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Affaire Baupin : 7 règles d'or pour ne pas finir en harceleur

Faire Par Hervé Resse 12 mai 2016

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Depuis quelques jours (et depuis toujours) on explique aux femmes ce qu'il faudrait faire pour ne pas être harcelées. Comme si c'était de leur responsabilité. On a pensé qu'il serait peut-être temps d'expliquer aux hommes comment ne PAS devenir harceleur. Suivez le guide !

Une fois rappelé l’inviolable principe de « présomption d’innocence », l’éventuelle réalité des agissements des Baupin, Sapin, Strauss-Kahn ou leurs congénères me mettent les abeilles. Les attitudes de harcèlement ne sont pas seulement « sexistes », ou « machos » : vues de mes lunettes d’homme bientôt sexagénaire, (coach, aussi) elles sont d’abord éminemment  minables. 

Mais soyons francs : le politicien toquard n’est pas seul à se comporter d’inacceptable façon dans sa sphère de travail. Le manager torve, le chefaillon visqueux, le collègue relou aux allusions aussi subtiles qu’un bon mot d’Hanouna, se croisent dans les bureaux, les ateliers, les salles de profs. Qu’on le prenne en flagrant délit de crétinerie lourdingue, il se disculpera toujours d’un pauvre « c’est pour rire » ou « rhooo, c’est pas méchant » ; auquel succédera l’inévitable «qu’est-ce que tu peux être coincée ! ». Il tentera plus tard d’autres manœuvres, en sournois, à la photocopieuse.

Les dieux m’en soient témoins, le puritanisme n’est pas du tout ma tasse de thé. L’ascétisme me paraît un art de vivre bien peu réjouissant. Et au rang des joies de l’existence, le sexe prendrait volontiers place sur mon petit podium –l’imaginaire du moins ; pour le réel, restons discret, et plus encore… modeste. 

Voilà tout de même 7 règles (d'or) que vous propose un type à peu près standard, qui éviteront au lecteur de devenir un triste Denis B. Aucun d’eux n’usera de l’argument « sexiste » versus « non sexiste ». Juste histoire de dire qu’on peut agir en « humains ». Peut-être aussi efficace pour faire succomber la donzelle de son choix.

1 La masturbation ne rend pas sourd, c’est même BON pour ta santé

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Avec les pépins de grenadine , un bon moyen de prévenir le cancer de la prostate

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C’est clair, la petite Josépha, nouvelle stagiaire aux charmes évocateurs, te fait un effet bœuf. Nous dirons même qu’elle te rend marteau. Et l’on n’est pas de bois. Autant de métaphores somme toute basiques, mais qui décrivent clairement ton ressenti du moment. Las, aucune ne t’autorise à transformer en enfer quotidien la vie de cette jeune personne, royalement rétribuée 400 € et des brouettes par mois, pour 40 h/semaine. 

En revanche, voici une bonne nouvelle : toutes les études confirment que se masturber est un excellent moyen de prévenir le cancer de la prostate. Et quel que soit ton âge, tôt ou tard sache-le, cette épée de Damoclès frôlera ton auguste front.

Par ailleurs, on sait qu’une bonne partie de cinq contre un n’a jamais entraîné le moindre trouble durable de l’audition. Pense donc à la petite Josépha autant qu’il te plaira, mais laisse-la finir son stage en paix. Ce qui compte avant tout pour elle, comme cela comptera un jour pour tes filles, c’est de valider son Master II ; puis de trouver un job, dans la foulée.

2 En cas d’attirance, l’urbanité est plus efficace

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Inutile de vous inspirer de lui, vous n'êtes pas Hugh Grant

Je t’entends déjà regimber, ami lecteur ! « C’est devenu le royaume du politiquement correct, alors ! On n’a plus le droit d’avoir du désir pour une collègue ??? » La question n’est pas celle-là. Tu peux parfaitement tomber amoureux d’une relation de travail. Sauf qu’en la plaquant contre un mur au sous-sol, en lui mettant la main au panier, en balançant des sous-entendus graveleux, peu probable que tu séduises la charmante. 

Au reste faut-il parler de « sentiment amoureux » ? Ta méthode revient surtout à la considérer comme soixante kilos de bidoche absolument dépourvus de cerveau, d’émotions, de ressentis, et de ce qu’on appelle estime de soi. En somme, tout ce qui constitue un « être humain abouti ». Si tu veux éveiller chez autrui un début d’attirance, regarde-la d’abord comme telle. 

Tente l’urbanité, la civilité, la gentillesse, l’entraide, la bienveillance. Au pire, naîtra une relation d’amitié ; ou tu passeras pour ce que tu peux devenir : un collègue plutôt sympa. Au mieux, elle acceptera un jour une invitation à partager un plat de pâtes ou un mojito. EN DEHORS des heures de travail.

3 Apprends à séparer le pro et le perso

… En effet, on sait aujourd’hui clairement qu’il est indispensable de séparer dans sa vie « le professionnel » et « le personnel ». Ça ne veut pas dire qu’on ne puisse épouser (voire se contenter de batifoler, si affinités) avec une collègue du service marketing. Mais en dehors des heures ouvrables ! 

D’autant que le mélange des registres est une incroyable source d’emmerdement maximum. Si celui que subit « ta » harcelée t’indiffère (ce qui n’est pas bien, mais qui suis-je pour t’y contraindre?), songe au boomerang qui un certain jour te reviendra pleine face. 

