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Portrait de Marc Zuckerberg à travers 7 anecdotes

Décrypter Par Daniel Ichbiah 27 septembre 2018

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Marc Zuckerberg

Flickr
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« Ne croyez pas que vous connaissez Mark Zuckerberg », affirme Daniel Ichbiah, auteur de Mark Zuckerberg, La biographie. « Ne pensez pas que vous comprenez ses motivations. En réalité, c’est un individu que l’on peine à classifier dans une catégorie quelconque. Mais comment pourrait-il en être autrement ? »

C’est la 3ème biographie que Daniel Ichbiah réalise autour d’un grand patron de la high-tech, après Bill Gates (1995)  et Steve Jobs (2011).

Dans cette première biographie intégrale de Mark Zuckerberg, l’auteur nous fait découvrir un individu complexe, supérieurement brillant et parfois tiraillé entre sa conviction authentique d’œuvrer pour le bien de l’humanité et la nécessité de faire prospérer une entreprise de droit américain vouée à faire le bonheur d’actionnaires aux motivations plus terre à terre…

Voici 7 extraits en exclusivité pour 7x7 de cette biographie de Mark Zuckerberg, en vente à partir du 4 octobre 2018 aux éditions La Martinière.

1 Marc Zuckerberg : En Octobre 2004, il piratait un site concurrent

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Mark Zuckerberg étudiant à Harvard.

Wikimedia Commons

Contexte :

A Harvard, les frères Winklevoss avaient chargé le jeune Zuckerberg de réaliser un réseau social avant tout orienté sur la rencontre amoureuse. Zuckerberg s’en est rapidement désintéressé mais n’a pas osé leur dire. 

En parallèle, il a développé TheFacebook. Dès son lancement en février 2004, sa création a fait mouche. Les Winklevoss l’ont accusé d’avoir volé leur idée. Ils ont finalement lancé leur propre site ConnectU et ont dû se rendre à l’évidence : les étudiants ne parlent que de TheFacebook…

Extrait de la biographie :

Quelques jours plus tard, les frères Winklevoss et Narendra déposent une plainte en justice devant le tribunal de Boston à l’encontre de Zuckerberg qu’ils accusent d’avoir dérobé leur idée. La requête pose qu’il leur aurait volé des idées comme :

- le premier réseau social pour étudiants, 

- un annuaire des usagers, avec leurs centres d’intérêts, 

- la présence d’un forum pour exprimer leurs opinions…

- l’obligation pour s’inscrire d’avoir une adresse email de son université.

- démarrer à Harvard puis s’étendre à d’autres universités et établissements scolaires.

Les chefs d’accusation pleuvent : ‘violation de propriété intellectuelle’, ‘rupture de contrat réel ou implicite’, ‘détournement de secrets industriels’, ‘enrichissement injuste’, ‘pratiques commerciales malhonnêtes’, ‘escroquerie’, ‘abus de confiance’…

Il est probable qu’en lisant de telles mentions, Zuckerberg ait hésité entre l’insouciance et un certain écœurement. En tout cas, comme va le révéler un échange de messages troublant entre Zuckerberg et un interlocuteur non dévoilé, il va répliquer d’une manière peu honorable…

Mark : « Nous avons exploité une faille dans leur système et créé un compte Cameron Winklevoss bidon. »

Interlocuteur : « Oh ha ha »

Mark : « Nous avons copié son compte, son profil et tout. Le truc, c’est que j’ai créé des réponses dans le style ‘partisan de la suprématie de la race blanche’.

Ville d’origine : je suis sacrément privilégié, d’où croyez-vous que je vienne ?J

e cherche : des femmes.

Intérêts : de l’action, aujourd’hui.

Ethnie : meilleure que la vôtre.

Couleur de cheveux : blond aryen.

Musique favorite : le son de moi-même en train de me masturber.

Citation favorite : les SDF valent leur poids en trombones. Je hais les noirs.

