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7 raisons de légaliser le cannabis

Décoder Par Rita Mazzoli 13 avril 2016

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Le Duke a les idées claires sur ce sujet. 

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Le bon temps de la prohibition, avec ses cités tenues par des dealers, ses générations zombies et son argent mal blanchi serait bientôt révolu. Bienvenue au cannabis bio, vendu au coin de la rue, qui enrichit la communauté et soigne le cancer !

Justin Trudeau, fringant premier ministre canadien, envisage de faire de son pays la première nation du G7 à s'engager dans le processus de légalisation du cannabis. Les Etats-Unis s'y mettent dans le Colorado, l'Oregon et l'état de Washington et le district. A deux pas de la Maison Blanche, on peut fumer du weed ! On en vend même en vaporette….

Et en France ? Plusieurs ministres se sont prononcés pour la fin de la prohibition, le dernier en date étant Jean-Marie Le Guen, tandis que le centriste Jean-Christophe Lagarde, un élu de banlieue, se prononce également clairement pour. Mais pas un cador de la politique n’a encore osé prendre parti en faveur d’une légalisation. Et pourtant, la généralisation de ce mouvement au reste de la planète semble inévitable. Voilà pourquoi. 

1 L’échec des politiques de répression

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La France fait un peu tache dans le décor

DR

Loin d’œuvrer à sa disparition ou de contrôler son évolution, les politiques de prohibition n’ont fait qu’amplifier une activité à l'origine ludique et confidentielle. De quelques milliers dans les années 1960, les consommateurs se comptent désormais en millions. Rien dans la prolongation des politiques appliquées ne laisse entrevoir une quelconque diminution du phénomène. D'autant qu'il n'existe pas et n'a jamais existé de société sans drogue. La question est donc «  quand doit changer une politique qui ne marche pas ?  » La réponse est évidente : maintenant.

2 Un coût social exorbitant

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C'est le grand banditisme qui bénéficie d'une manne qui devrait revenir à l'Etat.

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Dans certains quartiers des grandes métropoles et de leur banlieue, la vente et la circulation du cannabis ont donné naissance à des zones de non-droit où une organisation de la société entièrement bâtie autour de ce commerce «  administre  » la vie de habitants et leurs relations… Sans pour autant être rentable pour tous. Le produit emblématique du mouvement Peace and Love est devenu le carburant d’entreprises criminelles aux mains du grand banditisme, associées au commerce d’armes et au terrorisme.

Qu’il s’agisse des dépenses engagées ou du manque à gagner, la prohibition est un gouffre pour les dépenses publiques qui se chiffre, en France, en centaines de millions d’euros. Les allers et retours incessants des jeunes dealers devant les tribunaux ne sont pas étrangers à l’embouteillage de la justice.

Au-delà,  via la case prison, ces jeunes se construisent une notoriété de caïd dans leur quartier et  dans certains cas débouche sur une radicalisation religieuse dont nous avons appris à connaître les conséquences possibles. Cette chasse aux petits dealers mobilise, par ailleurs, les  forces de l’ordre au détriment d’autres «  causes  » autrement plus sérieuses, par exemple la sécurité nationale.

3 Une bouffée d’air pour l’économie

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Comme à Amsterdam, des emplois de proximité sont à créer

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Quant au volet recettes, lorsqu'on sait que mondialement le commerce de la marijuana est estimé à 150 milliards de dollars, entièrement aux mains de groupes criminels, on mesure le bénéfice d’une légalisation pour les finances publiques exsangues et au final pour l’ensemble de la communauté nationale.

À ce sujet, l’exemple du Colorado est édifiant. La légalisation au travers d’un impôt judicieusement pensé, qui ne soit ni trop bas afin de ne pas encourager la consommation ni trop haut afin de ne pas favoriser le marché noir, a généré une manne dont les bienfaits se retrouvent à tous les niveaux de la société, de la création d’emploi à la diminution de la criminalité. 

On peut aussi rappeler qu’au début du XXe siècle, la France a été leader sur un autre marché, celui de l’opium, qu’elle commercialisait dans des boîtes en laiton aux contenances variées estampillées d’abord par la Régie du sel de l'alcool et de l'Opium d'Indochine créée par Paul Doumer et ensuite par la Seita. Au Maroc, la régie marocaine du kif et des tabacs fut une autre création du Protectorat. L’État sait donc faire.

4 Le Médicannabis, c'est bon pour la santé !

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Finies les règles douloureuses, avec Whoopi Goldberg et son pharma-cannabis.

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C’est au travers de ses propriétés médicales que le cannabis a «  poli  »  son image. La Californie faisant en la matière figure de précurseur dès 1996. Reconnues ou non, ces propriétés médicinales sont nombreuses. On peut citer pêle-mêle le soulagement des migraines, l’arrêt de la progression du glaucome, l’allègement des douleurs liées à la chimiothérapie du cancer ainsi que d’autres nausées sévères, le soulagement des douleurs causées par l’arthrite et les rhumatismes ainsi que d’autres maladies chroniques, le traitement des spasmes du dos, l’aide aux personnes atteintes du sida en soulageant leur détresse et déprime.

