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Bilan sur les 7 vaccins anti COVID-19 … et bientôt plus !

Décrypter Par Hervé Resse 05 février 2021

Bilan sur les 7 vaccins anti COVID-19 … et bientôt plus !
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Il y a ceux qui sont déjà là, dont on attend parfois la livraison des stocks. Ceux qui sont en cours de validation. Ceux qu’on annonce, et aussi ceux qui sont en retard, sans parler de ceux qu’on ne verra pas. On fait le point sur 7x7 ?

Fixons d’abord précisément des limites à l’exercice du jour. Quel que soit le sujet autour de cette maudite pandémie mondiale COVID-19, on peut tomber d’accord sur ceci : chaque date annoncée est obsolète le jour même. Donc pour les vaccins : nombre de doses envisagées, attendues, livrées, bloquées aux services logistiques, planifiées pour les mois à venir ? Tout chiffre annoncé à midi sera probablement contredit dans les faits, parfois le lendemain même heure. Toute perspective à six mois, rassurante à tenir devant les caméras, devra donc être confirmée dans le réel, lequel on le sait est assez souvent têtu.

Épargnons-nous enfin les commentaires sur les sondages évaluant l’état des forces entre pros et anti vaccins. Avançons avec ceux qui veulent avancer. Et laissons de même les théories plus ou moins complotistes aux experts autoproclamés de l’ultracrépidarianisme.

Notre objectif est plus modeste. Résumer où nous en sommes, en ce début février, des différents vaccins annoncés en tous points du globe. Leurs noms reviennent en boucle. On s’y perd : lesquels sont bons pour les vieux, lesquels leur sont déconseillés, lesquels sont délicats à stocker, lesquels exigent deux injections, ou une ? Risquons juste un point d’étape. Au calme. Voyons qui sont les différents concurrents déjà en piste. D’autres viendront, n’ayons crainte.

1 Vaccin anti-COVID : qu’est-ce que l’ARN Messager ?

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Avant de convoquer les différents candidats au titre envié de sauveur de la planète, il nous faut bien tenter, sinon de comprendre, du moins d’entrevoir ce qu’est ce diable « d’ARN Messager », dont nous entendons parler chaque matin, sans grande idée de ce dont il s’agit, à moins d’avoir Bac +12 en biochimie. Pour l’ARN Messager, Madame, monsieur, en piste ! Cliquez sur la vidéo juste au-dessus.

Ceci fait, qui voudra se pencher sur les différences, subtilités, entre vaccins classiques et top modernes, ira lire, par exemple, cet article-ci ou cet article-là que nous aurions honte de pirater.

Remercions-les de leur apport, et saluons Katalin Karikó, biochimiste hongroise née en 1955, spécialisée dans la technique des ARN messagers. Si sa technique marche, gageons qu'un Nobel viendra le moment venu récompenser ses travaux.

2 Vaccin anti-COVID : Pfizer-BioNTech

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À tout seigneur, tout honneur ? Dans la course au vaccin contre la Covid-19, l’américain Pfizer aura assumé son statut de leader mondial du secteur… Du moins si l’on s’en tient à une vision occidentalo-centrée de la compétition. On va le voir ensuite, l’affaire est plus complexe.

Ce labo, déjà célébré dans les années 90 pour sa petite pilule bleue aux vertus quasi magiques (Viagra était son nom) s’est associé à l’allemand BioNTech. Les deux annonçaient le 10 novembre 2020 la mise au point d’un vaccin « efficace à 90% ». Dans les jours qui suivirent, nombre de questions furent posées, tant sur la méthodologie des études que sur les durées de protection envisagées. L’arrivée des « variants », à commencer par « l’anglais », premier d’entre-eux ajouteraient vers Noël d’autres interrogations.