Intérêts : Essayer de trouver mon pénis. Gaspiller l’argent de mon père. Avoir l’air d’un crétin. 

À propos de moi : Vous allez adorer mon sourire de bouffeur de crottes. »

Dans un autre message, Zuckerberg évoque la possibilité de pirater le site ConnectU et de fermer des comptes d’utilisateurs.

Mark : « Je m’ennuyais donc j’ai commencé à désactiver des comptes sur ConnectU, ha ha. J’imagine que les gens qui ont fait le site ne vont pas réaliser que tout vient du même IP. C’est le genre de choses qu’on ne peut pas repérer à moins de le rechercher spécifiquement. J’ai désactivé vingt comptes d’utilisateurs, ha ha ».

Trait de caractère de Marc Zuckerberg :

Surdoué et (à cette époque) sûr de son fait – (il n’a alors que 20 ans).

2 Marc Zuckerberg : Début 2005, ambiance start-up

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Caricature de Marc Zuckerberg à ses débuts.

Wikimedia Commons

Contexte :

Facebook a été un succès immédiat auprès des étudiants et un dénommé Peter Thiel a investi 500 millions de dollars dans la start-up. Pour faire face à la croissance, il a fallu recruter toutes sortes d’ingénieurs à peine sortis de l’université et enclins à s’offrir un supplément de vie ‘cool’…

Extrait de la biographie :

La cinquantaine d’employés de Facebook est principalement constituée de mâles buveurs de bière et amateurs de chips au guacamole. Les ingénieurs sont nombreux – une bonne vingtaine - et Facebook voue un culte à ces oiseaux rares. Ils sont loin d’avoir la tâche facile et il est attendu qu’ils accomplissent des prouesses, qu’importe la difficulté.

Si les ingénieurs sont l’équivalent de divinités locales, les administrateurs systèmes (une dizaine environ) s’acquittent pour leur part d’une tâche ingrate : Facebook ne doit jamais au grand jamais être inaccessible à l’internaute. Dans cette optique, ils ont une fonction analogue à celle d’un docteur de campagne : on peut les appeler 24 heures sur 24 pour dépanner ce qui doit l’être de toute urgence. 

Le soir vers 20 :00, Noah est encore au bureau et s’il veut avoir l’opportunité de discuter avec les deux boss, c’est le moment adéquat. Mark Zuckerberg et Dustin Moskovitz ont l’habitude de demeurer sur place jusqu’à 22 :00 ou davantage – ils résident tous deux à proximité. Une expression revient fréquemment dans la bouche de Mark : la « domination mondiale ». Tel est son crédo.

A minuit, Noah se rend généralement à une fête. Il se réveille le matin avec une gueule de bois et repart pour une journée non-stop, les canettes de Red Bull jouant le rôle d’énergisant. Le vendredi est le moment où Facebook organise une party en interne et là encore, le vin et la bière coulent à flot tandis que les employés peuvent se régaler de victuailles à volonté : crevettes grillées, poulet, fromages, nachos…

En janvier 2006, un individu pour le moins étonnant est embauché, Chris Putnam. S’il a séduit Dustin Moskovitz, c’est pour ses talents en tant que pirate informatique ! Ce jeune étudiant de l’université de Georgia, avec des cheveux coiffés vers l’avant qui lui recouvrent le front, a créé un virus qui transforme des profils Facebook en profils MySpace. Rien de bien méchant puisqu’il n’entraînait aucun dommage sur le disque sur. Il n’empêche : Moskovitz a été impressionné, et suite à divers échanges, il lui a proposé une embauche.

Un mercredi soir, l’investisseur Peter Thiel arrive sur place en vue de voir Mark Zuckerberg. Voyant que certains employés jouent au poker, il s’immisce dans le jeu et mise 20 dollars.

Alors que la partie est en cours, Zuckerberg débarque et Thiel s’excuse : il doit quitter le jeu. Le millionnaire demande donc qu’on lui restitue ses 20 dollars.

