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7 choses que vous ignorez probablement sur les terres sauvages

Savoir Par Lavaud Ann Daoust 15 avril 2017

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Expédition ICESCAPE dans l'Arctique pour étudier l'impact du changement climatique.

NASA/Kathryn Hansen
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De l’Amazonie aux pôles en passant par les confettis isolés de l’empire, petit tour du monde des terres sans hommes, ou presque.

L’Amazonie est une forêt sauvage… où les hommes avant Colomb ont privilégié les espèces qui leur étaient utiles. C’était avant que le fer abatte le bois. En Antarctique et en Arctique, l’exploration continue, sous des vents violents que l’homme ne maîtrise pas. De la forêt à la glace, 7 secrets sur des mondes mystérieux et parfois cruels.

1 Une Amazonie ensauvagée

Passionnant entretien avec l'archéologue Stéphen Rostain au sujet de son livre Amazonie, un jardin sauvage ou une forêt domestiquée. (Quartier Latin sur YouTube).

La forêt amazonienne, une forêt vierge entre enchevêtrement de lianes et d’arbres. Pleine de dangers, emplie de silence. Eh bien, oui, eh bien non ! La forêt amazonienne a connu sa part d’hommes. 

On pensait que la forêt n’avait été qu’entamée, taillée récemment par l’homme, on sait aujourd’hui que l’impact des populations avant l’arrivée de Christophe Colomb a été crucial sur la forêt actuelle : 45% des plantes cultivées en Amérique proviennent de l’Amazonie. Un Homo présent à la Préhistoire, puis des hommes, des villages cultivant, plantant, débroussaillant la forêt, et puis testant de nouvelles sortes de culture, inventifs, laborieux. 

Dans son livre « Amazonie », l’archéologue de terrain Stéphen Rostain décortique trente ans de recherches sur l’archéologie de la Guyane. On y découvre un milieu en expansion, en jachère, en culture où la sauvagerie de la forêt reprend régulièrement son emprise. Vous êtes partant ?

A lire : Amazonie, un jardin sauvage ou une forêt domestiquée, de Stéphen Rostain, éditions Actes Sud/Errance.

2 Les ice shelves de l’Antarctique

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Jason Auch / Wikimedia

Ce ne sont pas des icebergs mais des ice shelves, d’immenses plateformes glaciaires flottantes. Ici au Pôle Sud, ce ne sont pas les hauts de hurlevents, les « Wuthering Heights », le roman né de l’imaginaire d’Emily Brontë, ici la fureur n’est pas celle des hommes, mais celle des vents rugissants de Vostok en Antarctique. Le thermomètre est déjà en deçà de ce que vous pouvez supporter, à -89°C, les températures sont les plus froides du globe. Et les 15 millions d’années qui ont passé, ont vu la glace s’amasser, gelant les eaux, craquelant la terre pour former ce glacier de 14 millions de km2 et de 2 kilomètres d’épaisseur du pôle. Et l’étendue de la terre que balaient ces vents rugissants couvre une fois et demi la surface de la Chine. Et le pôle n’est pas plat, ce n’est pas une vallée de glace, ce sont des monts, des pics de 4 kilomètres de hauteur. En certains endroits, l’homme n’a pas encore laissé sa trace. Alors l’exploration vous tente ?

A lire : Atlas des pôles, d’Eric Canobbio, éditions Autrement.

3 La fureur de la crue

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La crue vue de l'espace...

Nasa/ wikimedia

Dans la région au nord de l’Amazone, encadrée, inondée, baignée par l’Amazone au sud, l’Orénoque au nord et le rio Negro à l’Ouest, le fleuve est noir, son eau est concentrée en acides humiques venant de la matière végétale en décomposition, noire et curieusement limpide. Et ses eaux sombres et claires se mêlent aux eaux blanches à l’aspect laiteux et troublé du Madeira, du Solimoes ou du Japura. Le fleuve Amazone aux deux couleurs bien distinctes, poursuit sa route longtemps, faisant cohabiter le sombre et le pâle dans sa course vers l’Océan Atlantique.

On est au Brésil, où la couleur est reine, où la palette des sols, des hommes, du fleuve Amazone ne cesse de nous provoquer, de nous inciter aux rencontres. Car l’Amazone est un fleuve sauvage, aux crues brusques, hautes de onze mètres qui viennent noyer les sous-bois, affleurent sa canopée, enrichissent la palette des verts de la plus grande forêt du monde, la nourrissant, la fertilisant. Construisez votre arche… 

A lire : Amazonie, un jardin sauvage ou une forêt domestiquée, de Stéphen Rostain, éditions Actes Sud/Errance.

