7x Anticiper 7x Inspirer 7x Décrypter 7x Savoir 7x Faire 7x Recommander 7x Surprendre
Recevoir la newsletter 7x7

7 scènes cultes de Quentin Tarantino

Recommander Par Hervé Resse 07 juillet 2019

7 scènes cultes de Quentin Tarantino

Quentin Tarentino

wikipedia
1 2 3 4 5 6 7 8

Ames sensibles s’abstenir. Même si nous n’avons pas sélectionné que des scènes d’ultraviolence, ce brave Quentin donne rarement dans la romance…

Quoi que... Avant de tourner Reservoir Dogs (sorti en France en 1992), Tarantino avait, précisément, signé le scénario de True Romance, qu'il avait ambitionné de réaliser. Mais Tony Scott s'en chargerait.

En ce mois de Juillet, combien sommes-nous qui piaffons d’impatience? La sortie de Once Upon a Time In Hollywood, Tarantino millésime 2019, est annoncée pour le 15 août, et l'on se contente pour l’heure du trailer.  L’audacieux, corrosif, cruel, cynique réalisateur s’attaque ici à l’univers du cinoche américain de la fin des sixties, avec en toile de fond, si l’on a bien compris, « l’affaire Sharon Tate », alors compagne de Roman Polanski, qui allait devenir l’affaire Charles Manson , nom du gourou psychopathe qui avec quelques comparses avait procédé à son meurtre barbare. 

Manson fut arraché à l’affection des siens en 2017. On peut du moins le remercier d’avoir (à ce qu’il parait) inspiré à Paul McCartney son vertigineux Helter Skelter, qui bien plus que les premiers Deep Purple ou Led Zeppelin, inventait ce qu’on appellerait bientôt le Hard Rock.

Mais revenons à Tarantino. Chacun de ses films regorge de séquences culte. Le plus dur est chaque fois de choisir, et « choisir, c’est renoncer », comme le disait André Gide qui ignorait que son nom serait un jour associé à cet américain du Tennessee. Coupable de nombreux méfaits cinématographiques, Quentin y  dévoile avec gourmandise la cruauté de l’humain, qui le dispute à sa cupidité, sa perversité, mais aussi à sa savoureuse aptitude à se retrouver héros des situations les plus invraisemblables. 

Trois bonnes raisons d'espérer ce nouvel opus (annoncé comme moins violent que les précédents) : 1. Brad Pitt, déjà convoqué pour Inglourious Basterds, y retrouvera 2. Leonardo Di Caprio qui figurait à l’affiche de Django Unchained. 3. Et le film traitera de la fin du rêve hippie, flower power et tutti quanti...  cinquante ans pile poil après Woodstock (15 août 1969)..

Le titre est un hommage on ne peut plus limpide à Sergio Leone, un de ses maîtres, si souvent salué dans ses films précédents. Nous vous proposons sept séquences inoubliables tirées de sept des huit films déjà sortis de l’auteur. Oui, curieusement, la bande annonce en évoque huit déjà tournés. Nous en trouvons neuf… à moins que les deux épisodes de Kill Bill ne comptent que pour un seul.

Jouez donc à notre grand jeu : sans l’aide de Google, bien entendu, saurez-vous retrouver les deux titres de films que nous avons injustement passé à la trappe ?

1 Scène culte : La plus fun dans Reservoir Dogs

Ce coup d’essai fut un coup de maître. 

Le "pitch" ?  

De mauvais garçons tous plus ou moins psychopathes partent sur un braquage qui va mal tourner. Pour le malheur de tous. Destiné à être réalisé avec les moyens du bord, le projet attire l’œil d’Harvey Keitel qui accepte d’y figurer et impulse une vraie dynamique. A sa suite, Tim Roth, Michael Madsen sans oublier le lunaire et génial Steve Buscemi renforcent le générique, où figure aussi Tarantino soi-même. 

Le film est d’une violence rare, hémoglobine et tortures à profusion. Il choque autant qu’il enthousiasme la chronique. Tous les ingrédients du Quentin’s style sont déjà là. Phénoménales séquences de tension jaillissant sans préavis, narration déstructurée déboussolant le spectateur, et clins d’œil permanents à la pop culture, au rock, au cinéma de genre et d’auteur. On pourrait de ce film tirer cinq ou six autres séquences, fameuses. Notamment celle au rasoir. Mais commençons soft. 

