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7 raisons de devenir POPULISTE (et Gilet Jaune)

Décrypter Par Eric Le Braz 15 mars 2019

7 raisons de devenir POPULISTE (et Gilet Jaune)

Coluche, inspirateur des gilets jaune et incarnation de l'anarcho-populisme à la française. 

Agoravox
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Les gilets jaunes sont la bande annonce d’une révolution inéluctable. A terme, la victoire du populisme semble acquise. Alors autant imaginer le meilleur populisme possible…

Dans les milieux que je fréquente et qui m’ont adopté (mais pas dont je suis issu, hein, ce qui a un peu son importance comme nous le verrons un peu plus loin), il est de bon ton de railler le populisme. Car même si on aime un peu le peuple et si on le comprend (parfois), ce n’est pas pour ça qu’on l’approuve. D’ailleurs, on l’aime à distance le peuple. Il pue un peu la sueur, se tient mal à table et ne sait jamais ce qui est bon pour lui.

Ces préjugés ne sonnent pas complètement faux et, parfois, je ne suis pas loin de penser pareil. Un peu comme ce chauffeur de taxi qui me disait qu’il en avait marre de « ces connards de gilets jaunes » et qu’il faudrait « un bon dictateur pour remettre de l’ordre dans tout ça ». Parfaite mise en abîme du bordel ambiant. Et solution à nombre de problèmes. Le despotisme éclairé est un programme séduisant pour résoudre notre crise actuelle et future… Sauf que ça ne marche pas bien par chez nous. Même de Gaulle n’a pas voulu entamer une carrière de dictateur. Car comment fait-on avec un peuple qui veut zigouiller tous les chefs qui dépassent ?

La solution à ces problèmes qui donnent mal à la tête, c’est peut-être non seulement d’écouter le peuple mais aussi de lui obéir. Car il n’est pas plus con qu’un autre, le peuple (même s’il lui arrive de verser dans le Teubisme). Il possède une certaine sagesse. Sauf qu’il ne l’exprime pas très bien.

Jusqu’à lors, disons depuis les États généraux de 1789, il passait par des intermédiaires pour s’exprimer : des avocats concernés, des journalistes complices, des intellectuels culpabilisés et des militants communistes formatés. Maintenant qu’il y a des réseaux sociaux et du facebook live, il n’a plus besoin de personne pour livrer le fond de sa pensée sans filtre.

Je suis issu de ce peuple qui n’a pas toujours beaucoup souffert mais qui a quand même de bonnes raisons de se plaindre. Je sais comment on parle quand on n’est pas écouté et comment on raisonne quand on ne se sent pas estimé.

Je ne suis pas pour autant d’accord avec ce que ce peuple réclame... mais lorsqu’on vit en démocratie, on a intérêt à s’incliner devant la majorité (rappelons que depuis novembre, plus de la moitié des Français soutiennent les GJ). Sinon, on admet que cette république « représentative » ne représente qu’une oligarchie héréditaire.

Contre ce système, de fait censitaire, il y a cependant une alternative (qui n’est pas le fascisme) : c’est inventer un nouveau populisme.

1 Populiste, ce n’est pas une insulte

Taxer un adversaire de populiste est terriblement péjoratif. Mais c’est une sorte d’insulte acceptable et qui ne craint pas les tribunaux, même si cet attribut sous-entend que le populiste est limite un fasciste.  Il en arbore en apparence tous les symptômes puisqu’il veut conquérir le pouvoir en s’appuyant sur le peuple tout en désignant un bouc émissaire : le système, les immigrés, les musulmans, les juifs ou les Juifs, les élites en général, les riches en particulier, les intellos aussi, les bobos bien sûr - surtout s’ils sont journalistes -, et même les assistés tant qu’on y est.

Sauf que cette conception réduit le populisme à des détestations et, du coup, élargit son spectre de droite à gauche. A cette aune, Marine Le Pen ou Laurent Wauquiez sont populistes of course tout comme Mélenchon et sa haine des médias, François Hollande dont le véritable adversaire était la finance ou pourquoi pas Macron qui trouve que les assistés coûtent un pognon de dingue.

