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Fatales pizzas pour le boss de la camorra (et 6 autres faits divers)

Savoir Par Arnaud Levy 09 mai 2016

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Trop gourmand, Mangagniello !

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Manganiello aimait trop le foot et les pizzas, la stripteaseuse n'était pas une bonne mère et les jeunes Turques pourraient jouer dans un Tarantino. Si vous avez omis les derniers faits divers, ne ratez pas la récap' ! 

Qu’ils nous effraient, nous indignent, nous affligent ou parfois même nous amusent, on trouve aisément 7 bonnes raisons d’aimer les faits divers. La preuve par 7 et en un mois.

1 Tabassage aux enchères sur Periscope

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Y a pas à dire : Periscope est l'appli qui monte, qui monte. Mais pas seulement pour faire concurrence aux chaînes d'info en ligne dans la couverture des talk shows et des afters de Nuit Debout. ... Vous avez soupiré devant les insultes qui ont plombé la saison de Serge Aurier et, partant, pris sa part dans l'élimination du PSG en Champions League ?  Vous avez été affligé par le défi  des deux employés de SFR pris en flagrant délit de vendetta sur le smartphone d'un client? Vous serez révulsé par le tabassage mis aux enchères dont a été victime en direct un jeune bordelais, le 23 avril. La vidéo, qui a évidemment tourné en boucle sur les réseaux sociaux avant d'être relayée par les sites d'info, en dit autant sur les auteurs, deux jeunes de 15 et 16 ans, que sur leurs spectateurs.  

L'un filme, l'autre cogne. Mais d'abord ils causent pour présenter leur  défi  intitulé "A 40 spectateurs on met des KO".  Direction le quartier des boîtes de nuit. "On a deux coups chacun, si y'a pas de K.O en deux coups, l'autre finit !" s'amuse l'un. Les messages défilent et le compteur affiche 1369 spectateurs quand le duo tombe sur un noctambule visiblement éméché. Coup de poing, balayage, coup de pied au sol. Puis le duo prend le large, laissant sa victime blessée sur le pavé en s'adressant à son public à renfort de "Je m'en bas les couilles" "bande de bâtards " et autres "bande de fils de putes".

Pendant la scène, les messages semblaient partagés entre réprobation dégoûtée et approbation rigolarde. Mais par la suite, le bashing  vengeur déferle sur les réseaux sociaux. Les menaces poussent l'auteur des coups à  faire acte de contrition sur Periscope pour son "acte complètement idiot". Sa mère, effrayée par les menaces, présente ses excuses à la victime et se dit "horrifiée" par le geste de son fils. Celui-ci explique-t-elle, a "chaviré" et est parti à la dérive depuis le décès de son père. Les deux jeunes se rendent et sont mis en examen pour violences volontaires avec préméditation et avec des circonstances aggravantes. L'auteur des coups a été placé en foyer. Son comparse fera objet d’une enquête des services de protection de l’enfance et de mesures de réparations.

2 Les femmes du bus de Kocaeli

L'un des buzz du mois nous est parvenu de Turquie, porteur, avouons-le, d'un jouissif et "Tarantinien" sentiment de vengeance nourri au girl power. Dans un bus bondé de la province de Kocaeli (nord), la vidéo d'une caméra de sécurité montre un homme cheveux courts, veste à la main et sacoche à l'épaule, soudain pris à partie par une femme, montré du doigt, giflé. Il aurait exhibé son sexe, déclenchant la révolte de la victime. Révolte contagieuse, car une avalanche de coups maladroits mais déterminés s'abat sur le harceleur entouré de femmes en colère. Le chauffeur a ensuite arrêté le bus devant le poste de police de Basiskele. Expulsé par l'ire des révoltées, l'homme de 34 ans y aurait été cueilli par les policiers.

Cette scène de solidarité peut offrir un réjouissant contrepoint aux phénomènes massifs de harcèlement sexuel tels ceux dénoncés en 2010 par le film égyptien Les femmes du bus 678, ou dramatiquement illustrés par l'affaire du viol collectif de New Delhi. Et ni l'Europe, marquée par les évènements du nouvel an à Cologne – dont l'interprétation déchire l'intelligentsia –, ni la France, où les autorités tentent de lutter contre le harcèlement des "frotteurs", ne sont épargnées par le mal. 

