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Micro-usines, micro-fab, micro-prod… le micro, c’est méga tendance

Anticiper Par Philippe Cahen 01 mars 2018

Micro-usines, micro-fab, micro-prod… le micro, c’est méga tendance

Une micro-usine d'imprimantes 3 D, la nuit.

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Oubliez les économies d’échelles, les grosses unités de production, les gigantesques complexes industriels… Du moulin à la micro-brasserie, little is beautiful. 

Micro micro micro tout est micro dans notre vie !

N’exagérons pas ! Il y a du maxi, du méga, du giga.

Mais toute de même, le micro nous envahit. Non pas le micro de notre smartphone, mais les micro-usines, les micro-productions.

Pourquoi ? Parce que à côté de la fabrication de produits mondiaux, on retrouve le local, plus réactif, plus sûr, plus rapide et pas forcément plus cher.

1 La micro-usine mobile et automobile

Micro-usines, micro-fab, micro-prod… le micro, c’est méga tendance

Usine de poche pour la Vache qui rit... mais 100.000 portions produites par jour quand même !

Bel

Les micro-usines de Peugeot-Citroën ne sont pas des modèles réduits de feu Poissy. Non. Il s’agit plutôt d’ateliers de montage pour tester un marché. Imaginons un pays qui veut développer son industrie automobile. Le coût est très élevé de tout fabriquer sur place. PSA propose un atelier de montage de l’ensemble de pièces détachées produites ailleurs. Alors oui, c’est monté sur place, à un rythme lent mais suffisant pour tester un marché. C’est le cas en Tunisie, Ethiopie et Kenya, au Kazakhstan, au Paraguay, au Nigeria, Vietnam et en Malaisie. Les micro-usines produisent 1.000 à 15.000 véhicules par an.

Et la micro-usine peut aussi devenir une usine de poche ! C’est le groupe Bel qui teste en Côte d’Ivoire la fabrication de Vache qui rit. L’usine est composée de 14 conteneurs, démontables et donc déplaçables. Le lait est importé, la fameuse Vache qui rit est fabriquée sur place par 20 personnes. Une manière encore de tester un marché avant de construire une usine plus grande et en dur. Dans cet immense continent en mutation, Bel n’est pas le seul à avoir créé une micro-usine. La coopérative danoise Arla Foods a créé un site mobile de lait en poudre pour un budget 8 à 12 fois plus faible qu’une usine « normale ». Et si les micro-usines mobiles étaient le futur de l’industrie ?

2 L’imprimante 3D, une micro-usine à elle toute seule

Comment assembler un vélo imprimé  (vidéo officielle de Sculpteo)

L’imprimante 3D est sans doute le symbole de la micro-usine. Elle fabrique un produit de nature industriel dans un espace petit. Et cela va du vélo à la commande hydraulique d’Airbus. Sculpteo a fabriqué un vélo en 3D (métal, découpe laser et polymère) et les deux designers du projet ont effectué 1.000 km en Californie pour prouver la solidité et la fiabilité du vélo. Boeing a des pièces en Titane imprimées en 3D, Airbus répond en fabricant par Liebherr un bloc de vannes en poudre de titane, de l’actionneur de spoiler qui permet de déployer les aérofreins situés à l’arrière des ailes. La pièce est plus légère donc moins chère. L’imprimante 3D remet en cause les usines !

3 Une centrale électrique sous vos roues

Micro-usines, micro-fab, micro-prod… le micro, c’est méga tendance

Site pilote de Wattway à la Réunion. 

© COLAS – Hervé DOURIS

Demain votre route produira de l’électricité. C’est Wattway. Créé par Colas. Vous connaissez Colas qui construit nos routes. Eh bien Colas mélange du silicium recouvert d’une résine translucide avec des granula de verres. Et ceci couvre la route. Et la route fournit de l’électricité. Les projets sont mis en œuvre en France, bien sûr, mais aussi aux États-Unis (site pilote en Géorgie) et dans bien d’autre pays. Ce sont de petites productions d’électricité mais lorsque la voiture électrique sera reine, alors les lieux de charges se multiplieront.