Tu finiras aux prud’hommes, ou à la rubrique faits divers. Tu vas planter un gros projet. Perdre ta place, et la face, devant ta régulière et vos héritiers. Harceler, c’est comme boire au travail, ou sniffer de la coke. Tôt ou tard, on paye le prix. 

4 Le BDSM, y a des endroits pour ça

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On a dit : pas  au travail ! 

La secrétaire

Je sais ce que tu vas me dire. Mon truc, c’est dominer. J’aime être celui qui DIRIGE, qui impose. Bonne nouvelle, il y a des femmes qui AIMENT la soumission, l’obéissance, et même ligotées contre un radiateur, n’en déplaise à quelques féministes radicales qui seraient égarées jusqu’ici. 

Sauf qu’elles le font en CONSCIENCE, dans un cadre érotique partagé, et dans le respect des limites acceptées. Que 50 nuances de Grey y soit ou non pour quelque chose important peu. Mais celles qui aiment ces situations savent pertinemment qu’il existe des lieux de rencontre, virtuels comme réels, pour entrer dans ce cadre ludique. Et elles sont assez grandes pour y choisir leur camarade(s) de jeu. 

En revanche, si ce qui te plaît, c’est d’imposer à quelqu’un ce dont il ne veut pas, ça ne fait plus de toi « un Maître », ou un « dominant ». Juste un triste salopard qui ne mérite qu’une chose : se retrouver au tribunal.

5 Jacquie et Michel, c’est comme le Père Noël

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… Ah oui ! Tant que nous y sommes. Il faut préciser, peut-être. Nous vivons un temps où virtuel et réel se superposent. Des fois, on ne sait plus trop où se situe la réalité. Dans les vidéos proposées sur le célèbre site « Jacquie et Michel », l’infirmière, la comptable, voire la directrice d’agence (si, si) sont toutes absolument disponibles, quasi presque tout le temps, pour la gaudriole échevelée, le gang bang à la pause, en salle des archives (on n’a pas encore tout « digitalisé »), voire en pleine rue (si, si, bis repetita). 

Et même ! Elles te le font savoir, moyennant une rétribution de 300 € pour une vidéo de 90 minutes. Hélas, dans la vraie vie, c’est assez différent. Les femmes sont payées 18% de moins en moyenne que les hommes pour le même job, elles rament davantage pour les promotions (ce qui ne signifie pas qu’elles soient toutes OK pour la case canapé). Les réunions leur tombent souvent dessus à l’heure où il faut chercher le petit chez la nourrice, ou à l’école.

Du coup, le travail leur est plus souvent source de stress qu’incitation aux caresses. Fais donc un peu preuve d’empathie (être en mesure de pressentir ce que l’autre ressent). Et n’oublie pas que la solidarité au travail, ça vaut AUSSI entre collègues de genres différents.

6 Notre minute communicante : « non » ne veut pas dire « oui »

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Qu'elle se masturbe ou non, elle n'est pas sourde. Elle a entendu et compris ce que tu voulais. Tu es surtout dur de la comprenette si tu t'obstines malgré son refus ou son indifférence.

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Ton drame, en fait’hin, c’est que tu as essayé de lui faire COMPRENDRE que tu étais dingue d’elle. Tu lui as même dit que tu en SOUFFRAIS. Tu le lui as écrit, peut-être. Pour autant, tu n’as pas réussi à la convaincre de la pureté de tes intentions. Alors tu insistes. Tu persévères et reviens à la charge. 

Voilà sans doute ce qui, même armé de sentiments sincères, peut constituer la plus insidieuse conduite de harcèlement. Tu ne le fais pas par perversion, par volonté de détruire ou de dominer… Tu le fais juste parce que tu es toi-même dominé par la force de ton désir, de ton envie. 

Revenons donc à la base : quand on a dit « non », ça ne veut pas dire « essaye encore», « retente ta chance », « remets une pièce dans la fente ». À moins qu’elle ne te confie « tu sais, j’ai un peu changé d’avis », une fille qui a dit non, a dit non. C’est dur à admettre ? Tu ne veux pas de l’argument de « sexisme » ? Considère alors que tu te comportes dans ce cas comme un putain d’égoïste. Et ce n’est pas comme ça non plus que, dans la majorité des cas, on séduit sa voisine d’open-space. Retourne alors en case n°1. 

7 Accéder à l’exigence fait progresser la conscience

On va finir en intellectualisant un peu le propos, merci d’être resté jusque-là. Parce qu’ils ont accédé aux cercles restreints du pouvoir, nos tristes gugusses cités en introduction, nos Sapin ou Baupin, qui se croient chauds comme des lapins, et de même tous leurs congénères, sont en réalité tellement infatués d’eux-mêmes qu’ils n’ont même plus cette sagesse minimale : apprendre un peu de l’expérience. 

Or plaçons-nous dans une véritable perspective d’éthique (mot dont ils se gargarisent si souvent, pour de si piètres résultats) de la personne. Un socle fondateur de tout dirigeant (politique, d’entreprise, ou leader d’opinion) serait que loin d’octroyer des droits ou privilèges, le pouvoir oblige d’abord à des responsabilités supplémentaires. 

Incapables d’apprendre, ces mectons restent coincés dans leur fondamentale contradiction : plus ils parlent de « modernité », de « renouveau », de « progrès », plus ils se comportent comme ce qu’ils sont. De tristes bourgeois du XIXe, fondamentalement ringards, obsolètes, inadaptés. Pas même dignes d’une figuration intelligente chez Balzac, ou d’un conte chez Maupassant. Trouve-toi d’autres modèles, ce sera déjà ça de gagné.

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