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7 erreurs d'arbitrage que la vidéo aurait pu éviter

Savoir Par Robin Servais 22 juin 2018

7 erreurs d'arbitrage que la vidéo aurait pu éviter
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C’est l’innovation de cette coupe du monde russe: l’arbitrage vidéo. Déjà utilisé à plusieurs reprises depuis le début de la compétition, ce qui va suivre va vous montrer qu’il était temps. Car en supposant que la vidéo ait été utilisée depuis toujours dans le foot, certaines équipes auraient peut-être une étoile de plus ou de moins sur le maillot.

Son nom officiel, c’est la VAR pour Video Assistant Referee (Vidéo d’assistance pour l’arbitre). Elle est apparue cette année dans les championnats allemand et italien ainsi que dans quelques matchs amicaux internationaux. Certains la critiquent pour les temps morts qu’elle occasionne et pour le manque de communication avec les supporters présents dans le stade. Mais c’est surtout une révolution qui devrait enfin mettre fin aux injustices. D’ailleurs, nous français, on ne peut pas s’en plaindre, car sans la vidéo, les Bleus auraient-ils gagné face à l’Australie ? Dans le passé, le football français a fait les frais d’erreurs d’arbitrage mais en a aussi parfois profité. Mais il y a eu d’autres victimes. Retour sur sept évènements footballistiques dont l’issue aurait pu être différente avec la vidéo. On va s’apercevoir que l’histoire du ballon rond aurait pu en être bouleversée.

1 Erreur d'arbitrage : Diego Maradona, la main de Dieu

La Main de Dieu de Maradona

Le 22 juin 1986, l’Argentine et l’Angleterre s’affrontent au Stade Azteca de Mexico pour une place en demi-finales de la Coupe du Monde. Le contexte géopolitique lié à la guerre des Malouines est alors très tendu. Tendu, le match l’est aussi mais surtout très indécis. Arrive la 50ème minute. Sur une action, Diego Maradona, pas assez grand pour lober de la tête le gardien anglais Peter Shilton, tend le bras pour expédier le ballon dans les filets. Malgré les protestations des joueurs anglais, l’arbitre valide le but. Il est pourtant le seul parmi les spectateurs, commentateurs et joueurs à n’avoir semble-t-il pas vu cette « main de Dieu ». Trois minutes plus tard, le même Maradona s’offre un doublé en prenant de vitesse la défense anglaise, une action restée tout autant dans les mémoires et qui entretiendra la légende d’« El Pibe de Oro ». Les anglais marquent en fin de match mais ne pourront échapper à la défaite, sur le score donc controversé de 2 buts à 1. Les Argentins se qualifient en trichant pour les demi-finales où ils éliminent la Belgique (2-0, doublé de Maradona) avant de venir à bout de la RFA en finale (3-2) et de soulever la Coupe du Monde pour la deuxième fois de leur histoire. Mais l’Albiceleste porterait-elle un maillot à deux étoiles aujourd’hui si ce but controversé avait été annulé ? On ne le saura bien sûr jamais. Mais les anglais doivent aujourd’hui regretter l’absence d’arbitrage vidéo à cette époque.

2 Erreur d'arbitrage : Le « but fantôme de Wembley »

101ème minute: le "but fantôme" de Geoffrey Hurst

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En 1986, les anglais étaient donc éjectés de la plus injuste des manières, par une erreur d’arbitrage, de la Coupe du monde au Mexique. Mais il faut tout de même rappeler que c’est suite à une autre situation controversée que s’est écrite la plus belle page de l’histoire des Three Lions. Vingt ans auparavant, en 1966, l’Angleterre organise la coupe du monde de football sur son sol. Le pays hôte se hisse jusqu’en finale où il retrouve la RFA. Durant la rencontre, les anglais mènent deux fois au score mais sont rejoints à chaque fois et sont poussés en prolongation. À la 101ème minute, le tir de Geoffrey Hurst frappe le dessous de la barre transversale et rebondit au sol. L’arbitre n’a pas vu si le ballon est entré. Son assistant lui répond par l’affirmatif et le but est validé. Les allemands ne sont pas d’accord. Une théorie du complot est d’ailleurs permise, la RFA ayant éliminé l’URSS en demi-finales, or l’arbitre assistant est soviétique. Les anglais l’emportent finalement 4 buts à 2 et peuvent soulever le seul trophée mondial de leur palmarès. Bien des années plus tard , des études informatiques démontreront tout et son contraire. En tout cas, nul ne peut dire si l’issue du match aurait été différente si arbitrage vidéo il y avait eu. Toujours est-il que les allemands prendront leur revanche sur les anglais en Afrique du Sud en 2010. En huitièmes de finale, un but valable de Frank Lampard est refusé. Comme en 1966, le ballon heurte la balle transversale mais rentre dans le but sans contestation possible cette fois, sauf aux yeux de l’arbitre. Ce but injustement refusé relancera d’ailleurs le débat sur l’intronisation de la vidéo dans le football. 

