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Les 7 prochaines révolutions du mobile

Anticiper Par Eric Le Braz 23 juin 2017

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Un hologramme sur votre smartphone ? C'est prévu pour la fin 2017. Et c'est Leia, une start up franco-californienne qui l'a conçu. 

Capture Ecran LEia.inc
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Après le mobile first, le mobile only ? De nouvelles fonctionnalités vont apparaître dans les prochains mois. Et elles risquent bien d’accroitre encore notre dépendance au smartphone…

Un mobile, ça ne se prête pas. Voilà une évidence… dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences. « Avec le mobile, on est vraiment certain qu’un appareil est égal à une personne », résume Pauline Gouache, consultante du cabinet Equancy. Cette experte du marketing digital a exploré toutes les évolutions de ce nouveau monde qui tient dans la main. Un mobile = une personne, cela signifie que notre identité digitale est potentiellement transparente pour les marques… ou les Etats. Mais cela implique également que ce monolithe noir qui traine dans nos poches ou nos sacs est l’extension de nos sens et de nos neurones.

Les interactions avec le monde et notre capacité de raisonnement vont de plus en plus passer par le mobile. Dans les prochains mois et prochaines années de nouvelles fonctionnalités vont surgir ou se développer. En voici sept stupéfiantes, utiles… et un peu flippantes aussi.

1 Les smartphones plus puissants que les consoles

Super Marion run : on peut y jouer avec une seule main

Film promo de Nitendo

Et si l’industrie du jeu allait bientôt connaître le destin des fabricants d’appareils photo ? Autrement dit, un marché qui se fait siphonner par les smartphones. « On observe de vrais investissements des éditeurs de jeux vidéo sur le mobile, cela représente pour eux une opportunité de diversification et de conquête de nouveaux types de joueurs » décrypte la consultante Pauline Gouache du cabinet Equancy.

Nintendo a déjà lancé son jeu Super Mario Run sur mobile, via une application. Ce qui est un véritable changement de stratégie  pour le fabricant. Et ce pari (Nintendo espèrerait en vendre un milliard…) a été possible car on atteint désormais une puissance graphique qui permet de jouer sans ralentir le jeu et sans bug d’affichage. Des études ont démontré qu’en 2018, la puissance graphique des smartphones sera supérieure à la dernière génération des consoles de jeu.  Les smartphones seront alors plus puissants que la PlayStation 4 !

D’une formule Pauline Gouache synthétise cette révolution : « Dans quelques années, on tiendra dans la main l’équivalent d’une Xbox. Bien sûr, au niveau de la qualité graphique et de  l’aspect immersif du jeu, les consoles restent reines. Les progrès de la réalité virtuelle avec l’Oculus Rift par exemple remettront peut-être ça en cause ».

Hyper Mario, c’est pour bientôt.

2 3D : un hologramme dans mon smartphone

Le teaser de l'holophone par la startup LEIA.

LEIA Inc.

La princesse Leia  n’est pas morte. Son hologramme vit toujours. Et il s’appelle bien Leia en hommage à la star de StarWars. Leia, c’est une start up californienne, fondée par des Français, qui s’est alliée à Altice. Leia est l'unes des 50 startups les plus prometteuses selon Forbes. Et ses promesses sont époustouflantes. 

Avec Leia, on aura une impression de 3 D directement sur son téléphone. Fini les cartons sur les yeux et pas besoin de casques réalité virtuelle. C’est la 3D sans lunettes.

Cette technologie spectaculaire est bien plus intéressante que la télé en 3D car on peut interagir avec l’écran. Un petit reportage dans Télé Matin explique tout ça très bien.

Jeux, itinéraires routiers, selfies en 3D, meeting de Jean-Luc Mélenchon ou, à terme, communications avec votre princesse préférée… on imagine toutes conséquences de ces innovations.

La technologie existe et fonctionne. Et Altice a déjà annoncé que le le smartphone holographique 3D sera commercialisé par SFR avant la fin 2017.

Reste de nombreuses interrogations sur le prix et surtout l’autonomie d’une innovation qui sera probablement très gourmande en énergie…

3 On va "shazamer" le monde

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Je craque sur le sac. Je shazame la fille. Je claque 999 $.  

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« Grâce aux nouvelles fonctionnalités des appareils photos des téléphones, les technologies de reconnaissance d’image au cœur du commerce de  demain : il devient possible de ‘shazamer’ des produits »,  explique Pauline Gouache, consultante chez Equancy. Cette technologie est beaucoup plus perfectionnée qu’un QR code : « Les algorithmes sont « éduqués » à reconnaitre telle ou telle image et à proposer quelque chose de ressemblant ».

