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7 questions pour (enfin) comprendre la technologie blockchain

Savoir Par Charlotte Laurent 07 février 2017

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La blockchain est la disruption de l'année 2016, 2017, 2018....

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Soyez honnête. Elle a beau être la nouvelle technologie de rupture, vous ne bitez rien à la blockchain... Promis, on vous l'explique en 7 questions.

La block… quoi ? La technologie blockchain est la nouvelle lubie numérique de l'année 2017. Car ses applications se multiplient et on se rend compte qu'elle pose de multiples problèmes, technique, sociaux, sociétaux et juridiques : «Le droit romain n’a pas anticipé la blockchain» ironise Nicolas Capt, avocat  suisse et spécialiste du droit des médias et des nouvelles technologies.

Mais le plus grave, c'est que tous ceux qui en parlent n'en mesurent ni le fonctionnement, ni les conséquences. "La blockchain court aujourd'hui le danger de devenir un simple buzzword, brandi comme symbole d'une disruption ultime sans être pourtant véritablement compris par ceux qui en parlent", peut-on lire en avant-propos de l'ouvrage La Blockchain décryptée, les clefs d'une révolution, proposé par la start-up Blockchain France, édité par Netexplo.

Alors, ne prenons pas le risque de voir ce terme utilisé à tort et à travers : voici sept questions pour comprendre de quoi on cause quand on parle de blockchain (et vous la raconter un peu à la machine à café lundi matin). A lire du point 1 au point 7 dans l'ordre pour ne pas perdre le fil.

1 En quoi cette technologie est-elle révolutionnaire ?

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The Economist ne pèse pas ses mots : la blockchain "pourrait changer le monde".

Elle "pourrait changer le monde", titrait The Economist dès le mois d'octobre dernier. C'est "une révolution" pour Libération. Une chose est sûre, ça a l'air foutrement disruptif cette histoire. Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? 

C'est une technologie de stockage et de transmission d'informations, un protocole de gestion de données numériques. Une grosse base de données, quoi. Jusque là, rien d'extraordinaire. Ce qui change la donne avec la blockchain, c'est qu'elle est : 

- Transparente : chacun peut consulter l'ensemble des échanges, présents et passés.

- Sans organe de contrôle ni tiers de confiance  : elle est fondée sur des échanges de pair-à-pair (P2P). 

- Infalsifiable et sécurisée : contrairement aux bases de données plus classiques, elle est "distribuée". C'est-à-dire que différents exemplaires existent simultanément sur différents ordinateurs baptisé "nœuds" du réseau. De quoi éviter que la blockchain puisse être hackée (voir point 3).

Comme l'écrit le mathématicien Jean-Paul Delahaye, imaginez "un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement, gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, qui est impossible à effacer et indestructible." 

2 Comment ça marche cette "chaîne de blocs" ?

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blockchain france

Si vous avez lu attentivement le point 1, vous avez déjà compris qu'une blockchain est une base de données numériques transparente, sécurisée et sans organe de contrôle. D'accord, mais pourquoi "blockchain" ou "chaîne de blocs" ? La transparence de cette technologie repose sur le fait que chaque échange effectué entre ses utilisateurs depuis la création même de la blockchain en question y sont inscrits. Ces échanges successifs y sont enregistrés sous forme de "blocs de transactions" qui, mis bout à bout, forme donc une "chaîne". D'où la notion de chaîne de blocs. C'était pas si compliqué finalement.

3 En quoi la blockchain est-elle si "infalsifiable" ?

Répliqué sur l'ensemble des nœuds du réseau – relisez le point 1 si vous ne comprenez pas cette première phrase – le registre ne pourrait donc être falsifié que si plus de la moitié de ces nœuds étaient corrompu simultanément. "Depuis sa création, la blockchain de Bitcoin n'a ainsi jamais été hackée", affirment les auteurs de La Blockchain décryptée, les clefs d'une révolution

