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7 infos pour les dames qui ont kiffé le foot à l’Euro 2016

S'étonner Par Hervé Resse 30 août 2016

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Supportrices belges très bien entraînées. 

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Vous étiez une supportrice néophyte pendant l’Euro ? Grâce à Môssieur Resse, vous allez devenir une footologue respectée pour la prochaine Coupe du monde. Première leçon, dès ce premier septembre avec le retour des Bleus lors d'un match amical contre l’Italie. 

Ce n’est pas pour donner dans le machisme effréné, la misogynie névrotique, le phallocratisme outrageux. Mais, ne nous voilons pas non plus la face ! Chaque fois qu’une équipe de France touche ou frôle le succès final (Jacquet 98, Lemerre 2000, Deschamps 2016) on voit partout fleurir de ces femmes soudain bariolées tricolore qui, telles des mômes de dix ans, s’entichent de héros dont elles ignoraient jusqu’à l’existence, deux mois plus tôt.

Combien auraient juré, avant juin, que Griezmann était une marque de bière, et Benzema un syndrome dermatologique ? Ce qu’aiment en vérité ces dames (et c’est bien leur droit), ce n’est pas le football comme esthétique, comme culture, comme histoire sans fin. C'est l’éphémère vibration qu’apporte la victoire. L’ayant dit, on sait que ce symptôme existe aussi en version masculine. On en a vu, de ces zouaves qui se tapent de la Marseillaise et du drapeau tricolore comme d’une victoire du Gazélec Ajaccio, qu’on retrouve aux (rares) soirs de triomphe beuglant « … Et TROIS ZERO ! ». Jusqu'à l'euphorie qui fait tout oublier, jusqu'à envisager même de revoter Hollande en 2017. C’est dire.

A l’évidence, la France n’est pas un VRAI « pays de football ». C'est un pays où on aime surtout gagner. La folie Bleue est donc probablement calmée chez nombre de fan-e-s éphémères… Jusqu’à la prochaine fois. Mais il se peut toutefois que certaines aient chopé pour de bon le virus. Celles-là auront désormais à cœur de tenir la dragée haute à leurs interlocuteurs, à l’heure de regarder puis de « refaire » le match. Aidons-les à combler ce petit déficit culturel qui distingue le simple curieux du fondu véritable. L’équipe de France revient défier l’Italie ce 1er septembre: voici 7 rappels utiles pour « causer ballon » comme une pro.

1 France-football, c’est en kiosque tous les mardis

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Pour info, c'est 30 euros l'offre découverte (14 numéros). 

Surnommée par tout bon amateur « La Bible du Football », France-Foot est cette indiscutable institution que le monde entier nous envie, et l’organisateur du fameux Ballon d’Or. Rappeler alors les Français qui l’ont gagné.  Ils ne sont pas si nombreux : Raymond Kopa, Michel Platini (3 fois), Jean-Pierre Papin et Zinédine Zidane (en 98). Non non, Thierry Henry ne l’a jamais reçu. Cyrille Pouget non plus, d'ailleurs. Conseil : ne vous avancez pas trop s’avancer pour affirmer candide qu’Antoine Griezmann rejoindra cet hiver ces héros au pinacle, après son formidable Euro. S’il monte sur la troisième marche du podium, ce sera déjà magnifique. Ce sera probablement derrière Cristiano Ronaldo et Gareth Bale qui, eux, ont gagné (la Ligue des Champions, et le Championnat d’Europe pour le premier nommé). On prend les paris ?

2 So Foot, c’est mensuel

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Pour info, c'est 20 euros pour six mois. 

Le football traina longtemps cette image tenace d’un sport de beaufs, joué par des ahuris surpayés, apprécié uniquement par des machos standard. Rares étaient avant 98 les intellectuels qui avouaient cette coupable passion. Pour impressionner Monsieur, placez au moins une fois, manière de lui clouer le bec, la fameuse phrase d’Albert Camus, qui n’était pas un imbécile, et qui écrivit (en substance) « tout ce que je sais de la nature humaine, c’est sur un terrain de football que je l’ai appris ». De toute façon, tout cela c’était AVANT. Avant So Foot, une des plus belles réussites de la presse écrite de ces dernières décennies. Tout à la fois gorgé d’humour, d’invention, de passion, de connaissance encyclopédique, et « d’angles » inattendus, comme on aime à dire dans la presse. So Foot est LE magazine qui parle ballon comme aucun autre avant lui. Abonnez-vous. Tout le monde vous respectera.

3 Le hors jeu, c’est la Loi numéro onze

Pub affreusement sexiste (et affreusement drôle) pour une bière affreusement mauvaise. 

Une légende pour le coup honteusement sexiste affirme qu’il est impossible de faire comprendre à une femme les règles du hors-jeu, à vrai dire assez complexes. Au reste, pas sûr que 100% des mordus masculins soient sur ce sujet incollables. Avant qu’on ne vous jette votre méconnaissance au visage, tel soir de Ligue des Champions, retenez juste que dans le règlement FIFA, cette loi porte le numéro 11. Facile à mémoriser : c’est comme le nombre de joueurs dans une équipe. Oui. Car rappelons-le, tout de même, aux plus étourdies : 15, c’est au rugby (quoique pas tout le temps...)

