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Sept raisons de nous réjouir du Brexit

Anticiper Par Jean-Pascal Videau 01 avril 2016

Sept raisons de nous réjouir du Brexit

La Une du Daily Mail le 24 juin : "On s'en va !". Eh bien, on ne vous regrettera pas !

EPA ANDY RAIN
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L’Europe, tu l’aimes et tu la quittes. Eh bien messieurs les Anglais, puisque vous vous tirez les premiers, on ne va pas vous regretter... et on va même en profiter !

Ils ont dit "no". Nous sommes abasourdis. Les bourses s'effondrent. On nous annonce un krach. On prévoit le pire. 

Mais si c'était le meilleur qui était à venir ? Le leave l’a emporté, c'est une catastrophe pour la Grande-Bretagne. Et probablement une aubaine pour l’Hexagone. La preuve par 7.

1 La fin du (scandaleux) rabais british

Sept raisons de nous réjouir du Brexit

Maggie peut toujours frimer dans son sweat europhile en 1975 : elle nous a couté 1,4 milliard par an depuis plus de trente ans ! We want our money back !

« I want my money back », je veux qu’on me rende mon argent : la célèbre formule de Margaret Thatcher résume de façon lapidaire la vision européenne de la Grande-Bretagne, guidée par son intérêt financier et commercial au détriment de toute solidarité collective. Pendant 5 ans, jusqu’à l’accord de 1984, la Dame de fer bataille pour obtenir une remise au budget de l’Union, qui compenserait sa contribution à la Politique agricole commune, dont elle profite peu. 

Ce sont les autres pays qui financent chaque année ce rabais, et en particulier la France, qui contribue pour un quart du montant, soit 1,4 milliard d’euros environ en 2014. Et ce alors que la Grande-Bretagne est désormais plus riche que l’Hexagone, ce qui n’était pas le cas en 1984. Une sortie de l’UE va soulager le contribuable français… Qu’on nous rende notre argent ! 

2 De nouvelles négociations douanières à l'avantage de l'UE

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Fini la libre circulation des biens !

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Le corollaire immédiat du Brexit sera la fin de la libre circulation des marchandises avec l’Union, et l’instauration de nouveaux accords douaniers. Une telle remise à plat serait à l’avantage de l’Union, principal débouché économique de la Grande-Bretagne. 

Et l’arroseur va retrouver arrosé, puisque les eurosceptiques britanniques qui refusent de payer pour l’Europe vont se voir imposer une facture forcément plus lourde. Tout comme des règles qu’ils refusent absolument : si l’on prend pour exemple les accords avec la Suisse et la Norvège, la libre circulation des personnes pourrait être une condition à un accord douanier global, ce qui serait un comble pour une Grande-Bretagne barricadée jusqu’à présent dans son île.

Les conditions pourraient être d’autant plus dures que l’Europe pourrait vouloir faire un exemple qui décourage d’autres pays de partir. 

3 On soulagerait enfin Calais

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Attention, on peut les laisser passer....

DR

Conséquence du point précédent, la libre circulation des ressortissants européens signifierait aussi la fin du point de fixation de Calais, puisque les passages ne seraient a priori plus contrôlés entre la France et le Royaume-Uni. Et même si l’Europe n’arrivait pas à imposer une telle libre circulation, ce qui serait surprenant, la France pourrait décider qu’il n’est plus de son ressort d’assumer la politique migratoire britannique, très restrictive. C’est d’ailleurs ce que suggère Emmanuel Macron. Au final, la Grande-Bretagne qui se plaint d’abandonner sa souveraineté au profit de l’Europe pourrait la perdre un peu plus sans bénéficier des avantages de l’UE.

4 La clarification européenne, c’est maintenant

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L'europe à la carte, c'est maintenant ?

maginea

L’accord conclu le 20 février ouvre la porte à une Europe à la carte, où les pays qui le souhaitent peuvent avancer dans une intégration plus poussée. Une situation complexe, qui ferait cohabiter des intérêts très divergents et risquerait de compliquer un jeu européen qu’on peut sans risque qualifier d’ultra embrouillé. Avec le Brexit, c’est clair et net : l’UE, on l’aime ou la quitte.

5 La délocalisation de la City à Paris.

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A nous les belles tours ! Voici la nouvelle skyline de la Défense...

Flickr

C’est probablement l’un des effets les plus jouissifs du Brexit : de nombreuses banques envisagent désormais de réimplanter des équipes à Paris, Dublin ou à Francfort en cas de Brexit. Car la City réalise plus de 40% de ses transactions avec l’Union européenne, des transactions d’ailleurs libellées… en euros. 

La banque d’investissement de HSBC, qui compte 5.000 cadres dans la capitale britannique, compte en transférer 1.000 à Paris. Tout comme l’américaine Goldman Sachs, qui pense également à un déménagement sur le continent. 250 banques étrangères sont implantées au sein de la City, bénéficiant à la fois du régime britannique mais aussi du cadre juridique européen leur évitant de solliciter pour leurs produits d’épargne, par exemple, une autorisation dans chaque pays de l’Union. Sans ce cadre confortable, pourquoi rester à Londres ? 

6 Un peu d'english bashing...

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Les froggies à plumes vous saluent bien

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Ils adorent nous détester, mais leur claquer le beignet après tant d’insolence fera un bien fou. Le temps où Boris Johnson, le maire de Londres, draguait sans vergogne les entrepreneurs français leur vendant des conditions idéales pour se développer, sera bien révolu. De paradis économique, la Grande-Bretagne deviendra un enfer commercial et un piège douanier redoutable. A nous de dérouler le tapis rouge pour les entrepreneurs anglais !

Au-delà des bénéfices économiques, les européens peuvent enfin se moquer de l’isolement britannique et de son calcul complètement manqué. Fini, les négociations sans fin, les chèques à rallonge, les bras d’honneur aux valeurs humanistes, le cynisme financier. Et le train européen pourra peut-être enfin repartir, d’un pas plus léger. 

7 C’est bon pour la francophonie

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64 millions d’anglophones exfiltrés de l’Europe, ce n’est pas une paille. Certes, il restera une poignée d’Irlandais (4,6 millions) qui se refusent à parler gaélique et une pincée de Maltais (446.000), mais au total les locuteurs anglophones "natives" seront à peine plus que 5 % de la population de l’UE. Et on voudrait garder l’anglais comme langue officielle ? Rappelons-nous que le français fut longtemps l’idiome des diplomates en Europe…

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