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7 conseils pour développer des écosystèmes innovants et ... vivants !

Faire Par La Fabrique du Futur 12 avril 2018

7 conseils pour développer des écosystèmes innovants et ... vivants !
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Open innovation, Fablab, incubateurs, Living Lab prolifèrent partout pour libérer les énergies et développer l'innovation, 7x7 et la Fabrique du Futur vous proposent quelques idées pour développer des écosystèmes d‘innovation 4.0.

Depuis quelques années la notion d’écosystème s’est largement banalisée. Cela s’explique notamment par l’irruption rapide de la notion d’open innovation. Les grandes entreprises veulent interagir avec des startups et inversement. Les « labs d’innovation » fleurissent dans de nombreuses entreprises et les amènent à développer des liens de collaboration avec des acteurs d’innovation externes, et notamment avec des incubateurs de startups ou directement avec celles-ci. On voit aussi apparaître le concept d’excubateur par lequel des grandes entreprises externalisent des projets d’entrepreneuriat dans des environnements réputés plus ouverts et plus agiles. Preuve de cet engouement : une nouvelle fonction apparait même dans certaines entreprises, celle de CEO (Chief Ecosystem Officer).

Cette (sur)valorisation de la notion d’écosystème a abouti à la galvauder et à en dévoyer le sens. Il convient donc de revisiter le concept d’écosystème à l’aune de ces dérives et limitations constatées, des nouvelles exigences de transparence et d’équité, et des nouvelles possibilités technologiques.

Il convient donc de retourner aux sources pour appréhender les caractéristiques intrinsèques d’un écosystème. Ce terme d’écosystème a été forgé par Tansley en 1935 pour désigner l’unité écologique de base constituée du milieu et des organismes qui y vivent. Le terme a par la suite été repris par Moore (1993) pour désigner des systèmes d’acteurs entretenant des relations de coopétition. Dans un article récent, nous mentionnons les similitudes des écosystèmes d’innovation avec les écosystèmes naturels tout en pointant les limites de cette métaphore.

Si on veut que ces divers dispositifs servent réellement à produire de l’innovation, faisons les évoluer de systèmes largement mécanistes et artificiels en véritables écosystèmes, naturels ! Il est intéressant d’en revisiter le concept pour le réinventer à l’aune du vivant.

Auteurs : Eric Seulliet et Marcos Lima

1 Avoir un ancrage terrain

7 conseils pour développer des écosystèmes innovants et ... vivants !

Beaucoup d’écosystèmes d’innovation reposent sur des relations essentiellement virtuelles. A l’heure du web, celles-ci sont évidemment incontournables et ont leurs avantages. Néanmoins un écosystème 3.0 nécessite d’être ancré quelque part dans la vraie vie. Concrètement cet ancrage peut se traduire de diverses façons.

Ce peut être en étant localisé dans un lieu dans lesquels les membres de l’écosystème se rassemblent pour interagir et co-créer. C’est ainsi que de nombreux écosystèmes s’organisent autour d’espaces de rencontres aussi divers que des « labs d’innovation », des incubateurs, des fablabs... Un exemple d’un tel espace est l’emblématique « Station F » inaugurée l’année dernière à Paris. Ses 34.000m² sont partagés par des incubateurs, fonds d’investissement, services publics et grandes entreprises à la recherche de coopération.

Un écosystème s’ancre aussi grâce à tout élément qui contribue à forger son identité : une histoire, une culture, des traditions et savoir-faire.

En ayant une thématique centrale un écosystème sera d’autant plus efficace pour ses membres. Avoir un domaine privilégié d’application permet en effet de se focaliser sans se disperser.

Un écosystème d’innovation 4.0 se caractérise par ses racines profondes et solides, ancrés dans un territoire donné, lui permettant de mieux se développer et s’élever à la fois dans le monde virtuel et réel.

2 Etre transversal et multidimensionnel

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Arbre

Même si un écosystème a une thématique dominante, il est aussi par nature diversifié du fait de l’hétérogénéité de ses membres. C’est, en effet, en favorisant la transversalité et la trans-disciplinarité qu’un écosystème sera d’autant plus foisonnant et riche. Rappelons à cet égard la loi de Metcalfe qui énonce que plus il y a de possibilités d’interactions dans un réseau, plus ce réseau aura de la valeur. Un écosystème étant aussi un réseau, cette loi s’y applique.

