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7 raisons de kiffer Mélenchon quand on est de droite

S'étonner Par Valérie Morales-Attias 10 avril 2017

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Mais ne lui répétez pas...

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Il affole la gauche, mais il sait aussi séduire l’autre bord. Avec le tribun de la France insoumise, la politique, c’est enfin romanesque. 

Le Mélenchon nouveau est un bon cru. Devenu le troisième homme de cette Présidentielle de 2017, où il se présente en solitaire, on reconnaît à l’adversaire un certain panache. Il déjeune aristo sans honte, supporte sans broncher les hommages appuyés d’un Eric Zemmour enamouré, se libère du bloc communiste sans complexe pour se lancer seul dans l’aventure d’une vie. Son courage nous plait, son souffle gaulliste aussi, alors pourquoi ne pas le recruter sur 7 points. 

1 C’est un « sang mêlé »

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Jean-Luc, 20 ans... Un petit air attachant d'Henri Tachan. 

DR

On like grave. Depuis Sarko, le couplet du « petit Français de sang mêlé » est un vrai concept de droite. Né au Maroc, de parents Espagnols immigrés en Algérie, Jean-Luc est en plein dedans : le bon gars aux origines sociales modestes, expatrié, qui s’élève dans la société à la force du poignet, bref, c’est un Rocky cortiqué. Et Rocky, c’est de droite. Mélenchon, c’est un patriote old school. Plus Français que lui, tu meurs. Il démarre son Littré au quart de tour, fait la peau au démon des origines, et vomit à la hussarde sur le jus sanguini. Enfin, notre homme défend, avec le Sarko de la belle époque, la nation « comme conscience morale ». A bas la France moisie, maurassienne ! Le droit du sol fait partie de la tradition française. Et c’est Sarko qui l’a dit en premier (avant de changer d’avis, mais bon).

2 Franc-maçon comme papa

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Mélenchon au Grand Orient, période cravate rouge.

Pas simple de sauter le pas quand on est un ex-trotskiste consciencieux. C’est que la tradition communiste est vénère sur le sujet. Ils assurent connaître la musique sur ces bonhommes en toges qui aident en catimini les possédants à mieux dépecer la classe populaire. D’ailleurs, à la belle époque, Trotski cassait souvent du maçon: « La franc-maçonnerie est une plaie mauvaise sur le corps du communisme français. Il faut la brûler au fer rouge. »

Mais, notre gars, lui, est un vrai rebelle. Contre sa famille politique, il suit les traces de son propre père. C’est 1983 qu’il déchire la chemise et devient frère Jean-Luc au Grand Orient de France. Une décision d’autant plus méritante qu’il expérimente une curieuse solitude au sein de cet environnement empesé, dont il défend les valeurs avec la folle vigueur du converti. Seul, comme Lucky Luke, mais à cheval sur un vrai credo, la République. « Le lieu où se conserve le fil d'or. Où traverse notre histoire. Les temps profonds". Ouais.

3 Transfusé au Gaullisme

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Poing levé, front de gauche... mais menton gaullien. 

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Tremble, égoïste Allemagne !  Car qui l’eut cru ? Le Gaullisme historique est désormais sa grande affaire. Mélenchon souverainiste, chantre vintage de notre armée, glorieuse sa race,  il vote pour l’indépendance nationale, oui, oui, le Général est de retour, debout comme un seul homme, et tant pis pour l’ensemble de la Gauche toujours clouée sur son atlantisme tradi. Bon, on oublie que Méluche, au temps des cerises, appelait à la révolution des institutions. C’est qu’aujourd’hui, notre gars est libre. Dégagé du bloc communiste, il lève les couleurs de sa révolte perso : renflouer la Vème République, vieilles valeurs, drapeau, discours vibrants et grand Peuple. La base, quoi.

4 Féministe, il tient la route sévère

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Une certaine conception du féminisme, certes. 

Avec lui, on sait où on va. Et on va tout droit à la Dignitas and Gravitas, la maxime romaine favorite de ce César du féminisme. A la manif de 2013, contre la violence faite aux femmes, il est un héros. Debout contre toute la presse qui le titille sur la réouverture des maisons closes, il disjoncte noblement et on comprend que les putes, c’est pas son truc du tout. Juste un business qui permet à l’argent du crime de semer dans les paradis artificiels, de grosses fleurs du mal.  Et non, non, on ne paie pas pour jouir. C’est la hchouma.

Féministe, Mélenchon,  l’est sur toute la ligne. Pas comme ses petits copains, déjà sacrément épinglés par les Chiennes de Garde qui sont très claires : non, le féminisme n’est pas soluble avec la gauche pour laquelle les problèmes spécifiques des femmes seront résolus une fois que le peuple aura pris le pouvoir. Bon, pour nous, c’est du pain bénit, tout contents que nous sommes de rappeler que la droite a fait quelques beaux jours dans la vie des françaises : c’est un parlement de droite qui en 1967 a voté la loi Neuwirth autorisant la contraception, et bien une femme de droite qui a porté la loi Veil sur l’avortement. Alors, on dit bienvenue à Méluche parmi nos Illustres et on accepte de lui faire un petit café pendant qu’il prend le micro.