Distribuée, et non centralisée, la base de donnée est aussi doublement sécurisée. D'abord par un système de cryptographie dite "asymétrique". Pas de panique, le terme paraît barbare, mais cela signifie simplement qu'il faut deux clés différentes (une privée, une publique) pour soumettre une transaction dans la blockchain. Ensuite, la validation des échanges sous forme de blocs (relire le point 2 si besoin) est soumise à un processus baptisé "minage". Mais souvenez-vous, il n'y a pas d'intermédiaire de confiance ou d'autorité centrale quand on parle de blockchain. Les "mineurs" chargés de vérifier la validité des transactions bloc par bloc sont des particuliers, rémunérés pour mettre à disposition la puissance de calcul de leurs processeurs (voir ce graphique, publié dans La Blockchain décryptée, les clefs d'une révolution). On vous épargne les problèmes mathématiques que ces ordinateurs doivent résoudre pour effectivement valider les transactions. Dans la blockchain Bitcoin, cette technique s'appelle le "Proof-of-Work" (preuve de travail). "De gigantesques fermes d'ordinateurs ont ainsi vu le jour", nous explique Clément Jeanneau, co-fondateur de la la start-up BlockchainFrance. Car les mineurs se sont regroupés en pool.

4 Quel est le rapport avec le bitcoin ?

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Wikimedia commons - Helperdz

Si blockchain et bitcoin sont régulièrement associés, c'est que la technologie blockchain est "l'infrastructure virtuelle sur laquelle repose le bitcoin", "le protocole décrivant le fonctionnement du réseau sur lequel cette monnaie circule", définit l'ouvrage La Blockchain décryptée, les clefs d'une révolution. Elle est donc née en même temps que les premiers bitcoins, en 2009. Pour rappel, la première transaction avec cette monnaie, en mai 2010, était l'achat de… deux pizzas. Mais revenons à nos moutons : si le bitcoin ne peut exister sans la blockchain, l'inverse n'est pas vrai. Et elle a un potentiel bien plus énorme.

5 Qui a inventé la blockchain ?

Son inventeur reste à ce jour inconnu. Nous ne connaissans que son pseudonyme, Satoshi Nakamo. Est-il un individu ? Est-ce un groupe ? Régulièrement, certains revendiquent la paternité du bitcoin et donc de la technologie blockchain. En mai dernier, l'Australien Craig Wright affirmait à la BBC être le fameux Keyser Söze du bitcoin. Mais sommé de fournir une preuve incontestable, il a renoncé. "Je sais qu'on ne me croira jamais. Je suis désolé", écrivait-il alors sur son blog. Le mystère reste entier.

6 Comment la blockchain peut-elle ubériser Uber ?

Elle aurait le potentiel "d'ubériser Uber" selon L'Usine Digitale. Le livre La Blockchain décryptée, les clefs d'une révolution parle même de "désintermédiation ultime". C'est bien joli ces expressions grandiloquentes, mais ça veut dire quoi au juste ? C'est simple. La décentralisation de cette technologie remet en cause le rôle habituel des tiers de confiance. Y compris les banques ! 

Exit les plateformes d'intermédiation à la Uber ou Airbnb, par exemple. Avec la technologie blockchain, les utilisateurs pourront effectuer des transactions de pair-à-pair directement avec un chauffeur ou un loueur, sans (presque) aucune commission ni intermédiaire. Des "Airbnb-killers" et des "Uber-killers" fondés sur cette technologie sont donc déjà en développement. Les grands acteurs de l'économie collaborative feraient bien de se méfier…

7 La blockchain, ça pèse combien ?

6 milliards d'euros d'économie par an dans le monde. Voilà la promesse de la technologie blockchain selon une étude de Goldman Sachs Investment Research. Une projection limitée aux transactions de titres en espèce. On vous laisse imaginer l'ampleur des économies réalisées si la technologie s'immisçait dans les secteurs de l'économie collaborative, de l'énergie, de l'assurance… Une révolution, vous dis-je.

8 7 + 1 expérience pour expliquer la blockchain à un enfant de 5 ans

Pour mieux en comprendre le fonctionnement et le potentiel, le collectif BAM et la start-up Blockchain France ont utilisé la métaphore de la corvée de vaisselle. Vous ne voyez pas le rapport ? Cliquez ici.

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