En fait, le populisme est surtout défini par ceux qui le combattent. Ses ennemis-là appartiennent à une certaine élite sociale, économique, intellectuelle ou médiatique. Cette France d’en haut, assez nombreuse d’ailleurs, habite dans des métropoles, est plutôt bien née et craint suffisamment le peuple (c’est-à-dire les plus pauvres) pour déconsidérer les démagos, incapables d’exercer le pouvoir (ceux qui peuvent, on les appelle « parti de gouvernement »).

Mais maintenant, il y a pire que les populistes. C’est le peuple en direct qui s’exprime sans tutelle. Il est encore moins raisonnable que ceux qui parlent en son nom.

Bien peu de gens « d’en haut » savent écouter cette France d’en bas sans mépriser ses idées ou même ses goûts. On serait bien inspiré d’écouter le défunt pape d’un certain bon goût quand il parlait du peuple et justifiait « l’élitisme de masse » en bossant pour H & M : « La modernité, c’est ça : c’est ne rien mépriser. On a pu encourager les mauvais goûts de la masse, mais il est très condescendant de penser qu’elle est aveugle » (interview de Karl Lagerfeld par Richard Gianorio dans Madame Figaro en 2013, reproduite dans le hors série Hommage du Fig au roi Karl).

La masse n'est pas aveugle. Elle n'est pas muette non plus et on aurait tout intérêt à l’écouter car elle ne dit pas que des conneries et a même des idées. Sinon, elle risque de verser très vite dans la maladie infantile du populisme : le teubisme…

2 Le populisme est un rempart contre le Teubisme

Le Teubisme est une idéologie dégénérative portée par une espèce en voie de prolifération grâce aux réseaux sociaux : les Teubés. Ne cherchez pas sur Google d’autres définitions de ce parti terrifiant ; ce concept est sorti du cerveau, peut-être lui-même atteint, de votre serviteur. Qu’est-ce que le Teubisme ? C’est le stade ultime de la bêtise. C’est un mouvement collectif porté par quelques individualités pittoresques adeptes des âneries péremptoires à la pilosité ostentatoire (mais sans lien de cause à effets) comme Eric Drouet ou Maxime Nicole. De nombreux gilets jaunes ont donc été de vaillants activistes teubistes. 

Symbole de cette bêtise en action : l’arrachage de la grille du jardin des Tuileries lors de l’acte 3 des GJ. La grille est retombée sur la moitié des manifestants qui tiraient la fonte au lieu de la pousser, comme une parfaite métaphore du type qui scie la branche sur laquelle il est assis. 

C’est ça le Teubisme, une idiocratie émergente qui pousse n’importe qui à faire n’importe quoi. 

Et attention, le Teubisme n’est pas l’apanage des derniers de la classe. Tout le monde (peut-être vous, peut-être moi) est susceptible de sombrer dans le Teubisme à l’image de ce sublime tagueur teubé qui déclare : « J’ai commencé à mettre des croix gammées parce que c’était trop long de mettre des phrases, et je voulais trouver un symbole de révolte. Remarquez, j’aurais pu faire la faucille et le marteau. »

Le type qui a inscrit ces tags antisémites dans le métro est titulaire d’un DESS et gagne 2700 euros par mois dans la fonction publique. Oui mais… il vit en lointaine banlieue  avec un fils handicapé et un parent à charge. Il doit se taper au moins deux heures de transport et toute sa paye passe dans les soins non couverts par la sécu. Il a pété les plombs et s’est mis à ânonner en tags sur le RER le bréviaire jaune du Teubisme : “Baise ta vieille au lieu de baiser les vieux”, “Macron à Dachau”, “Juden Raus”… Antisémite ce tagueur ? Même pas : « J’ai organisé des expositions photos pour lutter contre l’antisémitisme, en collaboration avec M. Serfaty, le rabbin de Ris-Orangis. ». 

Le Teubisme est ainsi : il brouille les repères comme une brume éthylique un jour de cuite. C’est un laisser-aller confortable qui se repait dans la provoc. Et quoi de plus provoc que l’antisémitisme ?

Le Teubisme, c’est la bêtise qui rend méchant. Mais c’est aussi une méchanceté qui rend bête. Elle s’épanouit sans complexe sur Facebook ou Twitter et, d’une certaine façon, #laligueduLOL est un crypto-Teubisme. L’élitisme proféré par les jeunes harceleurs en bande est contredit par l’immaturité totale des attaques. Comme si ces ligueurs Millienials, imbus de leurs talents mais aveuglés par leur vanité, retombaient à 14 ans d’âge mental. 

