7x Anticiper 7x Décoder 7x Savoir 7x Faire 7x Découvrir 7x S'évader 7x S'étonner

Recevoir la newsletter 7x7

7 espèces menacées par le changement climatique

Anticiper Par Charlotte Laurent 03 février 2017

Amz57mwhrimrrzf1hgny

Le koala, comme 16% des animaux de la planète, est menacé d'extinction par le réchauffement climatique. 

Flickr bluedeviation
1 2 3 4 5 6 7

La biodiversité ne sera plus ce qu'elle était.  Et pour la première fois, un mammifère aurait disparu à cause du réchauffement climatique. Et, malheureusement, il ne sera pas le dernier.

Il est le premier mammifère à avoir précocement disparu à cause du réchauffement de la planète. Le melomys rubicola est un rongeur australien, découvert en 1845 sur la petite île sablonneuse de Bramble Cay, dans le détroit de Torrès, qui sépare l'Australie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le problème, c'est qu'aucun spécimen n'y a été aperçu depuis... 2009. Selon une étude réalisée par le département de l'environnement du Queensland, le changement climatique anthropique, l'intensité des phénomènes météorologiques des dernières décennies et l'élévation du niveau de la mer seraient "très probablement" les causes de son extinction. Et ça n'est que le début. 

Plus de la moitié des vertébrés ont déjà disparu en 40 ans. Le changement climatique n'a encore qu'un impact « relativement marginal [...] parce qu'on n'en est qu'à un degré de réchauffement » planétaire par rapport à l'ère préindustrielle, estimePascal Canfin, directeur général du WWF France. Mais une espèce animale sur six serait menacée par le réchauffement climatique si les émissions de dioxyde de carbone se poursuivent au rythme actuel, selon une autre étude, américaine cette fois-ci, parue dans le revue Science au printemps 2015. "Le plus surprenant, c'est que le risque d'extinction ne fait pas que s'accroître avec la hausse des températures, il s'accélère", indiquait alors Mark Urban, l'un des auteurs de l'étude, dans un article du Monde. En bref, à chaque degré Celsius supplémentaire, la perte de biodiversité s'accélère. Voici sept espèces menacées que nous connaissons tous depuis l'âge des peluches...

1 Le phoque marbré va manquer de glace

S5q3huvymcxdrs6t6t3s

Après le phoque de Sibérie, le phoque annelé est le plus petit phoque du monde. 

wikimedia commons

La survie de cette espèce de phoque, caractérisée par les tâches en forme d'anneaux qui ornent tout son corps, dépend des banquises de l'Arctique, sur lesquelles elle vit. Or, la fonte de ces glaces s'accélèrent, y compris en hiver selon l'analyse des données satellites des régions du pôle Nord par des chercheurs du National Show and Ice Data Center. En janvier dernier, elle a atteint son niveau le plus bas jamais enregistré pour un mois de janvier. 

Et plus la glace fond, "plus les petits sont prématurément séparés de leur mère, entraînant une hausse de la mortalité infantile" selon un rapport de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). De même, la population adulte est de moins en moins protégée des prédateurs. Sans compter que le réchauffement des océans est favorable au développement des parasites et pathogènes auxquels sont sensibles les phoques marbrés. Leur disparition progressive entraînerait aussi une perturbation de la chaîne alimentaire de l'Arctique. Car le phoque marbré (ou annelé) est l'un des encas préférés des ours polaires, eux aussi menacés par la fonte des glaces.

2 Bientôt trop de femelles chez les tortues luth

Elle est la plus grande des tortues et le quatrième plus grand reptile du monde. En moyenne, elle pèse 500 kg pour 180 centimètres de longueur. Comment un animal aussi impressionnant peut-il être à la merci du changement climatique ? C'est simple. 

D'une part, l'augmentation des températures du sable pendant l'incubation des œufs de ces tortues géantes perturbe la détermination du sexe. Un sable de plus en plus chaud conduit alors à un nombre de plus en plus important de tortues femelles, déstabilisant ainsi peu à peu l'équilibre de la population rapporte l'UICN. Sans compter que cette augmentation des températures entraînent des anomalies et des problèmes de santé chez les jeunes tortues. 

D'autre part, l'augmentation du niveau de la mer comme de l'intensité des tempêtes accélère le phénomène d'érosion des côtes et peut aussi détruire les nids de ces tortues luth... Un constat qui pourrait bien s'appliquer à d'autres espèces marines.

3 Le poisson clown ne pourra plus jouer à cache-cache

Le poisson clown ne survivra-t-il plus que dans les dessins animés de Disney ?

Rendu populaire par le studio Pixar avec Le Monde de Nemo, le poisson-clown est un poisson d'une dizaine de centimètres, souvent orange et noir avec des bandes blanches sur le corps. Cette espèce entretient une relation mutualiste avec les anémones de mer, habituellement mortelles pour les poissons, dont ils se servent pour se cacher et se protéger de leurs prédateurs. 