3 Erreur d'arbitrage : L’attentat de Schumacher sur Battiston

Harald Schumacher percute Patrick Battiston

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C’est l’évènement considéré comme le plus injuste dans l’histoire du football français. 8 juillet 1982: la France affronte la RFA à Séville en demi-finales de la Coupe du Monde à Séville. Alors que le score est de 1-1 à la 58ème minute, Patrick Battiston sur une ouverture de Michel Platini, s’en va défier le gardien Harald Schumacher. Le ballon lobé du français ne trouve pas le cadre mais surtout n’intéresse plus le portier allemand qui percute violemment Battiston. Le défenseur sortira du terrain inconscient sur civière. La suite est connue. Les deux équipes vont en prolongation. Au bout de 120 minutes, le nom du finaliste se décide aux tirs aux buts, les Allemands y gagnent le droit de disputer la finale. La vidéo aurait-elle pu intervenir si elle avait été présente ? La question se pose tellement la faute de Schumacher était évidente. Elle l’était moins semble-t-il pour l’arbitre néerlandais. Puisque ce n’est pas en voyant l’état de Patrick Battiston qu’il a accordé un penalty aux Bleus et décerné un carton rouge à Schumacher, la vidéo, qui sait, lui aurait peut-être fait changer d’avis. En supériorité numérique, les Bleus seraient-ils venus à bout de leurs adversaires ? Et seraient-ils ainsi aller chercher leur première étoile bien avant 1998, en finale face à l’Italie ?

4 Erreur d'arbitrage : La main d’Eder

Eder touche le ballon de la main, une faute attribuée à Laurent Koscielny

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En France, personne n’a évidemment oublié cette triste finale de l’Euro, disputée le 10 juillet 2016 au Stade de France. Le poteau de Gignac, le but assassin d’Eder, tant de mauvais souvenirs qui ont eu raison des Bleus et leur ont empêché d’empocher un troisième titre européen, devant son public qui plus est. Mais ce qui a aussi joué en défaveur des Tricolores ce soir-là, c’est bien l’absence d’arbitrage vidéo. Durant la prolongation, l’arbitre siffle pour une main. Jusque là, l’homme en noir a bien raison, il y a main. Sauf que la faute est rejetée sur Laurent Koscielny, qui reçoit en plus un carton jaune, mais le ralenti est formel, la main est l’oeuvre d’Eder. Une minute plus tard, ce même Eder inscrit le but de sa vie. Une situation qui ne se serait sans doute pas produite si la faute avait été sifflée en défaveur des portugais. Avec la vidéo, peut-être n’aurions-nous pas, encore deux ans plus tard, ce but et cette défaite en travers de la gorge. La vidéo sera utilisée dans le même Stade de France pour la première fois en mars 2017, à l’occasion d’un match amical entre les Bleus et l’Espagne. Et permettra de refuser un but aux français avant d’accorder un penalty aux Espagnols puis de leur valider un but jugé hors-jeu dans un premier temps. La vidéo, pas là quand il faut, là quand il n’y en avait pas besoin…