Le Teubisme n’est pas seulement la maladie infantile du populisme. C’est une contagion qu’il faut contenir car elle se propage sans limites sur les réseaux sociaux. Le Teubisme contribue à l’avènement du populisme mais en l’aiguillonnant vers ce que l’humanité produit de pire : l’hargneuse bêtise. 

Avec les Teubistes, la victoire du populisme devient encore plus inéluctable. Et c’est bien pour ça qu’il faut lutter pour qu’advienne le meilleur populisme possible.

3 La victoire du populisme est inéluctable

Et si la Présidentielle avait lieu demain ? Question un peu idiote mais que je remercie Marianne d’avoir posée. En fait, si on rejouait le match, Marine Le Pen passerait de 33 à 45 % au deuxième tour contre Emmanuel Macron. Ça se rapproche ! 

La chance du Président actuel est certainement d’avoir comme adversaire un nom qui reste un repoussoir (mais de moins en moins pour les électeurs de Wauquiez). Jusqu’ici tout va bien mais le hold-up de Macron sur la classe politique pourrait bien être un piège pour celui qui se présente comme l’unique rempart du progressisme évolué contre le populisme rétrograde. Car nous sommes dans une démocratie et s’il n’y a que deux camps, il y a forcément, au bout d’un moment plus ou moins long, une alternance

En fracassant le PS et en atomisant ou annexant la droite old school, Emanuel Macron a adoubé par avance ses successeurs ou plutôt sa successeuse… Il n’y a guère de raison que le pays des râleurs échappe à cette vague populiste qui a déjà emporté les Grands Bretons, les Etats-Uniens, les Brésiliens, les Italiens, les Hongrois, les Polonais, les Autrichiens, j'en oublie ? 

MAJ : Ah on me souffle dans l'oreillette sur FB, les Philippins. Mais bon sang mais c'est bien sûr ! J'en oublie encore ?  

Oui la victoire du populisme est vraiment inéluctable. Mais pas forcément la victoire de Marine Le Pen… Un autre populisme est possible.

4 Un autre populisme est possible

L’autre populisme pourrait être incarné par son aile gauche : de Mélenchon à Beppe Grillo. Mais le mélenchonisme en dépit de  son soutien inconditionnel au mouvement des GJ et de ses pathétiques oeillades à Eric Drouet s’est étiolé au contact des ronds-points. Ça n’a pas pris, Jean-Luc Mélenchon est victime du même rejet que les autres fossiles politiques et les insoumis sont en train de s’effondrer dans les sondages.

D’aucun se sont mis à imaginer que les gilets jaunes pourraient aussi arborer Cinq étoiles et décalquer le mouvement populiste « de gauche » de Beppe Grillo. Las ! Les tentatives de constitution de parti jaune ont capoté et l’idéologie foutraque made in Italy est encore plus perturbante que les plate-formes fourre tout des GJ. Il suffit de lire l’interview de Diego Fusaro, le théoricien des Cinq étoiles pour comprendre que cette salade piémontaise qui mélange allègrement Marx, Gramsci et Alain de Benoit, est une mayonnaise qui risque vite de tourner si on l’importe en France. 

Le populisme bleu-blanc-jaune est en fait bien trop anarchisant pour se complaire dans l’esprit des cohortes disciplinées transalpines. Et il préfère le vote blanc au bleu Marine. Si la leadeuse du RN tire finalement son épingle du jeu, c’est bien parce qu’elle incarne le vote le plus provoc possible pour un électorat finalement peu politisé et qui n’a pas grand chose à perdre puisqu’il n’est pas du côté des gagnants

Mais son programme est-il celui que désire le peuple ? En partie. 7 Français sur 10 veulent restreindre l’immigration. Mais d’autres sondages reflètent d’autres majorités encore plus confortables. Par exemple, 92 % des Français pensent qu’il faudrait organiser un maintien des services publics en zone rurale. Or c’est précisément le contraire que décident tous les gouvernements successifs !

