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Le débat de la primaire de la droite en 7 punchlines (décryptées)

Décoder Par Eric Le Braz 14 octobre 2016

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Philippe Serieys
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Vous avez raté le débat ? On vous résume l’essentiel des prestations des candidats. Vous avez suivi le débat ? On vous décortique les petites phrases et les postures de la bande des 7.

Ça commence comme le Maillon faible, même générique stressant, même décor bleuté, même alignement de candidats debout dans leurs petits souliers (ou sur talonnette). Au début, ils ont donc presque tous un petit tremblement dans la voix quand ils entament un pitch d’une minute pour expliquer pourquoi, ils veulent devenir présidents. On a l’impression d’être face à un stand up de start-up et franchement, ils ne donnent pas envie d’investir dans leur projet quand ils récitent leurs intros comme de mauvais acteurs. Puis ça se décante. 

Et on comprend que si le débat n’est pas très violent, il est au moins contrasté. Au delà des personnalités clivantes et des egos boursouflées, il y a des vraies lignes de fractures qu’ont peut résumer par quelques formules qui concentrent bien les altérités d’une droite sacrément bigarrée. 

1 Nicolas Sarkozy : "Je ne serai pas la Martine Aubry de droite"

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PHILIPPE SERIEYS

On sent qu’il se retient toute la soirée mais Sarko a cependant réussi son opération de self control. Il sait qu’il est le plus clivant, alors il apparaît comme le plus aimable avec son « cher Alain », « Bruno, comme toi, je pense que… », « Mon cher François, je te propose… » . Il surjoue les rassembleurs et montre bien à ces adversaires qu’ils ont tous bossé pour lui. Sarko réserve ses attaques pour Hollande comme s’il était déjà, au Printemps prochain, face à son adversaire préféré : "Je me demande jusqu'où François Hollande va salir et détruire la fonction présidentielle".

Quand il s’agit d’aborder les questions de sécurité, il campe sans surprise son personnage autoritaire. Mais dans la première partie économique, il a bien pris soin de préciser qu’il ne supprimerait pas les 35 heures sans y mettre les formes : « On a eu une obsédée des 35h, il ne faut pas être les obsédés des 39 h »

Il se démarque ainsi de ses adversaires et tacle gentiment Fillon qu’il préservera le reste du débat sauf quand on évoquera des attaques contra sa probité : « Ce ne sont pas des déclarations qui honorent ceux qui les prononcent ».

2 François Fillon : "Il ne faut pas ruser avec les Français"

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PHILIPPE SERIEYS

A ce moment-là, Fillon tient à se démarquer de Sarko qui veut passer aux 37 heures alors que lui veut rétablir les 39. Pendant toutes ces deux heures, l’ancien premier ministre passera ainsi son temps à jouer les monsieur plus. Il critique les propositions de Juppé, Sarko et Le Maire sur les fichiers S et propose des solutions "plus radicales" comme « retirer la nationalité française à tous ceux qui combattent la France » ou « exclure du territoire français tous les étrangers représentant un danger ». Plus tôt, toujours pour se distinguer de Sarko et de Juppé, il a entonné son couplet sur « la démocratie qui doit être exemplaire ».

En fait, à part quand il pilonne Copé, Fillon concentre toutes ses piques sur les deux favoris. C’est d’ailleurs son mot de la fin « Ce que ce débat à montré ce soir c’est qu’il n’y a pas que deux candidats ». Avant d’ajouter : « Majorité silencieuse, sortez de chez vous ! ». Mais caramba, c’est un peu raté… Sarko venait juste de dire qu’il voulait être « le porte parole de la majorité silencieuse ».

3 Jean-François Copé : "Le temps a passé"

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PHILIPPE SERIEYS

On s’attendait à trouver le vilain petit canard de droite aux avant-postes pour flinguer Sarko et se venger de Bygmalion ou pour enfoncer Fillon qui l’a traité de tous les noms. Mais non. Il n’a pas vraiment fait le sale boulot qu’on attendait de lui : « Le temps a passé » pour Fillon. Et s’il affirme qu’il se présente car il a été blanchi dans l’affaire Bygmalion, il ne veut pas en faire une règle pour les autres candidats. Non, il se contente de dérouler son programme de droite décomplexée pour « empêcher la Cgt de bloquer le pays », « gouverner par ordonnance », prendre « un tournant sécuritaire total »… las ! 