Boz, l’un des joueurs, réputé pour son franc-parler répond juste :

–    Vas te faire mettre !

Trait de caractère de Marc Zuckerberg :

Le goût pour la vie ‘simple’, ambiance ‘entre copains.

3 Marc Zuckerberg : 2006, comment un garçon de 22 ans refuse un chèque d'un milliard de dollars

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Zuckerberg de passage à Paris en 2008

Wikimedia Commons

Contexte :

Alors que Facebook n’a pas encore deux ans, une proposition indécente atterrit sur le bureau de Zuckerberg. Yahoo! propose de racheter sa boîte pour 1 milliard de dollars. Du jamais vu ! Pourtant, Zuckerberg dit non ! L’aventure Facebook l’amuse et il n’a nullement envie de faire autre chose. Il se trouve aussi que l’argent le laisse indifférent…

Extrait de la biographie :

La proposition de Yahoo! a une toute autre teneur : on ne dit pas non à un milliard de dollars. Peter Thiel et Jim Breyer sont venus voir Zuckerberg avec un leitmotiv en tête : impossible de laisser échapper une telle opportunité !

Le désenchantement est pourtant au menu du jour. L’insoutenable légèreté avec laquelle Zuckerberg ouvre la séance touche au surréaliste. Il ouvre la réunion ainsi :

"Nous n’avons là qu’une formalité. Une réunion express du conseil d’administration. Cela ne devrait pas nous prendre plus de 10 minutes. Il est clair que nous n’allons pas vendre."

Atterrés, Thiel et Breyer échangent des regards furtifs. Qu’est-ce que ce môme connait de la vie ? Que sait-ils des aléas de l’économie ? Comment peut-il évacuer une telle question avec tant de désinvolture ?

– Nous devons tout de même parler de cela, insiste Peter Thiel. Un milliard de dollars, c’est une somme énorme !

Jim Breyer d’Accel Partners vient prêter main forte à son acolyte.

– Mark, vous possédez 25 % de Facebook. Prenez le temps de considérer tout ce que tu pourriez faire avec cet argent ! renchérit Jim Breyer.

D’un signe de tête, Thiel abonde dans le même sens.

–  Mais je ne sais pas ce que je ferais avec tant d’argent ! réplique Zuckerberg. 

Il marque une pause puis reprend :

« Il est probable que je démarrerais un autre réseau social. En attendant, j’aime bien celui que j’ai là… »

Pour Mark Zuckerberg, il est juste trop tôt pour se donner en pâture à un prétendant quelconque. Toute son attention est concentrée sur le futur immédiat de Facebook. 2006 va être une année cruciale. Le site va enfin s’ouvrir à tous, pas seulement aux étudiants. Et puis, Facebook s’apprête à révolutionner l’Histoire avec une mise à jour de taille : le Fil d’Actualité.

Et oui… Il y aura un avant et un après. Facebook va proposer à chacun un journal personnalisé, mis à jour en temps réel. Le contenu ? Ce que je fais, ce que font mes amis, leurs coups de cœurs, les causes qu’ils veulent partager… 

Thiel et Breyer réalisent assez vite que toute discussion est vaine. Ils tentent de faire valoir que Yahoo!, ça n’est pas n’importe qui. C’est un des pionniers du Web qui est venu les solliciter. Un des rares à avoir survécu à la crise de l’an 2000. Un des géants du domaine aux côtés de Google, d’Amazon ou de eBay. Comment rester insensible ? C’est Yahoo! tout de même !

Peine perdue. Zuckerberg semble n’avoir que mépris pour Yahoo! Ils se sont trompés hier et ils se tromperont demain. Ils n’ont pas de véritable vision, que ce soit pour le Web comme pour Facebook. Il est même probable qu’ils sous-estiment Facebook.