4 Soutenez Clermont et Juvisy

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"Oui coach, bien coach, j'y retourne coach"

Twitter

Le foot est l’avenir de la femme, et la femme l’avenir de l’homme. La cause est entendue. On connaît même des fans de ballon rond qui vous jurent que le football féminin a beaucoup progressé. Qu’on peut vraiment y prendre du plaisir, si, si , franchement, essaye une fois, tu verras... Loin de moi l’idée de m’embourber dans ce genre de polémique ou diatribe. J’inviterai juste nos chères lectrices converties à la passion selon Saint Matthieu (Valbuena), à soutenir Clermont-Ferrand. Le seul club professionnel français actuellement coaché par une femme.

Corinne Diacre, ancienne gloire internationale, y tient ses joueurs en Ligue 2 depuis plus d’un an. Et si elle n’a pas encore atteint les sommets, elle démontre à tous que c’est ble-ssi-po.

Soutenez aussi Juvisy, premier club français à avoir vraiment cru dans le foot féminin, même si PSG et l’Olympique Lyonnais semblent depuis s'affirmer comme les deux bastions français côté femmes. Ces deux conseils donnés, j’estime avoir déjà fait beaucoup pour démontrer « ma bonne volonté ». Pure hypocrisie, lancent mes amis. Diplomatie, rétorquai-je, toute honte bue.

5 Ayez toujours une pensée pour Marianne Mako

Loko face à Mako : un grand moment de Télé Foot

Marianne Mako, qui s’en souvient, fut une des premières journalistes à tenter de trouver sa place dans le foot à la télé. Cétait en des temps reculés (disons, vingt ans). Elle était une des rares à tenter de trouver place au micro, au sein du service des sports de la première chaîne française, et je crois qu'il y fallait un peu de courage. A Télé-Foot, elle tenait sa chronique, « Crampons Aiguilles », puis fut remerciée en 1997. Marianne Mako, malgré son prénom hautement symbolique, demeure donc ce rendez-vous manqué entre la République paritaire et le Dieu Football. Un jour, gloire lui sera rendue. Elle reposera au Panthéon, entre Olympe de Gouges et Marie Curie. « Mais le plus tard possible, naturellement ! » ajouterait, mi –chèvre, mi-chou, Thierry Roland qui n’était pas, à franchement parler, son plus farouche défenseur.

6 Nul besoin de parler vulgaire pour causer ballon !

L'exemple à ne pas suivre : Francesca Antoniotti.

Dans cet empressement à aimer le foot, chères supporteures, ou supporteuses, il y a aussi, ne dites pas non, la satisfaction de s’approprier un truc jadis « réservé aux mecs ». Ne dîtes pas non, c’est ce même genre d’excitation qui fait entrer dit-on quantité de femmes au Grand Orient de France (devenu mixte depuis cinq ans) ; et qui ferait demain naître d’inattendues vocations de diaconesses, pour peu que l’Eglise Catholique y consente, sous la houlette du bon Pape François.

Rien n’est plus jouissif, avouons-le, qu’une citadelle qu’on parvient à  prendre à la hussarde ; et celle du foot, comme toutes les autres, finit par tomber. On voit et entend d’ailleurs sur toutes les ondes, de jeunes journalistes femmes, spécialistes du ballon rond, dont le nombre suffirait à retourner dans sa tombe le regretté Thierry déjà cité.

Précisons alors à ces dames qu’il n’est pas indispensable, pour s’imposer dans le commentaire footballistique, de faire assaut de vulgarité, façon « je cause comme les mecs, faut pas m'la faire, je suis leur égale » ;  ni de s’époumoner en mode marché aux poissons - JE TE DIS QUE LYON JOUE MIEUX QUE MONACO !!!- ; encore moins d’en appeler à la sempiternelle guerre des sexes (ou des genres) pour peu qu’on songe à vous porter la contradiction.

Bref, autant que possible, ne devenez pas la Francesca Antoniotti de votre famille ! Inspirez-vous plutôt de ces générations de jeunes femmes, aux connaissances tactiques et techniques hyper pointues, qui parlent en véritables connaisseuses, sans se départir de ce qu’elles peuvent offrir de neuf et de meilleur à ce sport : élégance et finesse d'esprit, sourire et un rien d'humour.

7 Et pour les retardataires…

La chanson culte de l'Euro 2016 : à apprendre par coeur. 

On ne dit pas « ça va se jouer aux pénalties », mais « aux tirs aux buts ». Il n’y a pas de prolongations en matchs de championnat. Le but à l’extérieur compte double (en matchs de Ligue par aller/retour) mais seulement en cas d’égalité sur le total des deux matchs (mieux vaut une défaite 2-1, que 1-0). Contrairement à ce que disposait naguère un commentateur, la notion de « corner intéressant » est aussi inexistante que la mixité dans les compétitions (il faudra attendre un peu). Zinedine Zidane ne JOUE pas au Real Madrid. Il en est le coach, et oui le temps passe pour chacun et chacune). Paris Saint-Germain gagne tout ce qu’il veut… En France. Pour la Ligue des Champions, ce n’est pas encore fait. Enfin, la prochaine Coupe du Monde sera déroulera en Russie. Mais pour y vivre à fond la folie collective que promet l’évènement, encore faudra-t-il que la France s'y qualifie. Et pour y parvenir souvenons-nous toujours de ce principe fondateur : « les occasions, il faut savoir les mettre au fond ».

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