Quoi qu’il en soit ce vaccin est désormais administré de par le monde. Depuis le 13 décembre aux Etats-Unis. Il arrive le 26 décembre en Allemagne, et le 27 en France, avec la désormais célèbre Mauricette M., 78 ans, vaccinée à Sevran. Une inévitable polémique l’accompagna. Avait-on bien recueilli son consentement ? Devant maintes caméras et micros, la dame (masquée) regardant la seringue avait-elle murmuré « Ah, il faut faire un vaccin ? » ou « Ah, il faut faire avec ça ? ». Nul n’a pu en décider, sauf les aficionados complotistes…

Rappelons l’essentiel : ce vaccin utilise la technologie ARN Messager. Qui n’a pas été développée en six mois, sous-entendu : « bâclée ». Elle applique des données étudiées depuis des années.

Le vaccin Pfizer doit être conservé à -70°C, ce qui complique la logistique. Il demande deux injections, à quelques semaines d’intervalle. Un flacon permet 5 doses, mais on a pu noter à l’usage qu’une sixième est possible, ce qui a un temps suscité l’ire du labo, qui y a vu une perte possible en chiffre d’affaires. Lequel précisons-le, devrait pour ce seul produit s’élever à 15 milliards de US $ pour la seule année 2021.

Les négociations entre l’entreprise et les institutions de santé, nationales et européennes se déroulant en flux continu, il est vain d’annoncer des volumes de livraisons pour les différents pays. Disons que Pfizer a pris un sérieux temps d’avance sur ses concurrents.

Le français Sanofi pourra mettre en bouteilles le vaccin Pfizer-BioNTech dès juillet 2021 dans son usine allemande. Le Suisse Novartis s’est également positionné pour accompagner ce mouvement. Là aussi, mieux vaut accueillir les chiffres avec des pincettes. Mais Sanofi parle d’une capacité de 15 millions de bouteilles par mois, et 100 millions à la fin de l’année.

Dernière nouvelle en date : le Pfizer est efficace à 90% contre le variant anglais. Pour le sud-africain, le californien, on ne sait pas encore. Pour les autres variants pas encore identifiés ? Pour les autres… « faut voir ». Chaque chose en son temps.

3 Vaccin anti-COVID : Spoutnik-V

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Historiquement, le premier au monde ne fut pas Pfizer, mais bien le russe Spoutnik V, disponible sur ses marchés depuis aout 2020. Gam-COVID-Vac, connu sous le surnom Spoutnik V et la marque Sputnik V, est développé par l'Institut de recherche Gamaleya d'épidémiologie et de microbiologie.

Parce qu’il a été très vite lancé, il a suscité scepticisme et méfiance. Du moins du côté de l’Europe et des États-Unis. Il en est allé autrement dans bien d’autres pays. L’Inde, le Brésil, l’Argentine, la Corée du Sud, l’Algérie la Tunisie, et d’autres, ont notamment passé commandes pour des centaines de millions de doses. En Russie, le vaccin est administré gratuitement, et vendu à bas coût (sans mauvais jeu de mots) pour ces pays clients.

Rompant avec la prudence témoignée par l’Union Européenne, la Hongrie de Victor Orban choisit le 22 janvier 2021 de passer ses propres commandes. Début février 2021, les résultats intermédiaires d'un essai de phase 3 du vaccin sont publiés par The Lancet. Les résultats montrent un fort effet protecteur constant dans tous les groupes d'âge des participants. Angela Merkel se déclare alors favorable à l’examen rapide de Spoutnik V, et la France par la voix de son président ne lui ferme pas la porte.

On voit ici comme la dimension politique, géopolitique vient se greffer sur la question purement sanitaire. Le vaccin devient un outil de soft power entre les mains du « Maître du Kremlin », singulièrement au moment où son opposant Navalny est condamné à deux ans de prison.

L’ampleur de la pandémie devrait néanmoins faire pencher la bascule côté Realpolitik.

4 Vaccin anti-COVID : Moderna

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La Haute Autorité de Santé a annoncé le 6 janvier 2021 que le « Vaccin Moderna COVID-19 mRNA (nucleoside modified) développé par la firme Moderna Therapeutics, a reçu une autorisation de mise sur le marché conditionnelle en Europe. Avec l’indication immunisation active pour prévenir la Covid‑19 due au virus SARS‑CoV‑2, chez les personnes âgées de 18 ans et plus ». Ce vaccin est également présentable aux personnes âgées.