On peut ainsi comprendre pourquoi l’écosystème d’une entreprise sera d’autant plus performant qu’il aura des frontières ouvertes et non rigides. C’est notamment en ne restreignant pas leur écosystème à leurs partenaires habituels (professionnels, experts) mais au contraire en l’élargissant à leurs clients et usagers que cet écosystème sera d’autant plus innovant.

Un écosystème productif doit non seulement favoriser les interactions mais aller plus loin et faire en sorte de favoriser des symbioses et de la coalescence entre les diverses initiatives lancées au sein de l’écosystème.

L’écosystème 4.0 est réellement axé sur la co-création à travers une structure flexible et adaptable

3 Etre ouvert et connecté

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Arbre

Un écosystème ne doit pas fonctionner en vase clos. Il sera d’autant plus productif qu’il sera ouvert sur d’autres écosystèmes et facilitera les connexions entre eux. On est ainsi dans l’open innovation « au carré ».

On constate depuis quelques années une prolifération accélérée d’écosystèmes d’innovation : incubateurs, accélérateurs, fablabs, clusters, pôles de compétitivité, « labs d’innovation » de tous types ...

Plutôt que de fonctionner en silos ces dispositifs doivent au contraire s’interconnecter. C’est à cette condition qu’ils pourront se revitaliser en se nourrissant d’apports extérieurs tout en  contribuant à diffuser un état d’esprit d’innovation.  Procter and Gamble est un bon exemple d’entreprise ouverte à son écosystème. Plutôt que de développer ses nouveaux produits uniquement dans ses laboratoires de R&D, P&G est devenu expert pour identifier des produits innovants parmi ses fournisseurs, clients du type « lead user » et compétiteurs. D’un autre côté, plutôt que de jeter des idées de produits qui ne correspondent pas à leur stratégie (comme ils le faisaient autrefois), P&G préfère désormais créer des licences et brevets exploitables par d’autres acteurs de son écosystème.

Un écosystème d’innovation 4.0 est maillé à d’autres écosystèmes avec lesquels il interagit.

4 Repenser la gouvernance

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Allée de peupliers

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Souvent les écosystèmes actuels sont dominés – voire ont été initiés – par une organisation (entreprise, institution,..) qui y joue un rôle central. La conséquence de cette position est que l’écosystème est sous contrôle de ladite organisation. Il en résulte une captation de la valeur ajoutée produite par les membres de l’écosystème au profit de cette entité centrale.

Dans un écosystème 3.0, la gouvernance est équitablement distribuée. Il s’agit d’une gouvernance décentralisée favorisant les relations horizontales de type peer to peer.

Un exemple concret de cette « ubérisation d’Uber » est donné par le cas de LaZooz, une startup de covoiturage israélienne détenue par la communauté grâce à une blockchain.

Ce nouveau type de gouvernance sera d’autant plus favorisé que des communautés d’innovation seront au cœur des écosystèmes d’innovation.

Eric von Hippel, professeur au MIT, est reconnu pour avoir montré que des usagers impliqués et avant-gardistes (les « lead users » mentionnés plus haut) par leur rôle d’entrainement dans des communautés pouvaient être des acteurs majeurs pour innover et co-créer.

Depuis quelques années des grandes entreprises prennent conscience de la nécessité d’impliquer leurs clients et usagers dans les processus d’innovation. C’est ainsi que des communautés d’innovation se constituent à leur initiative. Déjà Renault, Michelin, Décathlon, Salomon, Schneider Electric, Seb ont créé leurs propres communautés. Le livre "Les Communautés d'innovation" présente des exemples de la façon dont ces communautés ont été créées et fonctionnent.

Les écosystèmes d’innovation 4.0 sont organisés de façon décentralisée, autour de communautés d’usagers.

5 Se doter d’outils collaboratifs

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Abeille pollinisant un arbre

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Le fonctionnement optimal d’un écosystème d’innovation avancé résulte à la fois d’échanges spontanés et informels, issus d’une sérendipité naturelle mais aussi d’interactions organisées. Pour celles-ci, il est nécessaire d’avoir des méthodes et des outils.

Les méthodes et outils les plus nécessaires à mettre en œuvre dans un écosystème d’innovation relèvent à la fois d’outils d’intelligence collective, d’idéation, de design thinking, de prototypage rapide, de veille prospective.

Avec de nouvelles technologies comme la blockchain, la réalité virtuelle et la 3D, l’intelligence artificielle, les smart data, les neurosciences, etc. les écosystèmes de nouvelle génération deviennent plus adaptatifs et performants.

