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7 innovations flippantes dignes de la série Black Mirror

Anticiper Par Ronan Autret 21 mars 2018

7 innovations flippantes dignes de la série Black Mirror

Des abeilles robots bientôt dans nos jardins ?

Greenpeace
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Découvrez les innovations technologiques bien réelles qui pourraient prendre une tournure terrifiante comme dans la série de Netflix Black Mirror.

« Je ne m’attendais pas à vivre dans le futur, mais putain ! j’y suis. » La détective qui enquête sur une série de meurtres commis par des abeilles-robots dans un épisode de la série d’anticipation Black Mirror ne croyait pas si bien dire. D’abord parce que le site Business Insider vient de révéler que l’entreprise Walmart(le Carrefour américain) avait déposé dès 2016 un brevet imaginant des sortes d’abeilles artificielles autonomes capables de voler de fleur en fleur pour polliniser les plantes et les cultures. Ensuite parce que dans la vraie vie, la réalité semble parfois dépasser la science-fiction mise en scène par Black Mirror. Comme par exemple le projet Neuralink du techno-gourou milliardaire Elon Musk, dont l’objectif à très court terme est d’augmenter nos capacités intellectuelles et physiques grâce à des implants cérébraux. Réalité virtuelle, avatars, biotechs, intelligences artificielles, cyborgs et omniprésence de la technologie dans nos vies quotidiennes : le monde de la série britannique est déjà le nôtre. Pour le meilleur en théorie et parfois pour le pire. En voici la preuve à travers 7 innovations complètement flippantes sur le plan éthique et pourtant bien réelles.

1 Nectome, la start-up qui vous promet la vie éternelle en vous faisant mourir

Cette société californienne aurait-elle découvert le secret de la vie éternelle ? Elle propose en effet à ses clients de conserver leur cerveau dans de l’azote liquide en attendant de le télécharger au sein d’un programme informatique, d’ici environ un siècle si tout va bien. Ainsi, en échange de la somme de 10 000 dollars, les heureux élus accèderaient à l’immortalité en uploadant leur esprit sur le cloud au sein d’un jeu vidéo façon Second Life. Dans ce nouvel univers 100% numérique, leur conscience, leur mémoire, leurs émotions, leurs souvenirs et leur libre arbitre demeureraient intacts promettent les initiateurs du projet, des spécialistes en neurosciences issus du MIT. Et si faire une copie de votre cerveau sur une clé USB vous tente, si vous êtes fasciné par l’idée d’intégrer un jour un nouveau « corps » synthétique, sachez qu’il y a quand même un petit problème : la procédure est 100% fatale et implique que vous soyez euthanasié. Etre tué pour devenir immortel, après tout, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs !

Perso, ça me file les jetons mais il y en a d’autres que ça fait rêver : 26 personnes ont déjà réserver leur place sur la liste d’attente en attendant que la technologie soit complètement au point. Et une première patiente volontaire s’est faite congelé le cerveau 2h30 après son décès.

Malgré les incertitudes qui pèsent sur sa technique, Nectone a déjà levé plus d’un million de dollars pour financer ses expériences au sein de Y Combinator, l’incubateur qui a vu naître Airbnb, Dropbox ou en encore Reddit, rien que ça.

2 Ambrosia, la start-up qui vous transfuse du sang de teenagers pour rester jeune

7 innovations flippantes dignes de la série Black Mirror

Le secret de la jeunesse éternelle enfin décrypté ?

iStock

Les vampires existent vraiment et ils habitent Monterey, en Californie. Dans cette petite ville américaine connue essentiellement pour son aquarium, une start-up appelée Ambrosia Plasma recrute actuellement 600 patients âgés de 35 ans et plus pour se faire transfuser du sang de jeunes de 16 à 25 ans. S’injecter du sang d’ado dans les veines permettrait en effet de stopper certains effets du vieillissement comme le diabète ou Alzheimer. Le boss d’Ambrosia, Jesse Karmazin, un médecin diplômé de Stanford, y croit dur comme fer. Selon ce Dracula high-tech, les effets du traitement seraient déjà visibles au bout d’un mois. Coût de l’opération pour accéder à cette fontaine de jouvence moderne ? Environ 8000 dollars.

