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7 bonnes raisons de kiffer les JO

Savoir Par Slimane-Yann Ammor-Bihan 29 juillet 2016

7 bonnes raisons de kiffer les JO

Pour savoir dans quel sport, on voit des filles voler, allez lire la capsule n°4...

KAZUHIRO NOGI / AFP
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L’important, ce n’est pas de gagner, ni même de participer… l’important pour Slimane-Yann Ammor-Bihan, c’est de les regarder. 

Oyé ! Ayé ! Les revoilà ! Quatre ans qu’on les attend. Et la dernière fois, j’ai quasi tout raté because on m’avait exilé dans un endroit débile, sans wi-fi ni télé, pour déconnecter qu’ils disaient. Déconnecter de Roland Garros : c’est de la balle ; de l’Euro, c’est impossible, y a trop de bruit de fond ; du Tour de France, ça roule, y a plus que des anglo-saxons qui gagnent, on se croirait aux jeux du Commonwealth. Mais des Jeux, ah non, tout ,tout, tout, mais pas ça.

Plus jamais je ne raterai l’arrivée du flambeau avec le suspense sur le dernier porteur (Pelé est toujours vivant, hein ?), la cérémonie d’ouverture même  kitsch, la cérémonie de clôture même cheap, les trois drapeaux qui se hissent synchrones, le tableau des médailles tous les jours dans le journal régional que tu lis parce que  t’es pas chez toi en août… Et puis aussi sept autres choses qui méritent de monter ex aequo sur le podium des hommages aux JO que ton ami Slimane-Yann a pondu avant que ça commence.

1 Tu gagnes plein de médailles

7 bonnes raisons de kiffer les JO

Nos mousquetaires raflaient déjà la mise y a plus de cent ans. Gaston Alibert, Henri-Georges Berger, Charles Collignon, Bernard Gravier, Alexandre Lippmann, 1908, médaillés d'or aux J.O. de Londres, à l'épée par équipes. 

​Bibliothèque nationale de France wikimedia

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour nos vieux, ça veut dire beaucoup. Il faut se souvenir d’une époque où la France gagnait peu, voire presque rien. J’ai vu ça dans un vieil album Panini où en 1960, ils n’ont rien trouvé de mieux à proposer qu’une vignette de Michel Jazy, pourtant simple médaille d’argent à Rome sur 1500 m. Mais voilà, cette olympiade-là, on était fanny. Pas une médaille d’or, la hchouma totale. 

Quatre plus tard, rebelote ou presque : juste une breloque dorée pour un cavalier avec un nom d’aristo comme on n’en fait plus. C’est bien la peine d’avoir de Gaulle à l’Elysée si on concoure comme des glands ! 

Puis, c’est revenu petit à petit, et maintenant, t’as vu le bilan ? On reviens avec 7, 8, 11, 13… 15 médailles d’or suivant les Olympiades. Je crois même qu’à Atlanta ou à Athènes, on était en tête des breloques les premiers jours et que les ricains étaient vexés. Je dis ça de mémoire, Google ne veut pas s’en souvenir (une entreprise US, tiens, comme-par-hasard). Parce que ce qui est chouette, c’est qu’en général, on démarre à donf la première semaine. Il y a plein de sports qu’on regarde jamais à la télé pendant quatre ans où l'on cartonne : les nageurs, les escrimeurs et les judokas font le plein de métal. Et puis, le week-end, il y a Tony Estanguet qui nous en ramène une nouvelle à chaque fois (mais cette fois, il est parti faire son Jean-Claude Killy au CIO). Après ? Ben après, on fait des prières pour en décrocher une pendant la semaine d’Athlé...

2 Tu apprends la géo

On a calé le défilé pile sur la seconde où j’ai découvert l’existence des Palaos (remarquez la séyante perruque du porte drapeau). 

A chaque finale du 100 mètres ou presque, il y a une fusée du Trinidad et Tobago qui décroche une médaille. Allez, avoue, tu savais toi que ça existait Trinidad et Tobago avant les JO ? A moins d’avoir une collec de drapeau rares, d’habiter les Antilles françaises où l'on doit apprendre la géographie de proximité ou d’être employé au CIO, personne ne peut soupçonner l'existence ce pays tellement petit qu’ils s’y sont mis à deux iles pour faire la paire et donner le change.

