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7 CHOEURS unis face au CORONAVIRUS

Recommander Par Hervé Resse 01 avril 2020

7 CHOEURS unis face au CORONAVIRUS
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Si on chantait, la-la, la-la… Entre deux bulletins d’info sur l’évolution quotidienne de la pandémie, trois rappels des gestes barrières, et en attendant la prochaine gaffe de la Porte-Parole en cheffe, le web chante pour nous, pour vous, pour eux, malades et soignants. Et Fuck le Corona !

C’est bien connu, rien de tel qu’une bonne période de crise (famines, guerres, attentats, tsunamis) pour voir se révéler la nature humaine dans ce qu’elle peut avoir de pire, ou de meilleur. La période que nous vivons n’est pas mal, dans le genre. Mais pour le coup, regardons ce jour le bon côté de la médaille, exclusivement. Ça nous changera !

Voici 7 belles créations, réalisations, interprétations, dont six au moins sont collectives. Elles nous redonnent énergie, confiance, espérance, en tous cas c’est l’idée qu’elles ont toutes. Même si, hein, ne nous plaignons pas trop non plus: nos parents, grands-parents ont connu bien pire, et probablement beaucoup plus long.

Dédions plutôt ce 7x7 à chaque personne au cœur de ce satané merdier. A chaque personne qui soigne, prend soin, apaise. A chaque personne malade, qui doute, mais qui va s’en sortir, faut y croire. A chaque personne touchée de près par cette saloperie, qui s’inquiète et se mine de ne pouvoir rien faire pour aider la personne qu’elle aime, et est atteinte.

Nous recevons tous, sur nos applis, nos e-mails, des photos, des détournements, des conneries, qui aident à garder un peu le moral. Rire, sourire, s’émouvoir, envoyer un clin d’œil aux amis, aux parents, téléphoner, skyper, whatshapper, s’évader en somme quelques instants… de nos appartements, pour quelques semaines devenues des geôles, mais geôles assez confortables tout de même... Disons… Le plus souvent.

Ces 7 belles créations en appelleront d’autres. Elles sont devenues possibles via ces réseaux si souvent jugés asociaux, et ces technos qui si souvent nous entravent, ou nous obsèdent. Comme quoi ce qui nous rend souvent plus sot, parfois peut nous rendre un peu meilleurs aussi…

1 International Opera Choir : Nabucco de Verdi

L’une des premières que j’ai reçues. Elle nous vient d’Italie; entres toutes, terre d’Opéra. Là-bas comme ici, comme partout, toutes les salles, des plus petites à la Scala, sont fermées. Les membres du chœur de l’International Opera Choir n’ont pas voulu renoncer pour autant. 

Alors ils ont tous enregistré leur partie, chacun chez soi, sur son smartphone, suivant une bande instrumentale préenregistrée. La technique a fait le reste, mais sans le cœur au départ de l’initiative, cela ne pouvait exister. Vous n’aviez jamais entendu Nabucco de Verdi de cette façon. Merci à l’ami très cher qui me l’a transmise.

2 Narcisse : Ils soignent

Quel beau slam, Narcisse

Chaque soir à 20 heures, les rues de partout font entendre les clameurs, remerciements à tous ces gens qui prennent tous les risques pour soigner les malades. Avec ce risque si palpable d’attraper à leur tour le virus assassin. 

Un jour peut-être il faudra bien s’interroger, examiner de près les conditions dans lesquelles ils avaient été préparés, équipés, protégés… L’urgence est qu’ils le soient le plus vite et le mieux possible. 

En attendant, oui… ILS SOIGNENT.

3 Coro Virtuale : Hallelujah

Dieu sait si ce titre de Leonard Cohen a inspiré de belles adaptations. Si nombreuses... Vous en voulez ? Jeff Buckley, John Cale, K.D. Lang, tant d’autres.. Et tiens, voici un lien pour en retrouver 12 versions… 

Celle-ci, toute nouvelle, est autre belle initiative italienne. Le CORO VIRTUALE - VIRTUAL CHOIR – sur un arrangement de Fabrizio Vestri, offre cet a-capella souriant, optimiste, et serein. Presque trop court, on aurait aimé un deuxième couplet. Mais la sobriété a ses élégances, aussi.

4 Social Distant Orchestra : Hymne à la Joie

C’est lorsque la période est sombre, ou triste, ou morose, anxiogène, qu’il faut savoir chanter la Joie, la célébrer. 

Plus facile à dire qu’à exprimer… Mais je pense à Tristan Bernard, qui dans le car de la Gestapo qui les emmenait au camp de Drancy, dit à sa femme : « Nous vivions dans la crainte, à présent nous allons vivre dans l’espoir ». Ca donne à réfléchir, non? 