Cette reconnaissance par l’image, c’est ce que les commerçants US appellent le snap to buy. Une technologie intéressante pour le business et plus efficace qu’une recherche  par le texte. C’est certain que si vous tapez « robe imprimée motif fleurs bleus », vous avez 600.000 résultats dans Google. Tandis que la photo du motif peut vous conduire directement au produit…

« Nous travaillons avec des e-commerçants qui ont intérêt à faciliter la recherche dans leur base de produits par une image »,  poursuit l’experte d’Equancy.

Le smartphone conduit à la boutique… et le produit en rayon dialogue avec le téléphone. C’est le « phygital » qui enrichit,  grâce au numérique, l’expérience en magasin. On pourra, en flashant un produit, obtenir des infos complémentaires, acheter une taille ou une couleur qui n’est pas présente en magasin. « Il y a déjà des cintres connectés qui affichent le nombre de like que le produit sur le cintre a obtenu sur Facebook, raconte Pauline Gouache. Les magasins ne sont pas morts, ils sont en train de se transformer en  touchpoint où le physique et le numérique se mélangent pour enrichir et simplifier l’expérience de marque ».

L’idée, c’est que vous arrivez dans une boutique avec un smartphone dans la poche. Et que vous repartez… avec rien dans les mains.

« Le magasin devient un show room qui soigne la présentation des produits et la relation client, avec un aspect beaucoup plus qualitatif ». 

Et ça existe déjà ! Décathlon teste le concept dans le Nord.  Et le giga projet Europacity que la même galaxie Mulliez veut implanter à Gonesse (Val d’Oise) est aussi basé sur des show room de marques. Bref, le magasin du futur connecté au smartphone aura toujours des vendeurs (bon ce sera peut-être des robots, certes) et des produits en démo. Mais pas forcément de stocks...

4 Nous sommes tous capturés par les capteurs

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Pour capturer Carapuce, il faut des capteurs. 

Pixabay

Dans n’importe quel téléphone, il y a au moins 10 à 15 capteurs de base. Certains peuvent vous géolocaliser dans le trafic. D’autres jouent sur l’orientation pour voir dans quelle direction pointe le mobile.

Il y a aussi des capteurs de pression de plus en plus sophistiqués : 4096 niveaux de pressions dans le stylet du Galaxy Note 7 de Samsung !

Dernièrement, d’autres capteurs liés à l’air  ont été ajouté : température, humidité, pour les appli de météo ou  mesure la concentration des poussières et des particules dans l’air…

« C’est illimité. On installe des capteurs UV dans certains pays. Il y a des monitoring du fœtus pour grossesses difficiles. Le téléphone devient un vrai coach qui fait l’interface avec d’autres objets connectés, pour l’instant des montres et bientôt, peut-être, des objets intégrés dans l’humain », prédit Pauline Gouache. 

La géolocalisation est déjà très utilisé par les marques. Galileo va encore l’améliorer et de nouveaux bluetooth se développent. La précision dans la donnée devient de plus en plus pointue. Bref, rendez-vous, vous êtes cernés et capturés par les capteurs ! Maintenant que les téléphones deviennent waterproof, on nous capte jusque sous la douche.

Mais on vous aura prévenu. Et après c’est à chacun de trancher : « jusqu’où abdiquer sa parcelle de liberté et de libre arbitre pour le service qu’on nous rend… », résume Pauline Gouache.

5 Balisés par les beacons

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On marche... et on gagne : à condition de se laisser "tracker". 

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Rien à voir avec un must du british breakfast ou un peintre expressionniste anglais, les beacons sont des petits objets (qui ressemblent parfois un peu à des silex) que les commerçants installent un peu partout pour vous suivre à la trace. Ce sont de petites balises de géolocalisation (beacon se traduit par balise ou signal) et il y a effectivement de quoi baliser si on est un peu parano. Car si vous passez dans l’allée des produits frais chez Leclerc, vous pouvez recevoir une notification vous informant d’une promo de 15 % sur les Danettes. A condition certes de donner l’autorisation et plusieurs fois : en téléchargeant l’application mobile de la marque ou du magasin en question, puis en acceptant de recevoir des notifications via bluetooth. Sinon, il n’y aucun moyen pour la marque de « traquer » le consommateur .

Bon, en fait cette technologie n’a pas encore vraiment convaincu en France mais elle est encore balbutiante. Aux Etats-Unis en revanche, la campagne « Walk in & win » qui organisait de micro-moments de promotions  chez Macy’s a cartonné pendant le Black Friday.

6 Big brother is scoring you

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Le système des bons points du Crédit Sesame. 745 sur 950 : c'est un bon score. 