Mais c’est ça qui est bien. Avec les JO, tu découvres des pays minuscules certes, mais inconnus . Et des vraies nations, hein ! Pas un truc comme l’Irlande du Nord qui n’existe qu’à l’Euro.

Par exemple, cette année, on verra défiler entre le Pakistan et le Panama, la République des Palaos dont tu n’as, je parie, jamais entendu parler. Je te comprends. Ce micro Etat de la Micronésie ne compte que 20.000 habitants (mais une centaine d’iles quand même avec des noms qui claquent : Babeldaob,  Melekeok, Koror...). Ils ont un drapeau très lumineux et reconnaissable à 42 km qui représente un soleil sur un ciel bleu ou une balle de tennis dans une piscine, ou un jaune d’œuf sur le tapis de bain. Sinon, elle est bonne : l’eau est à 29 degrés toute l’année et on y  crée le premier sanctuaire à requins du monde. Et il y a des bons spots de surf, sport qui n'est, hélas, pas encore une discipline olympique... dommage pour les Paloasiens (oui c’est comme ça qu’on les appelle).

Sinon, y a aussi Kiribati qui n’est pas la petite amie de Kirikou mais un État archipélagique d'Océanie (j’adore ce mot archipélagique, y a pas pas besoin de faire un dessin, (et c’est une invitation à toutes les métaphores (par exemple, on peut dire que 7x7 est un média d’information archipélagique)). On verra aussi défiler les fiers habitants de Nauru qui n’est pas un massage érotique japonais mais une ile pleine d’obèses il parait. On regardera passer Aruba... Aruba qui n’est pas seulement le cri de guerre des souris mexicaines, mais une île caribéenne néerlandaise de plus de 100.000 habitants avec plein de plages de sable blanc dedans.

T’en veux d’autres ? Saint-Christophe-et-Niévès dans le même coin, les Tuvalu pas encore recouverte par la montée des eaux, la Moldavie et le Kosovo (dont c’est la première apparition et dont j’avais oublié qu’il était devenu indépendant depuis que Leonarda n’est plus sur Skype). Mais il n’y a pas la Transnistrie, la République populaire de Donetsk ou l’Ossétie du sud : comme quoi le CIO a vraiment une dent contre Poutine. 

3 T’as toujours quelque chose à voir à la télé

Comment tu peux dormir avec un type qui braille comme ça toute la nuit. 

Ça c’est la cerise sur les anneaux. Quand les JO sont à l’ouest, tu regardes France 3 jusqu’à pas d’heure ce qui ne m’est pas arrivé, heu, depuis la diffusion de L'assassin habite au 21  au cinéma de Minuit le 26 août 2007. Mieux zencore : Rio n’est pas L.A, il n’y a que 5 heures de décalage horaire. Tu verras des finales à 22 h. Patrick Montel et Nelson Montfort te chanteront des berceuses...

4 Tu vois des sports que tu savais à peine que c’était des sports

7 bonnes raisons de kiffer les JO

Ils sentaient bon le sable chaud... (joueurs brésiliens légèrement démonstratifs en demi-finale de beach volley à Pékin).

wikimedia

C’est le coté Interville des JO Un truc bon enfant, presque touchant. Figure toi qu’il y a du trampoline aux Jeux et c'est ultra photogénique (voir la fille qui vole sur le dos en haut de la page). Oui, comme au club Mickey ! Et puis dans le même genre de jeu de plage, il y a du beach volley aussi. Il paraît que ça fait des bonnes audiences le beach volley, rapport aux téléspectateurs esthètes quand il y a les Brésiliennes et les Suédoises dans le sable.  C’est peut-être pour ça qu’ils gardent la discipline mais qu’ils n’osent pas le jokari, qu’ils boycottent la pétanque en attendant 2024 et qu’ils ne réintroduisent pas la pelote basque. Sinon, si tu regrettes les majorettes, tu peux te consoler avec la gymnastique rythmique et artistique. C’est beau et kitsch comme de la natation synchronisée. Et tout aussi discriminatoire.

5 Tu vas à Rio

7 bonnes raisons de kiffer les JO

et n'oublie pas de monter là haut ! 