4 Micro-fab ou micro-recherche ?

Micro-usines, micro-fab, micro-prod… le micro, c’est méga tendance

Makers en pleine action au FabLab ProtoSpce d'Ultrecht aux Pays Bas.

Guy Sie / Wikimedia

Un Fablab n’est pas un fabuleux labyrinthe mais un laboratoire de fabrication. En France, en 2010 à leur apparition, les fablabs étaient la tendance « underground » de la fabrication. L’innovation collaborative avec des méthodes « open source » s’annonçaient comme le futur de l’industrie à la manière Linux ou Wikipedia. 

En 2017, les Fablabs emmenés par des passionnés bénévoles ne tiennent pas financièrement. Les unités qui fonctionnent demandent un abonnement mensuel de l’ordre de 150/200€ ce qui permet au « makers » d’avoir des machines performantes disponibles. Les porteurs de projets y trouvent leur compte. Finalement, les fablabs se rapprochent des pépinières d’entreprises avec des moyens et méthodes différentes. Finalement, les fablabs sont de micro-centres de recherche opérationnelles. 

5 Le retour des moulins à eau et l'essor des toitures solaires

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Au moulin de Lugy (Pas-de-Calais), on produit de l'électricité et on fait du pain (bio). 

https://www.youtube.com/watch?v=rMDMDdCy4LM

La petite hydroélectricité, c'est 1800 centrales en France  parfois de simples moulins anciens. Rien à voir avec les grands barrages en concession ou les micro-barrages soumis à autorisation. La somme de ces petites installations représente tout de même deux réacteurs nucléaires ! Une manière de sauver le patrimoine et de produire local, micro local.

En fait, chacun peut aujourd’hui devenir micro-producteur. L’autoconsommation solaire se développe à destination des particuliers depuis juin 2016. Chacun sur sa maison, sur son immeuble, sur son garage, pourra produire son électricité. Et l’équilibre pourra être trouvé au niveau du  pâté de maisons, même avec des entreprises. D’ailleurs, les grands surfaces commerciales (IKEA, Castorama, Casino, E.Leclerc, etc.) utilisent de plus en plus leurs toitures, les ombrières de parking ou des charriots, pour produire de l’électricité parfois même avec de quoi recharger des voitures électriques.

6 Demain, j'ouvre une microbrasserie

La Damoise, couleur dorée et mousse épaisse, dans le Val d'Oise. 

Il y a en France en 2016 environ 900 microbrasseries. Certes, cela ne représente que 5 % de la bière consommée en France. Mais tout de même, c’est en forte croissance : le nombre de microbrasseries aurait doublé en cinq ans. Chacun peut s’installer comme brasseur artisanal. L’outillage a largement simplifié la mise en œuvre. Certaines microbrasseries mettent en avant la fabrication locale à partir des matières premières produites sur place, d’autres mettent en avant la fabrication sur place par le brasseur ou même par le client !

7 Micro et bio à la fois

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"Invitation à la ferme", un réseau de producteurs bio, pour mutualiser les  coûts et attaquer les grandes marques de l'agro. 

En industrie agroalimentaire, chacun connait la fabrication à la ferme et la vente directe, on dit en circuit court aujourd’hui, qui en découle. Evidemment, pour fabriquer des yaourts, tout change de dimension. On trouve aussi là de la micro-fabrication à cette échelle. 

C’est le cas de « Invitation à la Ferme ». Au départ, 9 producteurs laitiers bio de l’Ouest de la France mettent en commun leurs moyens. Chacun fabrique et vend dans des packagings personnalisés au nom du réseau : local et circuit court sous une marque qui défend son authenticité. Par rapport aux marques nationales bien connues, voire les moins grandes, on est bien dans une démarche de micro-production !

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