Et si aucune étude scientifique sérieuse ne permet de valider cette méthode plutôt glauque, cela n’empêche pas les futurs clients de se bousculer. Une centaine au total, pour l’essentiel de riches retraités et des « techos de la Bay ».  Le milliardaire Peter Thiel, cofondateur de Paypal, dirigeant de Facebook et ex-conseiller numérique de Donald Trump est très excité par cette ruée vers l’or rouge même s’il n’est pas lui-même pratiquant. Obsédé par sa propre mort, il partage le rêve (ou le cauchemar ?) transhumaniste d’un être humain à la longévité démultipliée, voire immortel. Après tout, pour lui la mort n’est qu’un problème technique à résoudre et le vieillissement une maladie à combattre…

3 With Me, l’appli qui vous permet de prendre des selfies avec les morts

7 innovations flippantes dignes de la série Black Mirror

Jamais l’expression « immortaliser cet instant » n’a aussi bien porté son nom.

Elrois

« Ma grand-mère est décédée il y a quelques années et je regrette vraiment qu’elle soit partie sans que nous ayons pris une photo ensemble. Je ne peux plus prendre de photo avec elle à présent. »  Alors Eun Jin Lim a eu une idée : créer une application pour continuer à passer de bons moments avec ses proches décédés. Cette appli mobile d’un genre plutôt spécial s’appelle With Me  et elle est actuellement développée par l’entreprise sud-coréenne Elrois. Son principe ? Faire apparaître sur l’écran de votre smartphone, grâce à la caméra du téléphone, l’avatar numérique d’un ami ou d’un membre de votre famille disparu. Et grâce à la magie de la réalité virtuelle, continuer à converser avec lui, lui faire faire quelques gestes simples comme par exemple saluer avec sa main, et surtout prendre des selfies en sa compagnie. Immortaliser des souvenirs que l’on n’a jamais eu avec un être cher, il fallait y penser…

Bon, il y a quand même une petite condition préalable à laquelle vous ne pourrez pas échapper : il vous faudra avoir scanné en 3D, de son vivant, le visage de votre cher disparu. On n’ose imaginer la tête de votre meilleur ami ou de vos parents lorsque vous leur demanderez de passer dans la cabine de scan truffée d’une centaine de caméras…

4 La « Digital-to-Biological Converter », la machine à imprimer des êtres humains

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L’imprimante 3D du futur ?

syntheticgenomics.com

Bienvenu dans un monde où, au lieu de transporter les astronautes au cours d’interminables et très coûteux voyages vers d’autres planètes,  on pourra directement les imprimer sur place. Dingue, non ?

Imprimer un être humain… Cette idée folle a germé dans le cerveau de Craig Venter, un biotechnologiste américain spécialiste du génome humain. Venter est loin d’être un savant fou : superstar des généticiens, il est le premier chercheur à avoir réussi à créer de la vie synthétique. Son  entreprise, Synthetic Genomics, a inventé une élégante machine, la « Digital-to-Biological Converter» qui peut imprimer de l’ADN, des virus et même certains types de vaccins. Une drôle d’imprimante qui, selon son concepteur « nécessite de l’encre mais à la place des couleurs, ce sont des flacons chimiques ». Son invention a eu l’honneur de la très sérieuse revue Nature Biotechnology et grâce à elle, Venter aurait réussi à constituer la plus petite des vies, composée de 437 gènes. Bon, on est encore loin des 20 000 à 35 000 gènes contenus dans le génome humain et ce n’est pas demain qu’on pourra imprimer Thomas Pesquet ou votre belle-mère sur Mars. En attendant, Elon Musk, encore lui, rêve d’utiliser la machine de Venter pour imprimer des bactéries synthétiques qui pourraient nous aider à coloniser la planète rouge… C’est un bon début.

5 Le biohacker qui voulait devenir un surhomme

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Super Josiah.

Facebook

Depuis qu’on est tout petits, on sait qu’il suffit d’avaler des épinards pour avoir des avant-bras surdéveloppés comme Popeye. Désormais, grâce à Josiah Zayner, un ancien de la NASA diplômé en biophysique moléculaire, tout ça c’est du passé.