Le néo-populisme est un bon vecteur pour écouter un peu le pays d’en bas et du milieu. Et de lui donner les moyens de s’imposer : 73 % des Français sont pour le RIC qui fait si peur à la France d’en haut. Ces très larges majorités sont ce que Tim Wu (le prof de droit qui a inventé le concept de neutralité du Net), qualifie de super-majorité. Dans une tribune retentissante publiée dans le New-York Times le 5 mars dernier (avec un peu d'échos en France) et intitulée « l’oppression des super majorités », il souligne par exemple que 75 % des Américains sont favorables à une plus grande taxation des plus hauts revenus ou que 67 % voudraient instaurer un congé maternité payé. Mais le pouvoir politique leur refuse ces droits. « Il est vrai que la politique requiert une certaine expertise, écrit Tim Wu. Mais je ne pense pas que les gens font preuve d’ignorance quand ils proclament que les prix des médicaments sont trop élevés, que les impôts devraient être plus justes, que les lois sur la protection de la vie privée sont trop faibles et que les monopoles sont trop protégées ». 

CQFD. 

Et pourtant, les Américains ont parait-il élu un populiste à la Maison Blanche… Mais on sait bien que la majorité des grands électeurs n’est pas la majorité tout court d’un pays qui vote peu. 

Si Marine Le Pen est si haute dans le sondage de Marianne, c’est aussi car le vote blanc explose. Et hors l’extrême droite ou l’extrême gauche, il y a un autre populisme spécifiquement français qu’on a tendance à négliger et qui ne demande qu’à s’épanouir sur le terreau assez anarchisant des GJ. C’est ce qu’on pourrait appeler le Social Coluchisme

5 Le populisme, c’est du Coluchisme

« On a en marre d’être pris pour des cons ». Ce leitmotiv qui se récite comme un mantra, on le retrouve sur les ronds-points… comme dans les courriers que recevait Coluche lorsqu’il s’est présenté à la Présidentielle de 1981, ainsi que le raconte Jean-Michel Vaguelsy qui fut son directeur de campagne. 

Dans cette passionnante interview avec Pierre-Yves Schneider, le secrétaire du comique charismatique raconte la filiation entre le Coluche social, ce « libéral libertaire ayant une conscience de classe » et ce mouvement révolutionnaire : « J’ai le sentiment de voir aujourd’hui les gens connus que j’ai connus il y a 30 ans ». 

Car si les gilets jaunes n’ont pas de leaders, ils revendiquent un inspirateur qui savait rassembler « les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus ». 

Derrière le bras d’honneur coluchien, il y a ce désir de fraternité des « classes moyennes inférieures » et surtout ce besoin de reconnaissance que manifestaient déjà les partisans de Coluche « qui en avaient marre d’être pris pour des cons » ... 

Depuis des dizaines d’années, on entend dans les focus group et les panels des cabinets d’études sociales, cette même antienne des gens qui ont le sentiment de « faire du bon boulot sans jamais être reconnus ». C’est pourtant pas cher payé de reconnaître l’apport de la majorité, de partager le gâteau et de lui donner une parcelle de pouvoir avec le RIC. 

L’anarcho-populisme de Coluche fait toujours rire car derrière le nez rouge, il avait le nez fin. Des punchlines comme « Les journalistes ne croient pas aux mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent, c’est pire.» ou "Les hommes naissent libres et égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres" ne font pas seulement rire : elles relèvent aujourd’hui du bréviaire GJ. 

Coluche avait le génie de montrer que le roi est nu. Hélas, on ne trouve plus aujourd’hui que Patrick Sébastien ou Francis Lalanne parmi ses héritiers... 

Il n’en reste pas moins un « role model » bien plus humaniste qu’un Beppe Grillo. Coluche, c’est la liberté totale de pensée, l’égalité proclamée avec toutes les couches de la société et une véritable fraternité incarnée par l’invention des restaurants du cœur.

6 Le populisme peut devenir un Humanisme

Plutôt que réduire le populisme à une caricature (qu’il est certes encore souvent), revenons à son sens littéral : celui d’écouter, de défendre et de représenter le populus. On considère que le populisme est démago car il se fait l’écho des idées populaires. Le peuple est un grand enfant qui ne saurait avoir d’idées et encore moins de programme alors que des énarques sont formatés pour ça.

Ah ouais ? 