S’il a réservé ses coups, il s’en prend un paquet quand il revendique la paternité de la loi sur la burqa. Fillon lui rappelle que c’est Sarko qui en est à l’origine et ce dernier l’achève façon puzzle : « Jean-François, tu étais bien incapable d’imposer quoi que ce soit ». Le temps n’a pas passé :  le vilain petit canard n'arrive pas à se transformer en cygne.  

Mise à jour : heureusement que Valérie Pécresse fait du fact checking

4 NKM : « Le recyclage, ça marche pour les déchets, pas pour les idées »

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PHILIPPE SERIEYS

Elle n’avait pas grand chose à perdre mais elle devait imposer sa différence. Et elle a plutôt bien réussi par ces propositions, disons macroniennes. Elle est la seule à avoir longuement parlé du statut des indépendants pour qui, « c’est la galère », elle suggère de taxer le hallal pour financer les mosquées, elle ne veut pas supprimer  l’ISF mais le  transformer en « obligation d’investissement » pour les entreprises, elle ose proposer un taux unique d’imposition à 23,5 % et évoque même le revenu universel.  Enfin elle résume « Entre l’identité gauloise et l’identité heureuse, il y a l’identité républicaine ». NKM a bien fait entendre sa singularité. Mais pour s’imposer, elle devait lever la main, comme à l’école

5 Bruno Le maire : "Si vous voulez que tout continue comme avant, vous avez tout ce qu'il faut sur ce plateau"

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PHILIPPE SERIEYS

Le candidat du renouveau n’a eu de cesse de répéter ce mot comme un mantra pendant tout le débat. Même si ces propositions n’étaient pas toujours différentes quoique très tranchées comme supprimer 500.000 fonctionnaires ou scander, « à menaces d’exception, il faut une justice d’exception », il a bien pris soin de préciser qu’il était un autre : « De quinquennat en quinquennat, la France tombe toujours plus bas ». Prends ça Sarko. Pour Juppé, il avait déjà demandé la publication des casiers judiciaires des candidats. « Je tiens mon casier judiciaire à disposition de Bruno », a ironisé le Maire de Bordeaux qui avait rodé son discours sur ce thème depuis plus de douze ans.

6 Jean-Frédéric Poisson, « Il y a des principes généraux du droit qui doivent être respectés »

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PHILIPPE SERIEYS

C’est la révélation de la soirée. Il s’est même retrouvé en  « trending topic » sur Twitter, loin devant ses adversaires ! Car ses interventions pragmatiques et humanistes tranchaient avec le ronron tranquillement libéral de ces compétiteurs. En fait,  le président du parti chrétien démocrate, le plus à droite sur le papier, était carrément le plus à gauche pendant le débat. 

Florilège : Comme Noel Mamère, « Je n’ai pas voté la prolongation de l’Etat d’urgence. L’efficacité des mesures n’étaient plus au rendez-vous. Il y a des principes généraux du droit qui doivent être respectés » ; Martinez n’aurait rien à redire à des phrases comme: « Je me méfie des attaques frontales contre les organisations syndicales » comme  Plenel, il ne veut pas stigmatiser le burkini et les signes ostentatoires : « L’espace public doit permettre de laisser vivre pacifiquement… ». 

Bon, à la fin, le faux islamo-gauchiste a quand même lâché : « la civilisation islamique pose problème à la République française ». Mais sans acrimonie. Et au final, lui qui était inconnu avant le débat passe à 43 % d’opinions favorables après son show. Un bon de 24 % pour le Poisson volant !

7 Alain Juppé : « La France redeviendra le pays où il fait bon vivre »

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PHILIPPE SERIEYS

Un peu tendu, le doyen du débat était largement le plus soporifique pendant la première partie, assénant des chiffres par dizaines à donner le tournis. Mais c’était assez sioux cette posture d'expert. Comme on ne comprenait pas grand chose si on n’avait pas fait sciences éco, le versant ultra libéral des mesures passait plus inaperçu .En deuxième mi-temps, Alain Juppé a quitté son discours techno pour dérouler son identité heureuse et sa France optimiste. Tranquille l'expert pépère et bingo à la fin. Au premier sondage, c’est lui qui a gagné le débat.

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