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Le marché, ça marche ou non  ?

Surprendre Par Christophe Gérin-Roze 10 avril 2016

Le marché, ça marche ou non  ?

Emmanuel Macron a créé un clip pour lancer son mouvement. On y voit Paris. Mais aussi des personnes prises sur des banques d'images américaines et même d'un clip de Bernie Sanders. 

En MARCHE
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A l'heure où le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron se targue de remettre la France en marche, rappelons les 7 fondamentaux du libéralisme.

Le libéralisme, c’est quoi ? C’est la Révolution Française, la modernité de gauche contre le conservatisme de droite. C’est la théorie d’Adam Smith, un truc génial qui permet de construire des vertus collectives à partir des vices individuels. Autrement dit, construire la richesse des nations à partir de la cupidité des particuliers. Mais comment ça marche, en vrai  ? Suffit-il vraiment de ne rien faire pendant que la main invisible du marché se charge de tout ? Récapitulons sans capituler, le capitalisme finira par y retrouver ses petits. Et Macron, un programme qui va au delà d'un clip

1 Liberté d’entreprendre

L’État protège la concurrence libre et non faussée, sinon ça marche pas. D’où les lois anti-trust américaines, par exemple. Illustration  : si tous les boulangers s’entendent pour mettre la baguette à 2 euros, elle sera à 2 euros alors que c’est rentable à 30 centimes.

Si les investissements pour devenir opérateur énergétique sont colossaux, ces derniers imposeront des prix élevés car personne ne pourra lutter contre les deux ou trois opérateurs. Surtout si, en plus, ils doivent payer des campagnes de communication, et des employés pour appeler les gens et leur proposer des trucs (concurrence oblige).

Les boulangers de Meudon ayant signé un accord pour fermer un jour par semaine, le magasin bio du coin a été poursuivi et a renoncé à vendre du pain le dimanche. Même les invendus de la veille. Pas très libéral ? 

Quand on voit les tarifs des opérateurs énergie et télécommunications, on peut raisonnablement avancer que... ça marche pas très bien, en fait.

2 Libre circulation des capitaux

Ça marche très bien, surtout à Panama

3 Libre circulation des marchandises

Ça marche, ça pollue, mais ça permet d’exploiter les avantages comparatifs entre nations, comme la présence de ressources dans certains pays.

Par exemple, les travailleurs chinois n’ayant ni syndicats ni protection sociale ni retraite, la Chine a un avantage concurrentiel sur l’Europe par ses ressources humaines bon marché. La France forme les meilleurs fonctionnaires, elle a donc les meilleures grèves et les meilleurs chercheurs.

4 Libre circulation de la main d’œuvre

On ne l’a pas vraiment constatée, à part sur les meilleurs chercheurs.

Normalement, ça permettrait aux Chinois de venir travailler ici pour pas cher. Et on n’aurait plus besoin de délocaliser, et les retraites seraient financées.

Avec un peu de chance, quelques énarques se tireraient aussi, mais faut pas rêver.

5 Rationalité des agents

Normalement, chacun cherche exclusivement à maximiser ses profits et ses biens, sans aucun autre but. C’est ce qui permet d’assurer l’équilibre mathématique entre les prix, selon la demande et l’offre.

Si ça marchait, il n’y aurait pas autant de gens qui passent la nuit debout sans aucun salaire, pour défendre une législation qui profite aux autres.

6 Mobilité des facteurs

Non, on ne parle pas des gens qui distribuent le courrier à vélo, pas encore. On parle plutôt de la possibilité d’investir où l’on veut. Par exemple, dans le métro. Vous avez le droit d’acheter la ligne 1, qui relie La Défense à Vincennes en passant par le centre de Paris. Et fermer le tronçon Nation Vincennes, moins rentable. 

C’est pour ça que l’idéologie libérale des traités européens, et la Commission (nommée par les chefs d’État qui composent le Conseil), nous obligent régulièrement à privatiser des secteurs économiques qui marchaient très bien avant.

Attention, si on privatise les routes ça fera des économies d’impôts mais ça va devenir compliqué de circuler entre les péages, choisir entre les autoroutes premium et les routes parallèles moins chères pleines de trous et d’embouteillages. Mais ça limitera la pollution.

On pourrait aussi privatiser le littoral, les écoles, les hôpitaux, les musées, les rues, les chemins, les égouts, les paysages, le soleil, l'eau... c’est fait, et l’air. Comme ça on saura enfin le prix de l’air. 

7 Libre circulation des vélos électriques

Il n’y a aucun motif de sécurité valable pour limiter la puissance à un quart de cheval et la vitesse à 25 km/h, alors que les autres véhicules n’ont aucune limite, sauf 100 chevaux pour les grosses motos. Et les vélos électriques, même à la vitesse astronomique de 40 km/h, ne constituent pas un danger comparés aux 3000 morts par an.

D’ailleurs, Peugeot et aussi Moustache ont sorti un vélo électrique de 350 Watts, dont le moteur Bosch se coupe à 45 km/h. Or Peugeot, c’est français, et Bosch, c’est allemand (fabrication en République Tchèque). Je prédis donc, dans ma boule de cristal néolibérale, que la France va assouplir les règles d’ici une dizaine d'années (le temps de réformer), en créant une nouvelle catégorie genre “vélos électriques rapides”, avec des normes précises, et des laboratoires indépendants pour vérifier ces normes.

Comme pour les implants mammaires.

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