3 Quand le juif n'existe pas, l'antisémite l'invente

Il y a dix ans, Ilan Halimi, 23 ans, était enlevé, torturé et tué par le "gang des barbares" dirigé par Youssouf Fofana, au motif qu'étant juif, la victime ou sa communauté serait riche et paierait. L'affaire marquait l'opinion et révélait l'intensité en France des préjugés associant (notamment) les juifs à l'argent. Dix ans après, ceux-ci n'ont pas diminué si l'on en juge tant par les statistiques que par les études d'opinion ou des faits qui n'ont rien de divers. Le 19 avril, trois jeunes de 15 ans ont été interpellés pour avoir tendu un guet apens en novembre dernier à un serrurier qu'ils croyaient juif.

 Il avait suffi, pour déclencher leur pulsion antisémite, d'entendre sur une radio communautaire une publicité pour une entreprise de serrurerie du 11e au nom à consonance juive. Ils appellent alors et donnent rendez-vous à Bussy-Saint-Georges pour un devis d'installation de porte blindée. Masqués, armés d'un couteau et d'une bombe lacrymogène, ils agressent le salarié de l'entreprise qui se présente. Les coups pleuvent, les insultes aussi: "Donne ton pognon sale juif !".

"Je me suis dit 'ils se sont trompés', mais s'ils ne s'étaient pas trompés, c'est mon patron qui aurait pris les coups", a témoigné la victime sur Europe 1. "Je n'ai pas eu le temps de leur dire 'je suis pas juif (...) C'était réellement visé contre les juifs. Ce sont des petits jeunes qui voulaient frapper un juif". Sur la même radio, Raphael Enthoven a tiré la morale de l'info en citant Sartre : "Si le juif n'existait pas, l'antisémite l'inventerait".

4 7 nuits, debout contre les dealers

Tandis que place de la République on cherche depuis avril la formule philosophale qui ouvrira la voie radieuse de la convergence des luttes, à Saint-Denis, les habitants de la Cité Paul-Eluard, eux, ont passé 7 nuits debout contre les dealers.

Entre fatalisme et crainte de représailles, longtemps ils s'étaient résignés au trafic du cannabis qui avait mis leur cité en coupe réglée. Supportant le ballet des voitures sous leurs fenêtres, le contrôle de la tour numéro 7 et des allées et venues par des gamins avachis et arrogants, les cris, les invectives, le bruit incessant la nuit, les règlements de compte. Jusqu'à ce qu'un incendie dans le parking de la tour n°7 se propage aux voitures d'une aide-soignante travaillant en horaires décalés et d'un riverain qui, faute d'assurance tous risques, ne pourrait être indemnisé. Le ras-le-bol éclate et, à l'initiative de trois femmes, nuit après nuit, des habitants se relaient au bas de la tour 7 pour tenir les lieux autour d'une table, de jus de fruits et de thermos de café, empêchant les dealeurs de s'installer, résistant, nuit après nuit, aux intimidations, aux menaces et aux provocations.

Pour la police cependant, la cité Paul-Eluard ne représente qu'un point de deal secondaire comparée à d'autres zones de trafic du département. Pas étonnant que ces dernières années les actions de protestation de ce type se soient multipliées en Ile-de-France.

Après une semaine d'authentique mobilisation citoyenne, à Saint Denis le business des dealers semblait avoir été comme bouté hors de la cité. Mais jusqu'où et pour combien de temps ? s'interrogeaient les habitants demandeurs d'une présence policière plus régulière.

Il est vrai que chez les résidents de cette cité populaire, à la différence des révoltés de l'est parisien,  personne semble-t-il ne déteste vraiment la police. "La BAC", la brigade anti-criminalité, "c'est la chose qui leur fait peur et qui les a fait fuir une fois" a confié à France Info Beata,  une des initiatrices du mouvement qui assurait n'avoir "pas peur"  en dépit des menaces de représailles. Après tout, rigolait cette habitante polonaise, "j'ai survécu au communisme" ...

5 Fatales pizzas pour le boss de la camorra

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Oui d'accord, flics et mafioso ont le même coiffeur

Ah! l'Italie!...Ses pizzas... Son football... Sa mafia.... Samedi 16 avril, ces trois traditions ont été combinées lors de l'arrestation de celui que la police présentait comme l'un des cent plus dangereux criminels du pays. Le goût du foot et des pizzas  s'est révélé fatal à Roberto Manganiello, 34 ans, un "capo" de la Camorra, la mafia napolitaine. En fuite depuis 2013, l'homme s'était réfugié dans une cache du clan à Orta di Atella, d'où il gérait le business traditionnel de la Camorra, fait de trafic de drogue et d'extorsion. 