L’homme est l’une des stars des « biohackers », ces chercheurs de l’extrême qui tentent d’augmenter les capacités de leur corps en s’implantant des dispositifs électroniques ou en essayant de modifier leur propre génome. Le 4 octobre 2017, en direct sur Facebook, Zayner a utilisé un ciseau génétique pour modifier l’ADN des cellules de son avant-bras. Cette technique découverte en 2015 est aussi appelée le « scalpel de la génétique ». En gros, il s’agissait de s’injecter une solution destinée à neutraliser le gêne de la myostatine, une protéine qui bloque la croissance musculaire. Débarrassés de celle-ci, les muscles de Zayner devraient se mettre à grossir de façon spectaculaire en quelques mois.

Ce « Do it yourself » appliqué à la manipulation du vivant n’est qu’un début pour lui. Estimant que, « dans le vieux monde de la science », les choses ne bougent pas assez vite, il appelle les apprentis sorciers du biohacking à réaliser toutes sortes de transformation de génie génétique  directement à domicile. Sa société, TheODIN, commercialise même en toute illégalité des kits à cet effet sans tenir compte des mises en garde des autorités sanitaires américaines.

6 Le Big Data pour trier les bons et « mauvais » citoyens chinois

Il fallait s’y attendre, l’intérêt et les possibilités infinies du Big Data n’ont pas échappé au PCC, le Parti Communiste Chinois. Grâce à la collecte massive de données sur ses citoyens, le gouvernement fixera bientôt une note globale à chaque individu. Un commentaire critique sur la politique, une attitude négative au travail, un propos grossier, un vélo mal garé ou un feu rouge grillé ? Hop ! Des points en moins. Une publication sur les réseaux sociaux favorable au régime, l’achat de produits Made in China ou d’une belle voiture, l’obtention d’un diplôme ? Hop ! Des points en plus. Simple et basique.

Baptisé SCS (pour Social Credit System) , ce dispositif de contrôle social totalement inédit par son échelle attribuera à chaque individu un indice de « désirabilité », un peu comme sur Tinder. Il sera donc possible de distinguer en permanence les « bons » des « mauvais » citoyens et de punir les déviants.  Les mieux notés auront un accès facilité à l’emploi et à certains services, comme les transports publics, les bonnes écoles, les logements sociaux ou encore les prêts. Mais attention : la fréquentation d’une connaissance pourvue d’une note faible pourra leur faire perdre des points comme pour l’héroïne de « Nosedive », le premier épisode de la saison 3 de BLACK MIRROR. Les « mauvais » citoyens, eux, ne pourront plus acheter de billet de train ou d’avion ni s’inscrire sur un site de rencontres. Ils pourraient même se voir privés d’internet voire de visa.

Le système sera opérationnel en mai 2018 en Chine mais d’autres pays pourraient bien succomber à la tendance.  En Occident, une start-up vient de lancer Credo, une appli qui évalue votre réputation et soumet votre identité et votre comportement aux notes des internautes. Et aux Etats-Unis, les banques utilisent déjà des notes pour accorder ou refuser un prêt. Le début de la fin on vous dit…

7 Citizen, l’appli pour dénoncer les criminels

7 innovations flippantes dignes de la série Black Mirror

Donner un coup de pouce à la police via son smartphone, c’est désormais possible.

Citizen

La surveillance de tous par tous… Ce rêve de dictateur est désormais une réalité grâce à l’application américaine Citizen.

Grâce à elle, il est possible de signaler en temps réel les individus suspects ou dangereux depuis son téléphone. Officiellement, Citizen envoie à ses utilisateurs une sélection des appels les plus dangereux pour la population reçus par le 911, le numéro d’appel d’urgence aux Etats-Unis. L’objectif est que les membres de sa communauté aident la police à identifier et arrêter les criminels. Comment ? Tout simplement en « live streamant » les crimes, délits et autres incidents ou incivilités dont ils sont témoins. Ici, il n’est pas question d’intervenir pour régler les problèmes en s’improvisant justicier, comme le prévoyait une version précédente de Citizen, interdite depuis par l’Appstore. Mais une fonction permet cependant de signaler tous les problèmes suspects à la police, une vraie incitation à la délation…

Citizen est aujourd’hui disponible à New York et San Francisco. On imagine avec frayeur les dérives que le développement de telles applications de surveillance généralisée pourrait causer avec son lot de délits de faciès et de dénonciations abusives. Et si Big Brother était finalement en chacun de nous ?

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