L’affaire est tranchée et la réponse tient en un mot : « Non ! »

Thiel sort de cette réunion l’humeur sombre, dérouté par l’obstination du fondateur. Et d’autres couleuvres sont au menu.

Trait de caractère de Marc Zuckerberg :

Il n’est pas motivé par l’argent et la vie facile.

4 Marc Zuckerberg : 2010, il perd les pédales en public

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A All Things Digital, Mark Zuckerberg affronte les questions de deux vétérans de la presse.

All Thing Digital

Contexte :

Au début de l’année 2010, Facebook fait l’objet de critiques à grande échelle pour sa désinvolture vis-à-vis de la vie privée. Un sénateur américain s’en est publiquement inquiété. Et des institutions de défense des droits individuals comme l’EFF (Electronic Frontier Foundation) dénoncent les dérives de Facebook… 

Un magazine a rendu public des messages qu’il a échangés en 2004, dévoilant une facette peu honorable, celle d’un étudiant geek prêt à tout. Le 10 juin, Zuckerberg est invité à un débat public, All Things Digital et il est passé au grill.

Extrait de la biographie :

Walt Mossberg : « Du jour au lendemain, les gens ont découvert que ce qu’ils avaient posté il y a trois ans était désormais relié à une page ou une autre. Qu’est-ce que cela signifie ? Bien sûr, on peut le restreindre en allant dans les réglages. Mais pourquoi serait-ce à moi de faire tout ce travail pour être sûr que j’ai le contrôle désiré sur mes informations. »

La réponse de Zuckerberg est confuse. Il réitère que les gens veulent rester connectés entre eux et poursuit par un exemple pour le moins curieux :

Mark Zuckerberg : « Je vais vous donner un exemple. Récemment, j’ai voulu organiser un repas avec notre directeur technique, John Heyland. Nous avons essayé durant des semaines et n’avons pas pu l’organiser. Un soir, j’ai indiqué sur mon statut : je vais à ce restaurant. Il a alors répondu ‘Cool, j’y suis !’. Nous avons donc pu avoir un dîner ensemble. Voilà le type de choses qui se produisent quand on partage ses informations. »

Mutine, Katia Swisher intervient :

Katia Swisher : « Vous vouliez dîner avec une seule personne ? Vous auriez pu lui adresser un email ou un SMS. »

Zuckerberg s’embrouille dans sa réponse.

Mark Zuckerberg : « Cela faisait un moment que j’essayais de dîner avec lui. Donc, je suis allé à cet endroit et j’ai fini par tomber sur un ami, c’est tout. On appelle cela de la serendipity, des incidents qui se produisent par chance. Une coïncidence heureuse. Nous manquons la plupart de celles qui arrivent autour de nous. »

Walt Mossberg : « Vous n’avez pas répondu à ma question. Est-ce que vous avez l’intention de rendre mes informations publiques ? Moi je me dis que j’ai plusieurs amis auxquels je suis content de montrer mes photos, mon statut, mes messages, de souhaiter un bon anniversaire. Mais pourquoi la direction de cette entreprise se dit qu’elle va prendre un peu de mes informations et en faire quelque chose ? »

Katia Swisher : « Vous êtes visiblement impressionné de savoir que des gens savent où vous vous trouvez à un moment donnée. Peut-être qu’il y a là la vie privée vue par Mark Zuckerberg. Est-ce que cela s’applique à tous ? »

Acculé, Mark Zuckerberg semble chercher le fil de sa réflexion puis se reprend.