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Avez-vous vu le premier épisode de  la saison 3 de Black mirror sur Netflix ? On vous le conseille. Intitulé, Nosedive (chute libre), il raconte un futur très proche où tous nos rapports sociaux passent par le scoring. Votre collègue vous déplait, un vendeur n’est pas sympa ou votre voisine a fait un pet de travers: hop, vous lui baissez sa note sociale sur une appli. Un peu comme si c’était un chauffeur d’Uber.

Bon, Uber, c’est un écosystème fermé et Black Mirror, une fiction. Maintenant, imaginez une  "super app" : « elle peut cumuler de nombreux services, usages, ... et devient un hub de trafic», explique Pauiline Gouache d’Equancy.  Cette super app regrouperait toutes les possibilités de scoring possibles : si vous faites du bruit la nuit, si vous cumulez des contraventions, si vous payez vos factures en retard… vous aurez une mauvaise note. A l’inverse, si vous consommez local, si vous avez de bonnes fréquentations sur les réseaux sociaux et si vous réglez vos factures rubis sur ongle, vous augmentez votre score. Et donc, entre autres, vos possibilités d’avoir un bon taux de crédit immobilier… ou un visa pour l’étranger. 

Eh bien, ce système existe en Chine. Baptisé Crédit Sésame, c’est une des fonctionnalités d’Alipay, l’appli à tout faire de l’entreprise de Jack Ma, Alibaba.

« Il faut dire qu’Alipay est une source d’information gigantesque, raconte Morgan Bonnard, directeur général d’Equancy à Shanghai :  si vous êtes flashé sur la route, vous recevrez une notification via Alipay, avec tout l’historique de vos contraventions et de vos données personnelles ».

Il n’y a pas qu’Alipay. Le crédit Sésame est pour l’instant expérimenté par une dizaine de sociétés. Mais à terme, c’est l’Etat qui veut contrôler tout le système de crédit social en le rendant obligatoire en 2020.

Bref, votre smartphone devient un peu un big brother… c’est en tout cas la crainte exprimée par quelques médias en France. Mais en Chine, sacrifier un peu de liberté au profit de la sécurité ne pose pas de problèmes : « Plus que la sécurité, ce que les consommateurs chinois veulent ce sont des avantages et bénéfices ce qu'un bon sesame score permet. Les Chinois sont des utilisateurs pragmatiques qui n'ont pas du tout la même notion de vie privée que les occidentaux donc pour eux la question ne se pose pratiquement pas», résume Morgan Bonnard. Un concept qui fonctionne bien dans un univers imprégné de confucianisme mâtiné de consumérisme… Mais quand on note un chauffeur Uber ou un hôte AirBnb, sommes-nous si éloignés de cette mentalité ? 

7 Installez un robot dans votre messagerie

KLM on messenger : le chatbot qui vous guide dans l'aéroport.

KLM

Le Chatbot, c’est un robot qui vous parle dans votre téléphone. Il peut être doué ou non d’intelligence artificielle : « Dans les faits, il s’agit encore souvent d’un mix humain/robot qui vous répond ! » nuance Pauline Gouache d’Equancy. Et il commence à prendre ses aises dans les messageries instantanées au point que certains se demandent s’il ne va pas remplacer les applis. 

Prenez par exemple le chatbot de KLM hébergé par Messenger dont la vidéo ci-dessus résume les fonctionnalités. Ce bot permet, quand vous achetez votre billet, de vous abonner à des notifications via Messenger de Facebook. Puis tout au long de votre parcours, le chatbot KLM vous donne des infos liées à votre vol : « Il nous informe de la porte d’embarquement et nous envoie, directement, dans le fil de la conversation la carte d’embarquement. On n’a plus à la rechercher désespérément dans nos emails. Quand il y a un retard, il nous prévient », souligne Pauline Gouache du cabinet Equancy.  Et si on veut changer de siège, et même, parait-il,  si on cherche les toilettes dans l’aéroport, le chatbot nous répond aussi.

« En fait, on part d’un contenu web classique, estime Pauline Gouache. Mais le bot transforme le contenu en conversation tel un assistant.  Les opportunités et donc les questions pour les marques sont multiples : quel usage pour mon bot, où dois-je le positionner : sur Messenger, sur mon site ? Nous les aidons à répondre à ces questions et à tester leur stratégie.».

La grande nouveauté, c’est que le chatbot n’est plus l’apanage des big companies ou des e-commerçants. Une start up française propose désormais aux petites entreprises de programmer un bot sur Messenger, sans passer par un développeur. « Notre mission, c’est de démocratiser le chatbot et de permettre à n’importe qui, même à un particulier de créer son propre chatbot. », explique Benjamin Merritt, cofondateur d’itsalive.io. Allez voir, c’est assez bluffant. Et on vous en donnera bientôt des nouvelles chez 7x7… Signé un humain (pour l’instant).

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