Or, les récifs coralliens qui habitent ces deux espèces sont particulièrement menacés par le réchauffement climatique. Lors de ces dernières décennies, 30 à 50 % d'entre eux ont déjà été endommagés voire complètement détruits. Et l'acidification progressive des océans perturbent l'odorat des poissons-clowns selon l'UICN. Ceux-ci éprouvent alors des difficultés à se réfugier auprès de leurs anémones chéries.

4 Le Manchot empereur ne pourra pas échapper à l'océan

Le poésie du documentaire de Luc Jaquet sorti en 2005, La Marche de l'Empereur, dont la suite, L'empereur, sort ce 15 février 20017, a fait découvrir au grand public cette espèce de manchot. Celle-ci est également menacée. En effet, le réchauffement climatique chamboule les variations saisonnières des glaces. La banquise lui  est pourtant vitale selon l'UICN, tant pour les oisillons que pour les adultes en train de muer, dont les plumes ne sont pas waterproof…

Cette année, un an après le tournage, 2000 poussins de la colonie sur 3000 n'ont pas survécu, a indiqué Luc Jacquet le réalisateur de l'Empereur le jour de sa sortie de son nouveau film. 

Mais les manchots les plus menacés par le réchauffement vivent en Afrique du sud. La hausse de la température et la pêche intensive ont réduit leurs réserves de sardines et d'anchois. Résultat, écrit le Monde, il n'y a plus que 50 000 manchots d'Afrique australe, contre 2 millions à la fin du XIXe siècle : " En dix ans, de 2004 à 2014, le nombre de couples reproducteurs a chuté de 90 % dans les colonies sud-africaines situées au nord du Cap". 

5 Les koalas vont mourir de faim

Kbu6ir69lqc5sosct61s

Hélas, les Koalas n'ont pas diversifié leur programme alimentaire...

WIKIMEDIA COMMONS - THomas

Emblème de l'Australie, le koala se nourrit d'eucalyptus. Or, la qualité nutritive des feuilles d'eucalyptus est mise à mal par le taux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, explique un rapport de l'UICN sur les espèces et le climat. Les koalas pourraient ainsi souffrir de malnutrition voire de famine. 

Une urgence confirmée par une étude de l'université de Sydney, qui conseille de planter des eucalyptus ainsi que des arbres à feuillage fourni afin qu'ils puissent se protéger de la canicule. En effet, un quart de la population étudiée par le scientifique Mathew Crowther s'est éteinte suite à la canicule de 2009. Selon Le Monde, les koalas étaient 10 millions avant 1788 et ne sont plus qu'environ 43 000 aujourd'hui.

6 Le Béluga, victime collatérale du réchauffement climatique

Ynrajzpf4fiatbbhiivf

Le Béluga est aussi appelé baleine blanche, dauphin blanc ou marsouin blanc.

Flickr - Linda Balon

La baleine blanche, qui vit dans l'océan Arctique et subartique, possède l'un des sonars les plus sophistiqués de tous les cétacés. Si elle est menacée, ce n'est pas tant directement par les effets du changement climatique que par la manière dont celui-ci modifie les activités humaines. En effet, les conditions extrêmes de la région les avait jusque là limitées. Mais la fonte des glaces ouvre un passage pour nous autres humains. 

Et le nombre de bateaux naviguant à travers l'Arctique a déjà augmenté selon l'UICN. Leur bruit pourrait perturber le fameux sonar des baleines Béluga, qui ne seraient plus capables d'éviter les bateaux et risqueraient alors d'être blessées ou tuées. Sans oublier qu'activités humaines riment avec pollution… Quant au réchauffement climatique lui-même, il entraîne des événements météorologiques extrêmes qui pourraient faire augmenter les cas de baleines Béluga prises au piège par la banquise. En 2011, une centaine d'entre elles s'étaient ainsi retrouvées prisonnières des glaces en mer de Béring.

7 La fin de l'humanité ?

Frank Fenner, scientifique australien membre de l'académie des sciences nationale et de la Royal Society, affirmait dès 2010 dans un article de The Australian que l'humanité allait disparaître d'ici une centaine d'années seulement. En cause ? La surpopulation et… le réchauffement climatique. 

Pour ce microbiologiste, sommité de l'extinction des espèces, c'est inéluctable : "L'espèce humaine va s'éteindre. Peu importe ce que nous faisons maintenant, c'est trop tard." En bref, un enfant né aujourd'hui pourrait, selon lui, vivre assez longtemps pour assister à la fin de notre espèce. 

Ce qui paradoxalement soulagerait les autres espèces animales menacées d'extinction...

8 7 + 1 nouvel ours grâce au changement climatique

Vous connaissez les "grolars" ? Cette nouvelle sorte d'ours a été observée au Nord du Canada par des spécialistes de la faune. Aussi surnommé "pizzly", cet ours blanc aux tâches marron est né d'une femelle ours polaire et... d'un mâle grizzly ! Car le réchauffement climatique poussent les ours blancs à se déplacer vers le Sud et les ours bruns vers le Nord. Serait-ce un indice des capacités naturelles des animaux à s'adapter au changement climatique ? L'avenir le dira.

Nous suivre

Facebook black Twitter black Linkedin black

Plus d'articles dans Anticiper

Partager 8 Linkedin white 38 Facebook white Twitter white Email white Plus white