Mark Zuckerberg : « Plus de 50% des utilisateurs ont modifié les réglages de leur vie privée à un moment ou à un autre. Cela montre que les gens les comprennent et les utilisent. Nous recommandons juste ce que nous pensons être le bon paramétrage pour tous. »

Karen Swisher l’attaque à nouveau sur les réactions qui viennent de se manifester face aux nouvelles règles de Facebook. Mal à l’aise, Zuckerberg déglutit. Elle évoque alors les messages qui viennent d’être publiés par Business Insider et relativise :

Kara Swisher : « Je sais que ça n’est pas sympa. Je ne voudrais pas que l’on publie des messages que j’ai échangés lorsque j’avais 15 ans… »

Zuckerberg élude la question comme il le peut, évoque les débuts du site à Harvard et comment, il en est venu à avoir à présent 500 millions d’abonnés. 

Kara Swisher : « Ce qui se passe, c’est que vous êtes devenu le PDG du plus grand réseau social de la planète. Les gens veulent savoir qui vous êtes et ce que vous pensez réellement. »

Mark Zuckerberg : « Bien des choses se sont passées… »

Il marque une pause, cherche ses mots puis son débit ralentit comme s’il ne savait plus trop comment s’en sortir. Il ressort alors un couplet sur sa chambre d’étudiant à Harvard, comment il a refusé des offres de rachat hyper lucratives, et réitère son refrain sur le désir d’aider les gens à partager leurs informations. Mossberg revient à la charge. Zuckerberg exhibe alors sa carte maîtresse : je suis désolé…

Mark Zuckerberg : « Quand j’avais 18 ans, j’ai fait beaucoup de choses stupides. Notamment à l’université. Je ne tiens pas à m’excuser pour cela. J’ai fait des choses embarrassantes. J’en suis désolé. Si j’avais su ce que je sais à présent, j’espère que nous n’aurions pas commis ces erreurs. Mais je ne peux pas revenir en arrière et changer le passé. Je ne peux qu’avancer en faisant ce que nous pensons être correct. »

Kara Swisher se veut alors espiègle. Elle remarque que Zuckerberg est en sueur et demande à brûle-pourpoint s’il voudrait retirer son sweater de skateboarder, ajoutant que cela ferait plaisir aux femmes de l’assistance. Il est pour le moins désarçonné et répond qu’il ne retire jamais son sweatshirt. Il essuie tout de même la sueur de son visage avec sa manche. Mossberg l’attaque alors sur la personnalisation instantanée des informations et quelle peut bien en être la valeur pour les utilisateurs ? Zuckerberg esquisse un sourire puisque esquive la remarque d’une boutade :

Mark Zuckerberg : « Tout compte fait, je ferais peut-être mieux de retirer ce sweat ! »

Tandis qu’il l’enlève sous les applaudissements, Kara Swisher ironise : « Nous vivons un grand moment de l’histoire d’Internet ! »

Trait de caractère de Marc Zuckerberg :

Quand on l’attaque, Zuckerberg tend la joue et réplique volontiers qu’il est désolé…

5 Marc Zuckerberg : 2012, survivre à la débâcle de l’entrée en Bourse

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L’entrée en Bourse de mai 2012 n’a pas eu les effets attendus. Le titre n’a pas décollé, et durant les semaines qui ont suivi, a amorcé un progressif plongeon.

Facebook

Contexte :

L’entrée en Bourse de Facebook le 18 mai 2012 était annoncée comme historique et en réalité, elle a capoté. Zuckerberg qui a longtemps voulu diriger l’entreprise à sa manière et a longtemps considéré avec distance les responsables de la publicité est obligé d’affronter la réalité…

Extrait de la biographie :

Une centaine de jours après l’entrée en Bourse, l’humeur est sombre. Le 4 septembre 2012, l’action Facebook atteint un nouveau plancher : 17,73 dollars - moins de la moitié de son cours d’origine. Depuis des mois, la tendance est à la chute et les analystes de Wall Street estiment que cette descente aux enfers n’est pas terminée.

La perspective à court terme n’est pas meilleure. Au moment de l’entrée en Bourse, il a été entendu que Facebook ne pouvait émettre plus de 1,2 milliards d’actions. En octobre, cette limite va être levée. Le cours pourrait alors baisser encore.