Dans cette bande, tout le monde aura son pseudo, c’est le boss qui l’a décrété. Las, l’hilarant Steve Buscemi n’est pas satisfait du sien. « Mister Pink ? Pourquoi moi ? » « Parce que tu es une tapette, voilà pourquoi » ! « Hey les gars qui veut changer avec moi » ? « Pourquoi je serais pas Mister Purple ? c’est bien aussi ! » "C’est facile pour toi de trouver ça cool, toi t'es Mister White ! ». Le décalage créé illustre à merveille que ces malfrats sont avant tout de damnés crétins, voleurs avant de devenir d'impeccables bouchers. Pas la moindre violence dans cette scène, devenue fameuse par son côté absurde.

Une phrase culte du film ?

Dans une autre séquence, deux des olibrius en uniformes de pingouins, costards et cravates noires, chemises blanches, rayban wayfarer, dissertent autour du titre Like A Virgin de Madonna : 

"Mr. Brown: Je vais te dire de quoi ça parle, "Like a Virgin". C’est l’histoire d’une fille qui aime les mecs à grosse queue. Toute la chanson n’est qu’une métaphore sur les grosses queues.

Mr. Blonde : Non, non. Ca parle d’une fille misérable. Elle s’est trop faite baiser, pas mal de fois, maintenant elle rêve de croiser un mec qui serait un peu plus sensible… "

Le Hit ?

Comme souvent, la Bande Originale est truffée de morceaux des sixties excellents, oubliés, relancés par le choix du réalisateur : Ici, savourons Stuck in the Middle with You des très confidentiels Stealer Wheels.

2 Scène culte : La plus cool dans Pulp fiction

L’auriez vous-vu au Québec, ce serait sous le titre un tantinet moins attirant de « Fiction Pulpeuse ». N’importe, même si on est en droit de penser autrement, on peut s’accorder, globalement, pour affirmer que Pulp Fiction est LE chef d’œuvre de Tarantino. Palme d’or à Cannes 1994, jury dirigé d’une main de fer par Sa Saigneurie Clint Eastwood, qui sait ce que filmer veut dire. On tient là un irrésistible déferlement de scènes toutes devenues inoubliables, enchaînées en dépeçant allègrement toute hypothèse de chronologie, sans pour autant déconcerter un instant le spectateur, qui se laisse guider. Remettre les histoires dans le bon ordre est le genre de jeu propre à occuper petits et grands les soirs de veillée. 

Casting explosif, Tarantino en tueur junkie, Samuel L.  Jackson, Bruce Willis, Harvey Keitel et la sulfureuse Uma Thurman en héroïnomane chic. On retrouve ici ces deux accros, shootés jusqu’aux yeux, dans cette exceptionnelle danse sur du Chuck Berry. L’un et l’autre au sommet : Uma Thurman à l’ouest mais concentrée, Travolta totalement parti lui aussi, mais cool, et cent fois meilleur que dans Saturday Night Fever.

Le Hit ? 

Outre ce You Never Can Tell de Chuck B., on peut aussi savourer ce Girl, you’ll be a woman soon, reprise d’un titre de Neil Diamond par un groupe indépendant nommé Urge Overkill. Un autre de ces innombrables exemples de la réalité post-moderne, définie par Warhol : « chacun sera une star durant cinq minutes ».

Une phrase culte du film ?

"Vincent  (Travolta) : Devine comment ils appellent un « Quarter Pounder with cheese », à Paris ? 

Jules (Samuel L. Jackson) : … Un « Quarter Pounder with cheese »?

Vincent : Mon cul ! « Quarter Pounder », ça va pas avec leur système métrique. 

Jules : Mais alors quoi ? 

Vincent : Ils disent « Royal Cheese » 

Jules : Ah ouais... Royal Cheese. Et un Big Mac ? 

Vincent : Big Mac c'est Big Mac. Mais ils disent « LE » Big Mac.

Jules : Le Big Mac... Haha ! Et comment ils disent Whopper ?

Vincent : J'en sais rien, je suis pas allé chez Burger King."

3 Scène culte : La plus gore dans Death Proof

Un des rares échecs commerciaux de Quentin, qui voulait ici rendre hommage aux films de poursuites en voiture; ainsi qu'aux cascadeurs, sur lesquels il revient d’ailleurs dans le nouveau « Once Upon A Time In Hollywood ».

Le Pitch ? 