5 Erreur d'arbitrage : La folle remontada du Barça

pixabay

La VAR aurait-elle pu réellement empêcher la plus grosse humiliation jamais vécue par un club français en Coupe d’Europe. Au soir de la fameuse « remontada » du Camp Nou, l’arbitre allemand Deniz Aytekin n’a ainsi pas échappé à la pression d’arbitrer un match d’une telle folie, même si certains n’hésiteront pas à parler de match truqué. Le PSG qui se qualifie en quarts de finale de Ligue des Champions en humiliant le grand FC Barcelone, cela était trop beau pour être vrai. Toujours est-il que le Barça semble au fil des minutes capable de refaire le retard pris au match aller (défaite 4-0) au Parc des Princes. Alors que la qualification parisienne semble acquise à la 88ème minute, les minutes les plus ahurissantes de l’histoire du foot s’apprêtent à débuter. Une merveille de coup franc de Neymar, un penalty du même Neymar et un ultime but de Sergi Roberto, tout ça en sept minutes, offrent la qualification au club catalan. Seulement, le penalty a été obtenu suite à une simulation flagrante de Luis Suarez alors que plus tôt dans le match, la même sanction aurait pu être infligée aux Barcelonais. Pris dans la pression dans laquelle se trouvaient les 22 acteurs du match, l’arbitre allemand aurait-il pris des décisions moins controversées en utilisant l’arbitrage vidéo ? 

6 Erreur d'arbitrage : La main de Thierry Henry

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Bon, soyons tout de même honnêtes. Nous venons de revenir sur trois situations où l’absence de vidéo a joué en défaveur d’équipes françaises. Mais, reconnaissons-le, cette absence nous a aussi bien aidé un soir de novembre 2009 au Stade de France. Les Bleus affrontent ce soir-là l’Irlande en barrage retour de qualification pour la Coupe du Monde 2010. Vainqueurs 1-0 au match aller, les Français sont menés et poussés en prolongation par les visiteurs. Et c’est dans ces 30 minutes supplémentaires que Thierry Henry contrôle le ballon de la main avant de le glisser à William Gallas, qui marque de la tête le but de la qualification pour la Coupe du Monde sud-africaine. Les Irlandais ont tout vu, pas l’arbitre suédois qui expliquera par la suite qu’il ne le pouvait pas en raison de sa position par rapport à Thierry Henry. Le score n’évoluera plus et la France se qualifie honteusement pour le Mondial. Dans les jours qui suivent, l’affaire prend un tournant politique, en France comme en Irlande. Là bas, ce sont les plus hauts dirigeants qui demandent à la FIFA de pouvoir rejouer le match. En vain. La vidéo aurait ce soir-là évité le scandale mais aurait pu, qui sait, entraîner la non qualification des Bleus. Mais quand on connaît les évènements qui surviendront sept mois plus tard en Afrique du Sud, on se dit que cela aurait été un moindre mal.

7 Erreur d'arbitrage : Lyon et Marseille, des éliminations difficiles à digérer

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Allez, finissons cet article en nous plaignant de deux autres injustices vécues en Coupe d’Europe par deux de nos clubs « olympiques », Marseille et Lyon. En 1990, le club phocéen semble avoir toutes les cartes en main pour prétendre devenir le premier club français à soulever la Coupe aux grandes oreilles. Et il y a des raisons d’y croire, surtout quand les Marseillais gagnent 2 buts à 1 chez eux en demi-finales aller contre le Benfica Lisbonne. Au retour, alors que le score est toujours de 0-0, Vata ouvre le score pour le Benfica… de la main. L’arbitre ne s’en aperçoit pas. Marseille ne s’en remettra pas et se fait éliminer aux portes de la finale. Lyon connaîtra une autre mésaventure en 2005. Au cours d’un quart de finale retour contre le PSV Eindhoven en Ligue des Champions, un penalty flagrant est oublié par l’arbitre suite à une grosse faute sur Nilmar. L’équipe lyonnaise très prometteuse cette année-là voit son rêve s’envoler lors d’une séance de tirs aux buts fatale. Et si avec la vidéo, le football français compterait un peu plus qu’une victoire dans la compétition européenne ?

Tout au long de cet article, beaucoup de questions se sont posées. Ce sont beaucoup de « Et si ? Et si ? » auxquels on ne pourra jamais apporter de réponse. Refaire l’histoire sert-il à quelque chose ? Ce qui est sûr, c’est que l’arbitrage vidéo arrive dans le foot, avec retard par rapport à d’autres sports, et que plus jamais on aura à se poser de questions similaires. Il était temps. 

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