Moderna Therapeutics est un laboratoire de biotechnologies américain, start-up créée en 2010. En janvier 2020, associée au National Institute of Allergy and Infectious Diseases, elle développe ce vaccin ; et profitant de la dynamique des nouvelles aides gouvernementales liées à la vaccination contre COVID-19, elle crée nous dit Wikipédia des antennes en Europe (Suisse et Espagne).

Comme Pfizer, Moderna utilise la technologie dite de l'acide ribonucléique messager (ARN messager).

Le site mesvaccins.net précise que le vaccin "COVID-19 Vaccine Moderna" est administré en 2 doses (0,5 mL chacune). Il est recommandé d'administrer la seconde dose 28 jours après la première. Il ne peut pas être administré en même temps qu’un autre vaccin.

Avantage annoncé (restera à passer l’épreuve des faits) de Moderna par rapport au Pfizer, il est stable beaucoup plus longtemps dans un simple réfrigérateur. Pfizer peut être conservé entre 2 °C et 8 °C, 24 heures avant d'être administré, mais Moderna affirme que le sien, se conserve à −20 °C au départ et reste stable à une température de 2 à 8 °C durant un mois avant d'être administré.

Le vaccin est fabriqué aux États-Unis, à Norwood (Massachusetts), ainsi qu'en Suisse chez son partenaire Lonza. Moderna espère produire entre 500 millions et 1 milliard de doses en 2021. Le prix annoncé serait réduit de 50 %, voire de 80 %, dans des pays plus pauvres.

La page Wikipedia évoque des rumeurs entourant l’entreprise et son produit, certaines suggérant qu’il pourrait intervenir sur l’ADN des vaccinés.

En France, Moderna a confié à la compagnie d’industrie pharmaceutique française Recipharm « la mission de formulation et de remplissage-finition de ses premiers vaccins ». La ministre Agnès Pannier-Runacher, (déléguée à l’industrie et la relance) a annoncé que cela démarrera au cours du premier semestre 2021, « Courant avril ».

5 Vaccin anti-COVID : AstraZeneca

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AstraZeneca est une entreprise née du mariage entre le suédois Astra, et le britannique Zeneca. Pour ce qui est de leur enfant vaccin, vous pouvez aussi, dans les diners en ville, l’appeler par son petit nom : AZD1222. Il est approuvé au Royaume-Uni depuis le 30 décembre 2020, eu égard au développement de l’épidémie et du variant anglais. Le 3 janvier 2021, l'Inde autorise l'usage de ce vaccin pour « usage restreint dans des situations d'urgence ». La revue scientifique The Lancet, évalue son efficacité à 70%. Le 29 janvier 2021, l'Agence européenne des médicaments a approuvé l'utilisation « conditionnelle » du vaccin « pour toutes les personnes âgées de 18 ans et plus ». Mais quelques jours plus tard, elle constatait des difficultés certaines à assurer les livraisons promises à l’Europe. Nos amis d’Outre-Manche seraient-ils favorisés ? Pas de polémique !

Quel est le principe d’AZD1222 ? Autant faire confiance à Wikipedia ! « le vaccin d'Oxford-AstraZeneca, utilise comme vecteur viral un adénovirus (famille de virus très courants responsables notamment de rhumes). Il a pour but d'utiliser comme support un autre virus peu virulent, transformé pour y ajouter une partie du virus responsable du Covid-19. Le virus modifié pénètre dans les cellules des personnes vaccinées, qui devraient alors fabriquer une protéine typique du SARS-CoV-2, éduquant leur système immunitaire à le reconnaître ». Fin de citation, merci Wikipedia.

On retiendra que lorsqu’il est livré, AZD1222 était au débart annoncé avec un réel atout : "une dose suffit. Mais son taux de réussite est moindre".