Un psychopathe (Kurt Russell) en automobile suréquipée s’en prend à de malheureuses qu’il expédie vers l’Enfer par cette technique fort bien maîtrisée, qu’illustre l’extrait choisi. Pour l’anecdote on remarquera au générique la présence du producteur Harvey Weinstein, depuis mondialement connu pour son traitement également discutable de la gente féminine. Weinstein a produit quasiment tous les Tarantino. 

Nul ne saurait donc être TOTALEMENT mauvais. Ce qui ne change rien à la réalité #metoo. 

Le Hit ? 

Pas sûr que même un grand manitou de la culture rock, puisse citer sans hésiter le nom du groupe ici entendu, « Dave, Dee, Dozy, Beaky, Mick and Tich ». Hold Tight, en français « Tiens bon »…  assez judicieux au vu de ce qu'il advient… Figure aussi dans cette B.O. l’excellent Jeepster du regretté Marc Bolan, leader de T.Rex.

Une phrase culte du film ?

"- Alors Pam c’est par où chez toi... à gauche ou à droite ?

- À droite.

- Ah c’est dommage, parce que t’as choisi d’aller à droite, tu vas être obligée de commencer à avoir la trouille. Maintenant."

Là encore toute influence du dénommé Weinstein n’est probablement que coïncidence… Quoi que…

4 Scène culte : La plus féministe dans Kill Bill 1

Ou si l’anglicisme vous fait horreur, appelez-le « Tuer Bill » comme à Montréal. Le film est en deux épisodes, les femmes en sont les vraies héroïnes, et Bill (David Carradine, inoubliable Petit Scarabée de la série Kung-Fu de nos lointaines adolescences), le monstre froid qui les a créées. 

Le Pitch ?

Kill Bill est l’histoire d’une vengeance dont on n’apprend les ressorts qu’au fil des séquences, là encore déstructurées, signature de l’auteur. 

Le casting féminin réunit rien moins que Uma Thurman, Lucy Liu, Vivica A. Fox et Daryl Hannah, bande de tueuses joliment dénommée « Détachement International des Vipères Assassines ». Rappelons que la scène ici proposée est celle qui ouvre le premier opus, et concluons sans barguigner qe Quentin avait mis haut la barre… 

On peut adorer Kill Bill. Pour moi, je ne fais qu’un reproche à l’épisode 1, la longueur fastidieuse de la tuerie au Japon, platement répétitive, qui pouvait largement être raccourcie. Ce n'est qu'un avis.

Le Hit ? 

De cet épisode 1, on retiendra le Bang Bang de Nancy Sinatra, fille de son père, adapté en français par l’inoubliable petite fille de français moyen, Annie Chancel, plus connue sous le nom de Sheila. Qu’on ne s’imaginait pas non plus citer dans un article sur Quentin Tarantino.

Une phrase culte du film ?

« La vengeance n'est jamais une ligne droite. C'est une forêt. On peut donc facilement s'y égarer, s'y perdre, oublier par où on est entré ».

On se tue à vous le répéter.

5 Scène culte : La plus trash dans Kill Bill 2

La suite de Kill Bill 1, oui vous avez bien suivi. Autre scène culte de l’univers tarentinien, avec clin d’œil, c’est le cas de le dire, à Sergio Leone qu’il affectionne tant. Gros plans sur les regards, juste avant l’assaut. Même si comme les autres, les extraits ne sont pas doublés, on comprend fort bien de quoi il est question, le Maître a été tué par celle qu’il avait énuclée… Le reste appartient à l’histoire… 

Une phrase culte du film ?

« On dit que le tueur en série qui fait le plus de victimes parmi les vieux, c'est la retraite. La plupart des gens qui ont du boulot ont tendance à vivre un peu plus longtemps pour le faire. Un guerrier et son ennemi ont ce même genre de relation. Alors maintenant que tu n'as plus ton ennemie à affronter en combat singulier, quel sentiment est le plus fort en toi ? Le soulagement ou le regret ? »

6 Scène culte : La plus morale dans Django Unchained

Un intéressant article de l’Obs à l’occasion de la sortie en France de Django Unchained, ose la question qui mérite peut-être d’être posée, en tous cas, ni plus ni moins qu’une autre : même s’il s’agit de dénoncer l’oppression,soit l’objet même de ce film racontant l’esclavage, la violence chez Tarantino n’est-elle pas excessive, et complaisante parfois ? On pourrait tout aussi bien, (ce n’est qu’un avis) se demander si on ne chanterait pas par hasard un peu trop dans les films de Jacques Demy. Ou si la filmographie de Laurel et Hardy n’abuserait pas un peu des gags à répétition. 