4 Saint-Paul, l’île maudite

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Ici, seules les îles Kerguelen sont à portée de mille marins, très exactement à 1280 kilomètres et la petite île de l’Antarctique que baigne l’Océan indien est isolée de tout.

En pleine crise de 1929, des ouvriers partis y préparer des langoustes, qui abondent, vécurent des jours horribles. Isolés, seuls, avec des vents qui peuvent dépasser les cent kilomètres à l’heure, les oubliés de Saint-Paul affrontent le scorbut, qu’ils ne savent pas soigner. La moitié en mourra.

Plus tard, toujours poussés par la crise, des Malgaches, venus récolter les langouste, périront sur l’île, touchés par le béribéri. La conserverie a fermé ses portes, et l’île au volcan n’abrite aujourd’hui que des espèces d’albatros, des manchots royaux qui ont failli périr bien avant les hommes, traqués et dévorés par les rats et les chats débarqués des navires.

Aujourd’hui, le bout de terre a rejoint les « réserve naturelles nationales des Terres australes françaises ». L’arc de cercle de terre dont le centre est la mer ou plutôt le cratère éteint d’un volcan rouge s’arcboute sous le vent, île oubliée au sud du sud.  

5 Des forêts sauvagement tronçonnées

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Charles Mann tournait déjà la page de la légende de la forêt vierge. Non, la forêt amazonienne fut cultivée, bien avant le débarquement des conquistadors, mais ceux-ci le surent-ils jamais… Car les populations, éradiquées par les épidémies dont étaient porteurs les animaux domestiqués des conquistadors, ont été terrassées avec leurs structures sociales. Et ceux qui en louent les mérites égalitaires sont étonnés de savoir qu’ils se réfèrent à des sociétés qui relèvent du mythe, des sociétés vierges de toute hiérarchie. Désormais les chercheurs subodorent que les tribus restantes sont les héritières des hommes préhistoriques qui peuplèrent l’Amérique du Sud, mais que leurs sociétés étaient bien plus policées que ce que l’on constate aujourd’hui.

Donc, on remonte le temps avec les archéologues pour découvrir l’histoire de l’Amérique avant les conquistadors, avant la domination inca. Ce que l’on sait, c’est que les fruits, les plantes et certains arbres sont les descendants de vergers, d’une région parcourue de canaux, de champs surélevés, butés par les habitants de l’Amazonie. Et qu’il faudrait continuer à enrichir cette forêt en plantant. Sinon, le Sahara brésilien nous fera périr de chaleur en plus d’affronter des ouragans terribles.

A lire : 1491,  Nouvelles révélations sur les Amériques avant Christophe Colomb, Charles C. Mann, éditions Albin Michel.

6 Le plus petit des océans de la planète fait son intéressant

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L’Océan arctique est le plus petit de nos océans, mais c’est celui qui varie le plus. En effet, les plus grands fleuves sibériens lui apportent leur eau douce. L’Ob, la Lena, entre autres fleuves russes, et le Mackenzie, lui est canadien, s’y déversent. Donc le plus petit des océans est un témoin important tant du réchauffement climatique que de l’étude affinée de la banquise. Et c’est à frissonner, car la banquise diminue, et ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’état de la planète.

A lire : Atlas des pôles, d’Eric Canobbio, éditions Autrement

7 On abat bien les arbres

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390 milliards de troncs et moi et moi et moi...

Wikimedia

L’Amazonie, nous dit Stéphen Rostain, c’est dix fois la France, 390 milliards de troncs. Donc, pas de problème, raisonnent ces messieurs agrippés sur leur tableau Excel, on peut continuer ce que l’on a commencé : 2000 arbres tombent à la minute, et ce ne sont pas moins de 743 000 kilomètres carrés qui ont été déboisés ces quarante dernières années.

Alors tirons la conclusion suivante, on a intérêt à se trouver très vite une planète rouge et une étoile bleue ou une zone verte, à tirer des fusées de Guyane, oui juste en Amazonie, pour fuir l’atmosphère terrienne que l’on rend irrespirable à grands renforts de bulldozers et de troncs coupés. Mais pour évacuer la planète, il faudra combien de vaisseaux spatiaux ? La question reste posée aux forts en thèmes aux tableaux de commande. Il serait peut-être plus raisonnable de planter au lieu d’abattre. 

A lire : Amazonie, un jardin sauvage ou une forêt domestiquée, de Stéphen Rostain, éditions Actes Sud/Errance.

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