Ce Social Distant Orchestra, Orchestre de la Distanciation Sociale nous offre sa version de l’Hymne éponyme. Quel étrange nom pour un Orchestre. Et quel beau nom pour un Hymne, Ludwig!

5 Symphonie Confinée : La tendresse

Les Français ne sont pas en reste. Quelle riche idée que d’avoir choisi ce beau titre de l’immense Bourvil, qui ne donnait pas que dans la chanson pour de rire, et savait émouvoir profondément. Écrite par Noël Roux, composée par Hubert Giraud, cette Tendresse serait reprise ensuite par bien des interpètes, de Marie Laforêt à Mouloudji, puis Nolwenn Leroy… 

Cette version est joliment signée de la Symphonie Confinée. Valentin Vander, lauréat 2020 du prix Georges Moustaki, qui récompense de jeunes chanteurs français, en semble l’instigateur. Il est si bien accompagné. Merci à tous les musiciens et chanteurs qui ont façonné avec lui ce joli bijou. Et merci à l’amie qui me l’a transmis, et m'a de ce fait inspiré cet article.  

PS : Sinon, dans une belle interview donnée à l’excellent blog de Mandor, Valentin explique qu’il est né, OUI, dans une famille de musiciens, mais s’empresse d’ajouter que NON IL N’EST PAS le fils de Christian Vander, gigantesque batteur et démiurge du groupe Magma depuis des décennies.

6 Camden Voices : True Colors

Ce titre de Cindy Lauper est ici proposé par le Camden Voices, considéré comme une des meilleures chorales actuelles de ce Royaume-Uni qui n’est plus qu’un voisin de la vieille Europe. Et cela fait bizarre de l’écrire au moment où nous devrions tous nous serrer les coudes, non ? 

Bon. Chacun étant maître sinon de sa destinée, du moins des chemins qu’il veut emprunter, espérons un monde vibrant demain de belles « et vraies » couleurs.

Je ne sais pas pourquoi, (retour aux années 80, peut-être) Cindy Lauper et ses cheveux multicolores me font soudain penser à Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev qui n’avait pas grand-chose sur le caillou.

Gorby déclara quelques années après Tchernobyl que cette tragédie était le premier symbole de la chute annoncée de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Le Coronavirus sera-t-il « le premier symbole de la chute annoncée de l’ultralibéralisme mondial », ou juste un sale moment à passer ? Vous avez quatre heures…

7 Virtual Orchestra : What the world needs now is Love

Toutes ces chansons offrent, on l’a bien saisi, un même message. C’est « unis » que les gens du monde traverseront au mieux cette crise du Coronavirus. Que feront-ils ensuite ? Ne changeront-ils rien à leurs façons de mener ou subir le réel ? Imposeront-ils des remèdes pires que les maux ? Accèderont-ils enfin, il ne serait que temps, à une humanité meilleure, sinon parfaite ou idéale ? Allez savoir. 

Certains disent que ce monde manque d’espoir. De générosité. De solidarité. Ce monde manque aussi et surtout d’Amour. 

Et c’est ce que disait déjà ce superbe titre composé par l’immense Burt Bacharach, écrit pour Jackie de Shannon en 1965, repris ensuite par Dionne Warwick, Sergio Mendès, et tant d’autres…

Le temps avance, les besoins sont les mêmes... Alors quand donc?

8 Playing for Change : Stand by me

Le temps passe sacrément vite ! Ce serait donc en 2008, année de la chute de Lehmann Brothers, dernière crise économique en date et non la moindre, qu’était sortie cette version du grand classique du Rythm’n Blues créé par Ben E. King. Quelle merveille d'initiative c'était, ces musiciens de rues de partout et d’ailleurs unissant leurs talents, sous l’égide d’une organisation qui s'appelait « Playing for Change » : « Jouer pour ce que ça change ». Ça fait 12 ans. Pas grand-chose n’a changé, semble-t-il. 

Et ça ne date pas non plus d'avant-hier ! Rappelons ce que chantaient mes copains de classe du lycée (à l’époque on disait lycée même pour les 6ème) Les fameux Poppys : « Non non rien n’a changé, tout tout a continué hé hé ». Et ça, ça ne date pas de 2008, mes drôles, mais de 1971. Les Poppys ont l’âge d’être grands-pères, je les salue, on était tous jaloux, ils passaient à la télé, et au lycée Renoir toutes les filles en pinçaient pour eux. Ils auraient pu pécho autant qu’ils voulaient.

J’espère qu’aucun d’eux n’a pécho le virus. S’ils songent à se réformer, qu’ils m’en informent ! En même temps comme depuis j’ai changé de nom, ils ne risquent pas trop de me retrouver… mais les voies du Net sont impénétrables. Et ces voix du Net, j'espère qu'elles vous auront rendus joyeux. C'était l'idée.

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