis vont jusqu’à craindre qu’il soit tenté de mettre fin à ses jours.

Pour surmonter sa tristesse, Jobs passe plusieurs journées à faire du vélo le long de la plage. Dans l’espoir de se changer les idées, il prend l’avion pour Paris. Il y dîne avec Jean Calmon, le nouveau dirigeant de la filiale française. Au cours du repas, ce dernier a la surprise de voir Jobs s’effondrer en larmes, se plaignant qu’il n’a que 30 ans et que sa carrière semble déjà achevée.

Jobs se rend ensuite en Italie. À fleur de peau, le génie torturé paraît inconsolable : le sort de la société qu’il a fondée lui a échappé. 

6 L’incroyable capacité d’analyse de Jobs

Après le feu et la roue, Steve Jobs présente la nouvelle invention qui changer l'humanité en 1988...

Durant 10 années, après son départ d’Apple, Steve Jobs tente de lancer un ordinateur, NeXT, qui démoderait les Mac, mais la tentative échoue. En 1996, alors qu’Apple est au plus mal, ce rendez-vous qu’il a eu avec une start-up a fait apparaître que la rancœur était toujours là, mais aussi, que son génie était intact…

Globalement, les sentiments qu’éprouve Jobs vis-à-vis d’Apple sont encore assez amers et un développeur d’applications, Ramin Firoozye, va en faire les frais. Firoozye s’est souvenu d’un rendez-vous épique avec Steve Jobs durant l’année 1996…

« Nous avions réalisé la démo d’un navigateur Web prenant en compte l’animation et le multimédia. C’était des années avant l’apparition des animations en Flash. Et à un moment donné j’ai voulu recueillir l’avis de Jobs.

Il était alors chez NeXT. Je lui ai écrit, j’ai mentionné le produit sur lequel nous étions en train de travailler et lui ai demandé conseil. A ma grande surprise, j’ai reçu un message de sa secrétaire disant qu’il voulait me rencontrer.

Une semaine plus tard, je suis arrivé dans les bureaux de NeXT et l’on m’a escorté jusqu’à une salle de réunion. J’ai préparé ma démo et attendu.

Steve Jobs est arrivé avec une demi heure de retard, il a posé ses pieds sur la table et a demandé ce que j’avais à lui montrer. Je lui ai dit que quelques uns de nos ingénieurs étaient des anciens d’Apple. Puis j’ai démarré la démo et lui ai demandé ce qu’il en pensait.

Et là, pendant une bonne demi-heure, il s’est mis à tempêter non-stop à propos de l’arrogance d’Apple, de leurs produits et il n’a pas été avare de remontrances. Parfois, il me disait : ‘vous, les gens d’Apple’. J’ai tenté de le couper pour dire que nous n’étions pas vraiment reliés à Apple, mais il n’y avait pas moyen de le stopper. »

A un moment donné, une secrétaire passe la tête par la porte pour dire à Jobs qu’il a un appel.

« J’ai fait mine de partir. Pourtant, il m’a demandé de rester là. Je me souviens avoir hésité – désirai-je vraiment entendre davantage de récriminations ? Mais j’ai attendu pendant 30 à 45 minutes. J’étais tenté de ramasser mes affaires et de quitter les lieux. »

Jobs revient alors dans la pièce. Il se place devant le tableau blanc et commence à inscrire quelques notes. Et l’inattendu se produit alors :

« Durant un temps que je peine à définir, il a expliqué de manière précise comment il faudrait lancer le produit, la stratégie pour le mettre sur le marché, comment le positionner, ce qu’il manquait encore, les caractéristiques qu’il vaudrait mieux enlever ou ajouter.

C’était la démonstration de management la plus stupéfiante, utile et efficace que j’aie jamais vue. Il avait complètement compris le produit, et ce à quoi il pouvait servir.

Je me rappelle lui avoir demandé s’il voulait un job ! Nous avons tous les deux ri. Je me souviens qu’il m’a dit de belles choses à propos de l’idée et du produit. Il n’y avait plus la moindre trace de la bile anti-Apple. Il m’a dit de rester en contact. Je suis sorti la tête bourdonnant dans les nuages. »

7 Les nuits blanches du développement de l’iPhone

La présentation de l'Iphone en 2007 : un show à étudier dans les écoles de commerce comme dans les académies de stand up !

Depuis son retour chez Apple annoncé le 20 décembre 1996, Steve Jobs multiplie les coups d’éclats : iMac, iPod, Mac OS X… C’est toutefois l’iPhone qui va être le tournant majeur, achevant de faire d’Apple la société la plus branchée du moment. Or, le développement en a été homérique.. 

Un matin de l’automne 2006, une réunion est organisée avec les douze principaux cadres affectés au projet iPhone. Jobs opère alors un constat dramatique : l’iPhone n’est pas à la hauteur des espérances. L’énoncé des problèmes paraît ne jamais devoir s’arrêter. Il est fréquent qu’une communication soit coupée. La batterie cesse de se recharger avant de l’être totalement. Les applications rencontrent des soucis qui les rendent inexploitables… Le verdict tombe :

« Nous n’avons pas encore quelque chose que je puisse appeler un produit ! »

Jobs a parlé calmement mais, en réalité, un frisson parcourt l’échine des participants. L’effet est plus terrifiant encore que lorsqu’il pique une de ses colères légendaires.

« C’est l’une des rares fois chez Apple où j’ai eu froid dans le dos », a raconté l’un des participants à la réunion.

L’enjeu est pourtant clair : l’annonce de l’iPhone doit tomber le 8 janvier 2007 et ils ne disposent donc que de quelques mois pour redresser la situation vite et bien. Si Apple rate le coche, les critiques pleuvront, suscitées en partie par les partenaires de téléphonie qui ont cédé à ses exigences.

Les mois qui suivent s’apparentent à un cauchemar pour les équipes dédiées à l’iPhone. Les nuits blanches deviennent la norme, tout comme les engueulades et prises de bec. Comme à l’accoutumée, Jobs s’implique dans les moindres détails, allant jusqu’à influer sur la courbure du dos du téléphone.

À la mi-décembre 2006, le pari est gagné. À Las Vegas, Steve Jobs dispose d’un prototype qu’il peut exhiber au Texan Stan Sigman, de Cingular – devenu AT&T Wireless. Tout est là : l’écran tactile, le navigateur Web, les icônes… La réaction de Sigman est à la hauteur des espérances :

« C’est le meilleur appareil que j’aie jamais vu ! »

8 7 + Un livre pour en savoir +

Ces extraits viennent du livre ‘Les 4 vies de Steve Jobs’ de Daniel Ichbiah. Initialement publié en avril 2011, ce livre s’est classé n°1 des ventes fin août 2011. La nouvelle version 2016 comporte de nombreux enrichissements, issus de témoignages recueillis à partir de l’été 2012.

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