Ce soir-là, en compagnie de sa maîtresse, il regardait la rencontre opposant le Napoli aux ennemis nordistes de l'Inter Milan, quand deux policiers déguisés en livreurs de pizzas ont sonné à la porte.... Neveu du "Boss" Gennaro Marino, dit "McKay", Manganiello est notamment accusé de l'assassinat, en octobre 2004, de deux membres d'un clan ennemi qui avait déclenché l'une des premières et plus cruelles affaires de vendetta entre familles mafieuses du quartier napolitain de Scampia,  théâtre du livre de Roberto Saviano, «Gomorra». 

Au-delà du dénouement pittoresque de la traque, le ministre de l'Intérieur italien, Angelino Alfano, a salué dans l'arrestation le "résultat d'une enquête de haut niveau" impliquant la coordination de plusieurs unités de la police.

Pour ajouter l'insulte sportive à l'injure policière faite au "Capo", ce soir-là le Napoli s'est incliné 2 à 0 face à l'Inter, laissant s'envoler les rêves d'un titre attendu depuis 26 ans...        

6 La sinistre vengeance du trafiquant

Quand elle est mise à nu par Scorcese dans les Affranchis, la férocité des rapports mafieux peut fasciner ou amuser. Quand elle fait irruption sur le macadam de nos cités, elle inquiète autant qu'elle effraie, semblant interroger sur les rapports prescriptifs entre fiction et réalité. L'arrestation, mi avril, du commanditaire et des auteurs d'une expédition punitive ayant coûté la vie à un jeune de 17 ans de Montpellier, a permis de reconstituer le sinistre scenario d'une vengeance ordonnée par un trafiquant de drogue.

Mercredi 30 mars au pied de la maison de quartier Jacques-Prévert, dans la cité Astruc, deux hommes sont déchargés d'une voiture qui repart en trombe. Le corps martyrisé, Sofiane, 17 ans, va succomber à ses blessures. Edouard, 21 ans, est moins sérieusement touché. S'appuyant sur son témoignage, le SRPJ de Montpellier entame une traque minutieuse.

Le drame s'est noué mi-février lors d'une soirée à laquelle les deux jeunes ont été invités au domicile d'un trafiquant de drogue notoire de la région, à Capestang. A son terme, le dealer s'aperçoit que 15.000 euros lui ont été dérobés. Fou furieux il mandate trois petites frappes pour retrouver les participants à la soirée et "mettre à l'amende" les auteurs du vol.

Deux adolescents sont enlevés, dénudés et bastonné dans un bois avant d’être libéré. Puis un autre fêtard est retrouvé, kidnappé. Passé à tabac une nuit durant, il doit creuser ce qu'il croit être sa future tombe à la lumière des phares d'une voiture. Mais lui aussi arrive à convaincre qu'il est hors de cause.  Il est relâché. Ne restent que deux invités.

Le 29 mars Sofiane et Edouard sont à leur tour localisés et enlevés près de Capestang. Toute la nuit, dans un champ, dans un parking, puis dans un logement les tortionnaires s'acharnent sur Sofiane qui crie son innocence puis perd conscience sous les coups. Au matin, il agonise. Le quatuor se ravise et décide d'abandonner ses victimes Cité Astruc. Les proches de Sofiane organiseront une marche blanche en l'honneur de Sofiane. Une de plus. L'ado au casier judiciaire vierge avait finalement eu pour seul tort de fréquenter les voyous du deal. Il en est mort.

7 La stripteaseuse, la voiture et l'enfant

Le fait divers est un éternel recommencement. Le mois dernier, 7x7 vous narrait  les mésaventures d'un père américain poursuivi pour s'être rendu dans un club de striptease de Los Angeles en laissant sa fillette de 9 mois dans une voiture sous une forte chaleur. Une scène similaire s'est produite à Nashville, Tennessee aux abords du bien nommé "Deja Vu Show girls club". Mais cette fois, c'est une mère qui a été arrêtée pour avoir laissé sa fille de 9 mois dans la voiture alors qu'elle passait une audition.

Kelsey McMurtry, 24 ans, a expliqué avoir chargé son amie Summer Taylor, 19 ans, de veiller sur le bébé. Mais celle ci a préféré assister au show de sa copine, laissant le nourrisson -de surcroit chaudement vêtu- dans la voiture aux fenêtres fermées. A 4 heures de l'après midi la température extérieure était de 22° degrés à Nashville mais dépassait les 37° à l'intérieur du véhicule. La copine a juré être sortie pour surveiller l'enfant, mais les témoins l'ont contredite précisant que la fillette était restée seule pendant la demi heure précédant l'arrivée de la police. La mère a, elle, tenté de donner une fausse identité pour échapper à un mandat déjà délivré à son encontre. Toutes deux seront poursuivies. Hospitalisée en urgence, l'enfant a été confiée aux services sociaux.

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