5 Il a des potes d’extrême droite

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Patrick Buisson, cadré serré

Groupe gaulliste

Voilà notre homme bien labyrinthique… Et la révélation est de taille. Badaboum, voilà qu’on apprend que Méluchon fraie avec le Buisson, ex directeur du journal quasi facho « Minute ». Cette histoire d’amitié secrète, c’est mieux que du Laclos et notre Valmont se drape dans la dignité blessée du Marquisard. Oui, il connaît un peu Buisson, mais de liaison, il n’y a point. Honnis soient qui bien y pensent pourtant fortement. Démasqué par deux journalistes d’investigation, notre gauchiste favori a bien du mal à se défendre. Buisson serait son Conseiller occulte. Celui-ci aurait même persuadé notre poulain de quitter le parti socialiste en 2008. (Ce qui n’est pas plus mal, pensons-nous dans notre entre-soi). Notre Méluche nie vigoureusement, mais la charge est lourde puisque cet enfant des pavés s’est pavané à la remise de médaille de l’ancien lanceur de la « génération d’Occident ». En gros, il nous dit qu’il y est allé pour rigoler. C’est tout. D’ailleurs, notre champion rajoute que Buisson et lui, c’est une histoire de bar. Quelques verres à propos d’un bouquin qu’écrivait l’ardent Buisson et dont Méluche a aussitôt oublié le sujet. Comme Sarko s’est déjà fait avoir sur ce coup, on y croit. Les yeux fermés.  

6 il kiffe notre Jeannot (d’Ormesson)

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Cherchez l'intrus !

Tous les deux s’entendent comme larrons en foire, c’est un fait. Et ça y va à fond. Du côté du comte, il pleut des « mon ami, Jean-Luc », tandis que depuis les barricades, on entend notre Méluche, susurrer, transi, des « Je me rengorge d’avoir eu l’honneur de déjeuner chez Jean d’Ormesson » (phrase réelle et charmante). Bref, ils s’adorent et comme tous ceux qui s’aiment, tous deux tentent de trouver des compromis. Une tambouille consensuelle et bienveillante qui nous fait sourire, ça donne quelques éclairs méritoires : Mélenchon : « La finalité de la révolution citoyenne, c’est de régler les problèmes, pas de faire la révolution ». Et D’Ormesson, olympique : « Lula, oui. Chavez, non ». Enfin, cerise sur la pièce montée, tous deux sont ok pour supprimer les pauvres. Nous, à la différence de Jean d’O, on se doute bien que Méluche est aussi ok pour supprimer les riches. Ce taquin veut la peau de tout le monde, quoi.

7 C’est un amoureux romantique

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Dans Gala, il nous parle du quinoa. Heureusement qu'il y Closer pour nous parler de Saida.

Elle est belle, elle est brune, elle vient du Sud et ils ne se quittent presque plus. Mélenchon, toujours jaloux de sa vie privée, défend bec et paluches, sa compagne depuis presque deux ans. Elle, c’est l’actrice-productrice Saida Jawad. L’histoire est belle et loin des libertinages fashion des progressistes bling. Bref, Mélenchon, c’est pas Beigbeder. Il ne recrute pas les jambes, mais la taille de la tête et ça tombe bien, Saïda est une intellectuelle. Comme il se doit, ils se sont rencontrés autour d’un film sur l’illettrisme et l’analphabétisme, deux fléaux contre lesquels tous deux luttaient chacun de son côté. Depuis, sur Closer, on lit que les amoureux se sont « cherchés » et « ont appris à se connaître », démarches sentimentales et furieusement conservatrices, qui nous plaisent bien.

Enfin, on apprend que Saïda, en grande forme,  envisagerait d’adapter le livre de Valérie Trierweiler au cinéma. Une grande amie à elle. Nous pensons que Saïda Jawad a du génie.

8 7 + Une mise à jour qui confirme ce qui précède

Depuis sa première mise en ligne le 14 septembre 2016, cet article a été confirmé par d’autres.  « "Pourquoi pas Mélenchon ?" Des jeunes de droite s'interrogent... », s’interroge l’Obs. En fait, le candidat insoumis fait lui-même des œillades appuyées en direction du « peuple » de droite comme le remarque Atlantico. Et il assume désormais pleinement un positionnement gaulliste.

Car après avoir siphonné une grosse partie des voix de Hamon dans les sondages, Mélenchon doit bien trouver ailleurs les quelques points qui pourront le faire passer au delà de 20 % et donc accéder au second tour…

Les électeurs de droite choqués par les cupides turpitudes de Fillon et révulsés par la mondialisation décomplexée de Macron pourraient alors bien succomber au panache mélenchoniste. Et la chronique intuitive de Valérie Morales-Attias deviendrait alors rétrospectivement un article prédictif…

E.L.B.

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