Conséquence logique, le marché du cannabis médical est passé de 4,6 milliards de dollars en 2014 à  6,7 milliards attendus en 2016. Les  “Rich & Famous” n’ont pas laissé passer la manne. Jusqu’à présent cantonné dans l’exploitation du produit en lui-même, tel la “Willie’s Reserve” de Willy Nelson,  les “Merry Jane” de Snoop Dog ou encore “Marley Natural” de Robert Marley, fils de, l’herbe gagne de nouveaux secteurs. Whoopi Goldberg, au travers de sa marque « Whoopi & Maya » va commercialiser des sels de bain, ainsi que des crèmes au cannabis censés soulager les douleurs menstruelles ! Suppositoires et ovules vaginaux sont déjà en vente. Des modes d'administration qui permettent d'éviter d'en passer par la case tabac.

5 Une consommation maîtrisée

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Test comparatif

En s’appuyant sur le fait que les substances légales sont plus facilement contrôlables et traçables  que les illégales au travers de régulations telle celles utilisée pour l’alcool ou le tabac, on peut imaginer qu’il sera difficile de faire moins bien que la situation existante. Selon l’Observatoire Français des toxicomanies (OFDT), 42% des citoyens français âgés de 18 à 64 ans déclarent avoir essayé le cannabis au moins une fois dans leur vie.  Parmi eux, 11% précisent qu’ils en ont consommé lors de l’année de ce sondage (2014) faisant de la France le premier consommateur européen devant le Danemark, la Hollande arrivant quatrième. Toujours d’après l’OFDT, un adolescent de 17 ans sur deux ayant déjà essayé et près d’un sur dix s’adonnent régulièrement aux joints. Des études menées en Angleterre et aux Etats-Unis montrent que 1,5 % des enfants de 11 ans ont déjà fumé, ils sont 11 % à 13 ans et 24 % à 14 ans.

Tant que le commerce des drogues est laissé aux soins d’organisations criminelles une diminution de ces chiffres paraît fort peu probable. Or selon l’étude de Dunedin, publiée en 2012 dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, fumer à l'adolescence peut provoquer une moindre maturation du cerveau et in fine une baisse des capacités intellectuelles.  A l’âge adulte, le QI des  fumeurs ayant commencé à l’adolescence serait moins développé que celui des non-fumeurs. En revanche, toujours selon cette étude, le QI des fumeurs qui ont débuté à l’âge adulte ne présente aucune différence avec celui des non-fumeurs. C'est donc bien une prévention vers les mineurs qui importe et pas une répression tous azimuts. 

6 Moins de posture morale, plus d'efficacité

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l'hôpital qui se fout de la charité (et réciproquement...)

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Les effets euphoriques et apaisants de la fumette ne provoquent aucun accès de violence. On est donc bien loin de l’état dans lequel certains peuvent se trouver certains après après avoir bu trois ou quatre verres.  Selon certaines études, le cannabis n’a jamais été identifié comme étant cancérigène à la différence du tabac et de l’alcool. D’autres estiment le contraire. En fait, c’est l’usage d’une consommation avec du tabac et sans filtre qui est problématique. Donc à bas le shit et vive l’herbe !

Quant à la prétendue escalade qui en ferait le déclencheur de l’utilisation d’autres drogues elle est souvent fantaisiste. Elle existe surtout car le dealer fait office de passeur. Supprimez le dealer par la légalisation et vous supprimerez les effets…

D’autant que depuis les années 1970, le joint a dijoncté : à l'époque,  un pétard contenait 10 mg de THC alors qu’aujourd’hui ils en contiennent en moyenne 150 mg (et jusqu’à 300 mg de THC s’ils sont mélangés avec de l’huile de haschish). On ne connaît pas et on n'a jamais étudié les effets d'une consommation prolongée à de telles concentrations. Mais on observe des pathologies notamment chez les adolescents liées à cette consommation, qui ne sont pas encourageants puisque le cannabis ainsi absorbé est un abrutissant sans commune mesure avec l'herbe qui fait rigoler du bon vieux temps  : décrochage scolaire, dépression, tendances suicidaires mais schizophrénie sont ainsi associés à la surconsommation de cannabis chez les jeunes. Là encore, la légalisation permettra d'encadrer des pratiques clandestines.

Les utilisateurs d’opiacés n’ont pas obligatoirement un historique de fumeur et beaucoup n’apprécient pas ses effets. À l’inverse c’est souvent l’alcool qui devient le refuge et la dernière marche des consommateurs d’opium et de ses dérivés. Du moins pour ceux ayant survécu à l’épreuve des ans. Or, les jeunes aujourd'hui prennent des cocktails associant vodka/cannabis/petites pilules bleues. D'où l'intérêt triple de légaliser  : on peut contrôler la qualité et la concentration du produit, accompagner les usagers dans une consommation maîtrisée leur permettant de prendre mieux soin de leur santé, associer des messages de prévention, notamment sur la consommation au volant, qui a explosé avec des effets très graves sur la sécurité routière… Bref moins de posture morale, mais. plus de pragmatisme pour plus d’efficacité

7 C’est bon pour le vivre ensemble

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Faites tourner, c'est pas du belge

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Des politiques d’accompagnement intelligentes des problèmes sont toujours plus efficaces que les fantasmes populistes vantant leurs improbables disparitions. Créer un cadre permettant de retrouver l’innocence des débuts, celle que les fumeurs des années soixante et soixante-dix devenus parents et grands-parents ont connus, est essentiel. Que ceux qui le désirent puissent se retrouver autour d’un joint comme autour d’un verre, afin de partager un bon moment et la société aura enfin réussi à joindre l’utile à l’agréable. 

8 7 + une raison de proximité

La légalisation du cannabis permettrait de sauver les bureaux de tabac en substituant un produit non cancérigène à un produit cancérigène. 

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