Mise à jour: le site vaccin.net dit désormais qu'il faut 2 vaccinations:

" Le schéma vaccinal comporte deux doses distinctes de 0,5 mL chacune. La seconde dose doit être administrée entre 4 et 12 semaines après la première. Les personnes qui ont reçu la première dose de vaccin "COVID-19 Vaccine AstraZeneca" doivent recevoir une seconde dose du même vaccin pour compléter le schéma vaccinal".

Il vient d’être autorisé en France le 2 février 2021 en 3èmeposition donc. Mais seulement pour les moins de 65 ans. 

Mise à jour: les premiers vaccins AstraZeneca sont administrés à partir de ce mercredi 25 février par les médecins.

6 Vaccin anti-COVID : Johnson & Johnson / Janssen

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Johnson & Johnson est le nom de la société mère, américaine. Janssen, celui de sa division pharmaceutique et du produit. Injecté en une dose, il n’est pas à ce jour candidat pour jouer la partie en Europe. Les résultats aux premiers tests ont affiché un taux de réussite plus qu’encourageant. Le 29 janvier 2021, un communiqué du laboratoire annonce une protection observée dès le 14ème jour après la vaccination. À J28, l'efficacité vaccinale est de 72 % aux États-Unis, 66 % en Amérique Latine et 57% en Afrique du Sud, où 95 % des cas étaient dus au variant local. A surveiller de près pour les mois à venir ?

7 Vaccin anti-COVID : Novavax

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Les médias n’ont jusqu’à présent pas beaucoup cité Novavax, autre acteur américain. Mais cela devrait vite changer, puisque l’EMA (Agence Européenne du Médicament) vient d’annoncer qu’elle étudie la possibilité de le valider pour l’UE.

À l’inverse des vaccins de Pfizer et Moderna qui utilisent la technique de l’ARN messager, l’injection du vaccin de Novavax comprend des fragments de coronavirus permettant de provoquer une réponse immunitaire du corps humain.

Aux Etats-Unis, 100 millions de doses ont pour l’heure été précommandées à Novavax.

8 Vaccin anti-COVID : Et les autres ?

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Regardons du côté de la Chine, pays où le virus prit son envol, ceci dit sans la moindre once de perfidie Trumpiste. L’entreprise BioTech Sinovac développe et commercialise déjà son vaccin, de type traditionnel, dans les pays émergents, notamment en Afrique. Mais les résultats des tests sont méconnus, ou peu reluisants. Au Brésil, le vaccin Sinovac n’a obtenu que des taux d’efficacité de 50%.

Quatre autres entreprises chinoises développent leur propre produit. L'un d'eux, Sinopharm, a déjà été distribué à près d'un million de personnes en Chine, affirme le site français de la BBC. Mais ce fut fait dans le cadre d'un programme d'urgence controversé. Une étude plus récente indique un taux d’efficacité de 79%. À moyen terme on peut penser que les vaccins chinois seront diffusés dans les pays émergents et en Asie du sud-est.

Et en France ? On l’a dit, Sanofi interviendra pour la mise en bouteille des vaccins Pfizer-BioNTech à partir de juillet. Le géant français est la 3ème entreprise mondiale du secteur, la 11èmeen capitalisation boursière. Elle est la 3ème valeur à la Bourse de Paris. De nombreux commentaires se sont dès lors étonnés de ne pas la voir aux premiers rangs pour contribuer à la lutte contre la pandémie. S’agit-il d’un terrible raté ? « On n'a pas raté, on est en retard » a rectifié le président de Sanofi France sur BFMTV. Olivier Bogillot « espère un vaccin à ARN messager au plus tard début 2022 ». De son côté l’institut Pasteur après avoir abandonné ses essais sur un candidat vaccin, a précisé qu’il continue la recherche dans deux directions complémentaires. 

Le premier qui dit que « Louis Pasteur doit se retourner dans sa tombe » fait preuve d’un mauvais esprit, de mauvais français. Gardons confiance ! De toute façon, a-t-on le choix ?

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