Klaus with K

C’est pas Atlanta, une ville nolife. C’est pas Londres à deux pas. C’est pas Pékin. Ou Sidney. Ou Seoul. Toutes ces villes qui t’empêchent de dormir tellement c’est loin. C’est Rio, yo ! Tu vas voir des cartes postales animées pendant quinze jours. Le beach volley, c’est sur le sable de Copacabana. Et ne me parle pas de retard du métro, de Daech planqué sous les palmiers, d’eau polluée ou de vélodrome en rade ou des chiottes bouchées. A tous les jeux, c’est pareil. Et on oublie quand ça commence...

6 Tu t’atèles à l’athlé

Le geste pur d'une fureur blonde . 

L’athlé, c’est simple comme un jeu d’enfant. Tu cours, tu sautes, tu lances. Mais il n’y a rien de plus beau que les foulées stratosphériques d’Usain Bolt, les sauts en apesanteur de Blanka Vlašić, et même les cris farouches des lanceuses de marteau bélarusses ci-dessus moquées. 

Tu ne t’ennuies jamais dans un stade. Il y a toujours un lanceur de Javelot qui s’élance (quelle classe, le geste auguste du lanceur) pendant que le relais 4 x 400 s’échauffe. Il y en a pour tout le monde : les grandes sauteuses scandinaves aux jambes aussi longues que le pont de  l'Øresund, les petits gabarits berbères qui pèsent 32 kg au 3000 m steeple, les lanceuses de poids mastoc et les décathloniens parfaits, ils et elles sont toutes et tous beauzébelles comme  des sculptures de  Botero, de Phidias, de Giacometti, de Rodin...

Et puis il y a le sport ultime. Le seul que tu n’oseras jamais tenter. Because, courir, sprinter, enjamber des haies, faire trois saut ou un Fosbury-flop, envoyer une grosse boule au loin… tout ça, t’as déjà donné à l’école.

Mais la perche… hein, on a beau te la tendre, t’oses pas la saisir. Courir comme un dératé, te propulser à six mètres en t’élevant la tête en bas, enrouler une barre en la frôlant sans toucher et tomber d’un immeuble de trois étages les jambes écartées : tout ça… t’es comme moi, tu peux pas. Tu la fermes et tu admires.

Au pied des perchistes, on est tous des limaces. Et on regarde des archanges. 

7 Tu te dis que ça reste une belle idée

7 bonnes raisons de kiffer les JO

Le plissé antique, c'est indémodable, non ? 

CIO Ian Jones

Comme la démocratie, le saphisme et le sirtaki, les Jeux Olympiques sont nés en Grèce. La légende reste belle même si le sport antique était d’abord destiné à modeler des soldats, l’invention de la Trêve olympique (ekekheiria en v.o.) est un legs hellène qu’on tente tant bien quel mal de remettre au goût du jour depuis les jeux de Londres. Cette année, nouveauté, le CIO a sélectionné cinq coureurs de demi-fond sud-soudanais, deux judokas congolais de RDC, un marathonien éthiopien et deux nageurs syriens pour constituer une équipe de réfugiés.

Il y aura dans le lot Yusra Mardini, une Syrienne dont le destin mériterait un film. Le canot pneumatique sur lequel elle a embarqué pour passer de Turquie en Grèce est tombé en panne. Il y avait 20 personnes à bord. Et Yusra avec sa sœur et une autre femme ont plongé pour remorquer, pendant trois heures dans l’eau froide, le canot jusqu’au rivage…

C’est aussi ça les JO, des trajectoires de vie incroyables, comme Jim Thorpe, l’Amérindien multi-médaillé des J.0 de 1912 dont on retira les médailles car il avait touché quelques dollars dans des matches de base ball et qu’à l’époque, on ne rigolait pas avec l’amateurisme ; comme Jesse Owens qui fit la nique à Hitler ; comme Peter Norman, l’Australien blanc complice méconnu des deux blacks panthers poings levés des jeux de Mexico…

Tu vas me dire, les JO, c’est aussi : le business sans pudeur, le dopage organisé, le chauvinisme sans frontières et la mondialisation débridée. Ouais. Si tu veux. Si t’es pas content, tu n’as qu’à pondre nous 7 raisons de boycotter les J.0. A 7x7, on est vraiment archipélagique je te dis...

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