Une telle décrue n’est pas bon signe. Le parcours d’un grand nombre de sociétés a ainsi été marqué par des montées fulgurantes suivies de déclins spectaculaires. Zynga fait ainsi partie des étoiles filantes qui ont été décrochées du firmament avant de comprendre ce qui se passait. Peu d’entreprises ont réussi à se remettre d’un déclin majeur. Le cas d’Apple apparaît comme une exception.

Comment expliquer cette décrue alors que Facebook compte 900 millions d’utilisateurs ? Il se trouve que le monde du Net est en mutation avec la montée en puissance des iPhones et Android. 

En réalité, Facebook a pris conscience du problème et s’attelle à le régler. L’entrée en Bourse cafouilleuse, a produit un changement net en interne. Que les ingénieurs le déplorent ou non, les revenus publicitaires sont désormais au centre des préoccupations, et ce, sans retenue. Signe des temps, les responsables de la publicité qui étaient jusqu’alors logés dans un bâtiment annexe ont pris du galon et œuvrent désormais à proximité de la direction.

« Quoi que vous fassiez, vous devez avoir en tête qu’il y a des clients » est le nouveau crédo.

Jusqu’alors, la publicité était affichée dans une colonne sur le côté. A présent, elle est incluse dans le Fil d’Actualité. Elle est donc visible sur tous les supports, mobiles compris.

Il reste à faire savoir que la situation est ‘under control’...

Trait de caractère de Marc Zuckerberg :

Une capacité à changer de direction si nécessaire et reprendre les choses en main.

6 Marc Zuckerberg : 2014, les états d’âme de Priscilla Zuckerberg

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Deux touristes sans prétention dans les rues de Prague au printemps 2013.

Wikimedia Commons

Contexte :

Tout comme son mari, Priscilla Zuckerberg n’aime pas ce qui est futile. Pourtant, dans la mesure où elle a une forte vocation philantropique, elle doit apparaître publiquement et dévoiler un peu de sa personnalité…

Extrait de la biographie :

La grande question, c’est toutefois : qui est Priscilla, cette femme discrète dont on sait si peu de choses ? Elle se perçoit comme « une personne en apprentissage », quelqu’un qui travaille avec les enfants. Elle accomplit des choses pas glamour pour un sou et s’en porte bien.

Priscilla se souvient qu’elle-même a été « une enfant crispée ». 

« J’ai grandi comme fille de deux migrants qui ont quitté leur pays dans un bateau de réfugiés. Ils ont travaillé incroyablement dur. »

C’est un professeur d’école qui l’a amené à prendre conscience de son potentiel. 

Lorsqu’elle se trouvait à Harvard, Priscilla a consacré une partie de son temps à un programme destiné à trouver un logement à des étudiants à faible revenu. Un incident l’a alors marqué. Une jeune fille qui avait été absente durant quelques jours est revenue avec ses deux dents de devant brisées. Dix ans plus tard, elle a confié son désarroi à Sheryl Sandberg lors d’un débat public. 

« Cela m’a submergé. Je voulais savoir ce qui s’était passé ? Est-ce que quelqu’un l’avait frappé ? Avait-elle obtenu de l’aide ? Et puis, qu’aurais-je pu faire pour empêcher que cela se produise ? »

Ce moment de détresse a stimulé son désir de s’engager à plus grande échelle. Sa position d’épouse de Mark Zuckerberg a donc été vécue comme une occasion d’accomplir ce rêve, nourri en partie par la frustration. Tandis que l’un voit s’accumuler les millions, l’autre peut s’activer dans ses opérations humanitaires.

Surprise : Priscilla se livre tout de même à quelques confidences dignes de magazines pour salle d’attente en affirmant que, après Facebook, leur chien est la 2ème priorité de Mark. 

« Il me parle de lui au moins 30 minutes par jour ! »

Trait de caractère de Marc Zuckerberg :

Si Mark Zuckerberg l’a épousé, c’est que comme lui, elle aime la vie ‘sans chichis’, et déteste la superficialité.