L’écosystème d’innovation 4.0 doit évoluer grâce à des outils, méthodes, nouvelles technologies.

6 Être éthique

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Un écosystème classique est souvent dominé par un acteur de référence (souvent celui-là même qui a été à l’origine de la constitution dudit écosystème). Cette configuration aboutit à ce que la valeur ajoutée créée par les membres soit largement captée par cet acteur. Il s’agit d’une question majeure d’éthique. Cet état de fait génère aussi une moindre performance du fait du manque de motivation des membres résultant d’une insuffisance de reconnaissance individuelle. Dans une tribune publiée par Harvard Business Review France, nous pointions les limites d’un écosystème d’innovation et indiquions que la blockchain pouvait être la solution. Celle-ci présente en effet de nombreux avantages pour rétablir l’équité entre membres d’un écosystème : traçabilité et notarisation des contributions individuelles, suppression d’une entité de contrôle centrale, facilitation des échanges de pair à pair.

L’écosystème d’innovation 4.0 est basé sur l’éthique du partage : chaque contributeur est reconnu pour ses propres apports et la valeur ajoutée est équitablement distribuée.

7 Fédérer autour de valeurs communes

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L’écosystème générera d’autant plus de valeur qu’il fera sens pour ses membres. L’intelligence collective sera réellement sollicitée si elle est orientée vers un but, si l’écosystème a une raison d’être reconnue.

Ce n’est qu’en ayant un but que les membres de l’écosystème se sentiront motivés et impliqués. Ces valeurs communes doivent être identifiées et communiquées dans un écosystème de la même façon qu’on le fait au sein d’une organisation, de façon à créer une culture inter-organisationnelle qui lie ses membres par leur objectif commun.

Et si ce but paraît noble, il favorisera d’autant plus leur engagement.

L’écosystème d’innovation 3.0 prospèrera d’autant plus qu’il rassemblera une communauté de membres autour d’une mission et de valeurs clairement identifiées et partagées.

En conclusion, nous pouvons dire que les écosystèmes réunissant ces diverses caractéristiques sont ceux que constituent les living labs. En y ajoutant de la technologie, et notamment de la blockchain, ces laboratoires vivants sont indéniablement le parangon des écosystèmes d’innovation 4.0.

Tous ces concepts seront discutés et présentés lors de la Journée Innovation 2018, 3ème édition de l’Innovation Ecosystems Agora, co-organisée par le RRI (Réseau de recherche sur l’innovation), La Fabrique du Futur, France Living Labs et le Research Center du Pôle Léonard de Vinci.

8 7+1 : un exemple d'écosystème d’innovation 4.0 : ValYooTrust

ValYooTrust est la première Place de Marché de Confiance pour l’Innovation 4.0, bâtie autour d’une blockchain privée qui rétribue les co-innovateurs sous forme d’Innovation Coins, en reconnaissance du partage de leurs actifs immatériels, le plus en amont possible  dans le processus d’innovation.

ValYooTrust répond à trois demandes de l’innovation dite « collaborative » qui vise à bénéficier de l’effet de transversalité massif  lié au plus grand nombre de contributeurs possible dans l’écosystème de l’Innovation :

1.     Donner une réponse digitale agile (4.0) à la complexité, à la lourdeur et à la lenteur de la mise en situation de négociation de toutes les forces disruptives de l’innovation (Chercheurs, Entrepreneurs, Grands Comptes, ETI, PME, Investisseurs, ...)

2.     Impliquer le citoyen-usager-consommateur le plus en amont possible dans le processus d’innovation, en application du nouveau paradigme du digital durable qui place l’humain au centre des disruptions sociétales, industrielles ...

3.     Etablir le plus tôt possible une relation de confiance réciproque « prouvée » entre les offreurs et les demandeurs de l’écosystème de l’innovation, en conformité avec le GDPR et en procurant une protection 4.0 et un juste retour sur le partage d’actifs immatériels, notamment pour les porteurs de projets d’entreprises.

ValYooTrust est co-portée par des Grands Organismes d’Enseignement Supérieur dont l’IMT, des Grands Comptes, des Ministères, des Start-Ups, des Think Tanks, dont La Fabrique du Futur, CCI de France, etc. Une première version de la Plateforme est attendue pour l’été 2018.

Contact : Patrick Duvaut, patrick.duvaut@imt.fr, 06 17 16 09 70.

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