Quand on regarde Balance ton post !, la très bonne émission interactive de Cyril Hanouna et Marlène Schiappa (non, non, ce n’est pas ironique) sur les propositions de lois citoyennes, on voit que cet exercice de démocratie directe et de législation participative a plébiscité une proposition de TVA à taux zéro pour les produits de première nécessité (financée par l’augmentation de la TVA sur les produits de luxe). Cette proposition de justice fiscale portée par une gilet jaune n’est pas complètement idiote, la TVA étant l’impôt le plus injuste.

Quand on demande vraiment aux gens ce qu’ils proposent (et pas seulement ce qu’ils pensent des idées des autres), on trouve bien sûr un catalogue étonnant  mais qui correspond de fait à un arbitrage budgétaire guidé par un certain sens de l’équité. La proposition qui recueille le plus de votes dans « les 30 propositions citoyennes de RMC », la dernière opération populiste de Jean-Jacques Bourdin,  ce n’est pas le rétablissement de l’ISF ou l’instauration du RIC… mais la revalorisation du salaire des enseignants (qui est quand même au niveau des Chypriotes…). 

Bon, il est probable que les syndicats de profs ont réussi à noyauter le sondage (140.000 votes quand même). Mais d’autres mesures du Top 30 relèvent aussi de l’équité et d’une certaine générosité : 

- les retraites indexées sur l’inflation (n°3), 

- la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité (N°8),

- l’augmentation des salaires et des effectifs de la fonction publique hospitalière(n°9), 

- l’augmentation du minimum vieillesse (n°19)…

Le peuple, en valorisant le bon sens et pointant les inégalités peut faire preuve d’une certaine sagesse. Même si ce cœur sur la main côtoie une flopée de mesures assez mesquines symptomatiques d’un ressentiment général et d’un sens de la vertu ostentatoire : 

- Fin des avantages pour les anciens Présidents, Premiers ministres et ministres (N°2), 

- Limiter les rémunérations des hauts fonctionnaires: faire en sorte qu’elles ne soient pas supérieures à celle du président de la République (N°7), 

- Diminution des indemnités des parlementaires et des ministres (n°10), 

- Création d’une tranche d’imposition supplémentaire pour les très hauts revenus ( n°21)

- Suppression de l’Aide Médicale d’Etat (AME), une aide qui permet aux étrangers en situation irrégulière d’accéder aux soins (N°26),

- Assujettissement à l’impôt sur le revenu dès le 1er euro gagné (N°27). 

On veut faire payer les riches… et faire participer les moins favorisés à l’effort. Des demandes symptomatiques des CSP plus ou moins moyens, ni patrons, ni cadres, (employés, ouvriers, professions intermédiaires, soit 73,3 % de la population quand même).

L’égalitarisme est une passion française heureusement tempéré par un certain sens de la fraternité. Le populisme peut devenir un humanisme quand il sera débarrassé de tout ce fatras de ressentiments et d’un certain xenophobisme latent, bien étranger au coluchisme… Mais pour cela, il faut inventer un autre populisme.

7 Extension du domaine du populisme

Le sketch (censuré à l'époque) de Coluche président dans le Collaro Show (avec plein de tee-shirts jaunes)

On a longtemps circonscrit le populisme à sa version étriquée : une sorte de souverainisme frileux, acariâtre et hargneux qui vomit, entre autre,  l’Europe et les écolos. Et si on inversait la perspective ?  

Pourquoi pas un populisme europhile et écolo ? Avec la mise en place d’un protectionnisme européen et la taxation carbone des importations polluantes par exemple…

Et pourquoi pas verdir les obsessions populistes ? L’invraisemblable place accordée au nucléaire en France n’est-elle pas le  résultat d’une conjuration des élites, d’une alliance des technocrates et des ingénieurs formatés dans les grandes écoles ?

Sur ce thème du populisme écolo, on pourrait aussi réclamer des cantines bios pour tous, une taxation du kérosène et des carburants maritimes (n°18 dans le top 30 de Bourdin) et des bonus pour les produits locavores.

Tout reste à inventer. Il faudra juste trouver quelqu’un pour l’incarner. Coluche n’est plus disponible hélas. Mais d’autres pourraient s’en saisir, à condition d’utiliser un certain bon sens pour penser en dehors des clous…

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