7 Marc Zuckerberg : 2017, candidat à la présidence ?

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Barack Obama s’est vanté avec humour d’avoir été celui qui a réussi à faire que Zuckerberg porte un costume et une cravate – leur rencontre remonte au 21 avril 2011.

Wikimedia Commons

Contexte :

Au début de l’année 2017, Zuckerberg a annoncé qu’il allait se rendre dans chaque état américain pour mieux découvrir comment vivent les gens au quotidien. Il n’en a pas fallu advantage pour que certains lui prêtent l’ambition de se presenter à la présidentielle américaine…

Extrait de la biographie :

Si l’on interroge ceux qui ont côtoyé l’individu, une ambition présidentielle apparaît plausible. 

Certains rappellent que durant sa jeunesse, le jeu vidéo préféré de Zuckerberg était Civilization, avec pour objectif de "bâtir un empire à l’épreuve du temps". De même, il adorait jouer au jeu de stratégie Risk avec pour ambition ultime la conquête du monde et certains affirment qu’il en aurait appliqué des règles dans le management de Facebook.

D’anciens employés racontent que durant les premières années de Facebook, Zuckerberg prenait plaisir à terminer les réunions en pointant son poing dans l’air, et à entraîner les employés dans un chant avec un leitmotiv : « Domination » ! Le fait est relativisé par Facebook : il s’agissait d’un acte badin, aucunement sérieux, et il l’a rapidement abandonné.

Dans la Silicon Valley, si l’on en croit le magazine Vanity Fair, une phrase revient dans la bouche de certains lorsqu’on évoque cette potentielle aspiration – notamment chez ceux qui disent l’avoir connu :

« Il veut devenir empereur. »

Vanity Fair note qu’un grand nombre de ces personnes estiment qu’il pourrait gagner !

« Zuckerberg dispose d’un type de personnalité tel que, quoi qu’il décide de faire, il le fera mieux que quiconque sur la planète » affirme un proche qui déclare par ailleurs que « ses plans vont bien au-delà de Facebook ».

Certains se sont souvenus d’un épisode où des centaines d’employés avaient été entassés dans un hôtel de Sheraton de Palo Alto et durant lequel il a mimé les dialogues d’un passage du film Troie, où un messager dit à Achilles que lui-même aurait peur d’affronter le géant de Thessalonie - qu’Achille se prépare à combattre. Zuckerberg a hurlé la réplique de ce dernier :

–  C’est pour cela que personne ne se rappellera de ton nom !

Certaines recrues potentielles ont raconté que lors de l’entrevue d’embauche, il les aurait incités à rejoindre Facebook pour cette raison : « Parce que les gens se souviendront de votre nom » !

Le 27 janvier 2017, Zuckerberg poste un message sur propre page Facebook, où il exprime un sentiment très imbibé par la culture californienne, jadis le berceau de la contre-culture et toujours marquée par une propension à la fronde.

« Mes grands parents sont venus d’Allemagne, d’Autriche et de Pologne. Les parents de Priscilla étaient des réfugiés de la Chine et du Vietnam. Les Etats-Unis sont une nation d’immigrés.

Comme beaucoup d’entre vous, je suis préoccupé de l’impact des récents ordres signés par le Président Trump.

S’il est nécessaire de protéger ce pays, nous devrions le faire en nous concentrant sur ceux qui représentent une réelle menace.

Nous devrions garder nos portes ouvertes aux réfugiés et à ceux qui ont besoin d’aide. C’est ce que nous sommes. Si nous avions fermé la porte aux réfugiés, il y a quelques décennies, la famille de Priscilla ne serait pas là aujourd’hui. »

Trait de caractère de Marc Zuckerberg :

Une conviction très forte qu’il peut améliorer le monde et un désir ardent de marquer l’Histoire.

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