Oui, la violence est partout dans l’œuvre de Tarantino, dramatisée, esthétisée, inattendue, absurde, délirante, surjouée parfois. C’est son style. Et si vous n’aimez pas cela, n’en dégoûtez pas les autres. Non ?

Là encore, pour cet hommage au Western Spaghetti, le casting était haut de gamme : Jamie Foxx, Christoph Waltz (déjà présent dans Inglourious Basteards), Leonardo DiCaprio, tout juste ignoble, et Samuel L. Jackson. 

Le Hit ?

Là encore, une bande originale top niveau, dont nous extrayons cette Ode à Django, rappée par le Master RZA, leader de Wu-Tang-Clan…

Une phrase culte du film ?

"- Django: Tu dis que tu as passé 66 ans sur cette plantation, tu as vu toutes les façons de maltraiter les « nègres », mais j’ai noté que tu n’as pas évoqué le « kneecapping » (faire exploser les os du genou d’un coup de revolver) [D’une balle, Django explose le genou de Stephen]

- Stephen: Oh, God! Motherf***er! Damn it! (en anglais dans le texte !)

- Django: Soixante-six années… Combien de nègres tu penses que tu as vu aller et venir durant tout ce temps ? Sept mille ? huit mille ? neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf ?  Tout ce qui a pu sortir de la bouche de Calvin Candie, ce n’était que de la merde de cheval, mais il avait au moins raison sur un point : je suis LE nègre parmi les dix mille autres ! [Et il lui explose l’autre genou…]"

7 Scène culte : La plus surprenante dans Inglourious Basterds

Le pitch ? 

Inglourious Basterds est une étrange uchronie. Uchronie ? Soit.  Qu’est-ce ? On appelle ainsi un récit d'événements fictifs, à partir d'un point de départ historique. Une réécriture de l’histoire, si l’on veut. Par exemple, dans le roman nommé Fatherland, l’auteur Robert Harris imaginait le destin des USA si les nazis avaient « gagné », et le national-socialisme régné en conséquence sur l’Amérique.

Ici, le propos est un peu différent : un commando d’américains juifs sème la terreur chez les nazis, scalpe les prisonniers dont leur chef, (épatant Brad Pitt) fait collection. Ce facétieux sculpte aussi au poignard de combat une croix gammée sur le front de ceux auxquels il accorde la vie sauve, qu’ils portent ainsi à jamais la marque de leur infamie. 

Le film permettait de découvrir l’acteur autrichien Christopher Waltz, exemple parfait du (très) méchant qu’on adore haïr tout le film durant.

Film évidemment déconcertant : les supposés gentils se révèlent aussi violents et sadiques que les présumés méchants. Mais c’est pour la bonne cause, et il y aurait là, probablement, matière à prolonger le déjà cité papier de l’Obs sur le sens de la violence dans l’œuvre de Tarantino.

Le Hit ?

Il fallait bien une musique d’Ennio Morricone, que QT a si souvent salué dans son oeuvre. Ce sera Un amico.

Une phrase culte du film ?

"Nous, on fait dans le massacre de Nazis … Et crois-moi, ces derniers temps l’activité est en plein boom !"

8 Un 7+ : culte et touchante : True Romance

Michael R., lecteur attentif et ami, propose d'ajouter ce commentaire: une scène émouvante précisément tirée de True Romance, qu'il n'a pas réalisé. Dennis Hopper y tient, dit-il, "magnifiquement tête à Christopher Walken". C'était le premier script du Quentin, écrit sur un coin de comptoir du vidéo club dans lequel il travaillait alors. Réalisé par Tony Scott, certes, mais il y a ses empreintes partout dessus. Et cette scène est juste magnifique", ajoute-t-il.

Merci de cet ajout!

Pour aller plus loin, Merci à Wikipédia qu’on ne présente plus pour la richesse de sa documentation sur la filmographie de Quentin T., sans laquelle ce papier n’aurait pas été possible. 

Et de même, en moins connu, remerciements et applaudissements au super Wikiquote dont sont tirées la plupart des citations proposées.

Vivement le 15 août, damn'it!!

Commentaires

Nous suivre

Facebook black Twitter black Linkedin black